 |
 |
| De gauche à droite : Rosemond Pradel, Serge Gilles, Gérard Pierre Charles et Victor Benoît au cours d’une conférence de presse de la Convergence Démocratique le 13 janvier dernier. |
 |
La «Plate-forme démocratique», où s’entassent la Convergence Démocratique et le Groupe des «184» de la Société civile d’André Apaid, se montre de plus en plus impatiente pour en arriver à renverser le gouvernement constitutionnel. Ses manifestations alternent avec ses grèves ratées et elle se
livre désormais ouvertement à des provocations violentes pour exiger la démission du président Aristide. A cet effet, tout un climat de terreur est entretenu à travers le pays où même la rentrée scolaire a été retardée d’une semaine. Et de fait, comme le faisait remarquer le secrétaire général du Parti populaire national (PPN) Benjamin Dupuy sur les ondes de radio Tropic FM le 17 janvier, les actes de sabotage perpétrés dans la nuit du 12 janvier contre les émetteurs de transmission de certaines stations de radio et de télévision sont arrivés à point nommé pour l’«opposition » qui a aussitôt désigné le pouvoir Lavalas comme le responsable.
D’autre part, comme pour confirmer, s’il en était encore besoin, le machiavélisme de cette « opposition», le sénateur Dany Toussaint, qui se dit démissionnaire, a au cours d’une interview accordée à l’émission communautaire de radio Universal à Miami, a dévoilé involontairement, par fanfaronnnade, le plan de ses associés qui viserait à rassembler des milliers de personnes pour investir le Palais national et renverser le chef de l’Etat et même l’assassiner. Malgré les timides démentis qu’aurait cru pouvoir apporter sur cette question l’ex-major Toussaint, selon le dirigeant du PPN se référant à l’enregistrement de la bande sonore originale hautement incriminante pour l’auteur des menaces, ce projet d’assassinat du président de la République évoqué par Dany Toussaint, devrait amener une réponse ferme des autorités gouvernementales, qui doivent prendre en mains leurs responsabilités afin d’éviter une pareille éventualité.
C’est sur ces entrefaites, toujours marquée par le jusqu’auboutisme de «l’opposition » et de la « Société civile » regroupées au sein de la Plate-forme Démocratique, que leur délégation a laissé la capitale haïtienne le 20 janvier pour prendre part à une rencontre organisée aux Bahamas à l’initiative de la Caricom dans le cadre d’un facultatif règlement la «crise». Facultatif sinon improbable puisque pour les membres de la Plate-forme, il n’est pas question de négocier, mais d’en arriver avec la Caricom sur les modalités d’abandon du pouvoir par le président Aristide. L’un des dirigeants de la Plate-forme, Micha Gaillard exprimait d’ailleurs à l’instar de ses comparses, ses conditions: «Nous sommes prêts à y aller, à condition il est clair que ce sera une rencontre d’information et que Jean-Bertrand Aristide et Lavalas ne seront pas présents. Qu’ils ne viennent pas nous demander de négocier avec M. Aristide (…) Nous sommes disposés à le faire cette rencontre mais dans la transparence… Un face à face est possible entre nous et le chef de l»État simplement pour préparer son départ de la tête du pouvoir…» disait-il le 17 janvier.
Mais Gaillard, qui disait attendre une lettre formelle d’invitation de la Caricom, bluffait une fois de plus, car lui et ses acolytes, dont Serge Gilles, Victor Benoît, Claude Roumain, Robert Auguste, R. E. Jean, Daniel Henrys et l’ex-Premier ministre Rosny Smarth de l’OPL de Gérard Pierre-Charles, prenaient le même jour la route vers Santo Domingo où ils allaient se réunir sous la supervision de l’Institut républicain international (IRI) dans un hôtel pendant deux jours, avant le voyage aux Bahamas.
Nul ne saurait être dupe sur le véritable objectif de ce détour vers la République dominicaine des membres de la délégation de la Plate-forme de l’«opposition » qui allaient y recevoir les instructions des responsables de l’IRI sur la prochaine étape, pour éviter toute fausse note dans la stratégie conçue par leur patron. On doit bien se rappeler que c’est ce même IRI qui avait financé en l’an 2000 la mise sur pied de cette «opposition» connue généralement depuis comme la Convergence Démocratique.
Selon le dirigeant du PPN, cette rencontre aux Bahamas n’est qu’une nouvelle manœuvre d’un certain secteur de la «communauté internationale», en d’autres termes les Etats-Unis, pour calmer l’impatience de l’«opposition». En fait, selon Benjamin Dupuy, la prochaine campagne électorale aux Etats-Unis et les tracas de George Bush en Afghanistan et en Irak, ne favoriseraient pas pour l’instant une intervention directe de l’administration nord-américaine dans le dossier haïtien. «Devant l’aggravation de la situation, la communauté internationale et les Etats-Unis voudraient contraindre le président Aristide et Lavalas à capituler de manière pacifique. C’est la raison pour laquelle ils poussent la Convergence et le Groupe des 184 à participer à cette rencontre aux Bahamas où ils vont essayer de contraindre le gouvernement Lavalas à faire le maximum de concessions. Contrairement, aux irréductibles de «l’opposition» qui veulent carrément en découdre, les Etats-Unis ne sont pas prêts à faire une intervention militaire en Haïti» a indiqué le dirigeant du PPN. Les Etats-Unis vont certainement continuer à plaider en faveur d’un dialogue, même lorsqu’on doit s’attendre à des actions contraires et parallèles conduites par la CIA et l’IRI qui n’arrivent point à défaire la mobilisation en faveur du mandat du gouvernement constitutionnel que s’est choisi le peuple haïtien.
|