13 Janvier,  2004

January 13, 2004

13 Janvye,  2004

Vol. 21 No. 44
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Le lynchage dont a été l’objet le jeune homme, mort par la suite, par les manifestants de l’«opposition » à l’occasion du 7 janvier, revêt le caractère fasciste de ces secteurs qui seront obligés de battre en retraite devant la mobilisation des masses défavorisées.

En dépit de la détermination manifestée, encore le 1er janvier, par le peuple haïtien de célébrer dans la paix le bicentenaire de l’Indépendance, l’année 2004 aura débuté de la même manière que s’est achevée l’année 2003, c’est-à-dire par la multiplication des mouvements de violence de «l’opposition» visant à obtenir le départ anticipé des autorités constitutionnelles.

En fait, faute de pouvoir obtenir l’adhésion populaire pour parvenir pacifiquement à leur objectif déclaré, les opposants au régime, regroupés désormais au sein d’une «Plate-forme démocratique» dont le leadership est assuré pour le moment par l’industriel nord-américain André Apaid, utilisent la violence pour créer un climat de panique propre à créer un ras-le-bol de la population ou propice à une ingérence plus «concrète» de la «communauté internationale». Le 6 janvier, le dirigeant du «Grand Front de Centre Droit» (GFCD) et de la Mobilisation pour le développement national (MDN), le néo-duvaliériste Hubert De Ronceray n’y allait pas par quatre chemins, en effet, pour déclarer ouvertement que «les manifestations pacifiques ne suffiront pas à forcer le chef de l’État à se démettre de ses fonctions». Selon lui, «l’opposition» devra utiliser d’autres stratégies et épuiser tous les moyens à sa disposition pour avoir gain de cause.

Aussitôt dit aussitôt fait et ce, dès le lendemain, puisque la manifestation organisée le mercredi 7 janvier à l’initiative de ladite Plate-forme démocratique a été l’occasion pour «l’opposition» et la «Société civile» de perpétrer de nombreux actes de violence dans plusieurs points de la capitale. Le public a pu voir ces images diffusées par la Télévision nationale (TNH) et aussi par des réseaux à l’étranger, montrant une scène de torture exercée par les manifestants anti-gouvernementaux sur un présumé sympathisant Lavalas. La police, présente en grand nombre, à cette occasion pour assurer la sécurité de la manifestation, a dû tirer des rafales en l’air pour repousser cette horde assoiffée de sang. Évidemment s’il s’était agi d’une victime appartenant à «l`opposition», cet événement aurait connu encore plus d’ampleur dans la presse bourgoise et les grands médias internationaux. Surtout qu’en cette occasion encore, le Département d’État et l’OEA ont trouvé moyen de faire porter la responsabilité de la violence au gouvernement haïtien!

En outre, ceci n’est point accidentel, il s’agissait d’un but manifeste des organisateurs de cette manifestation d’en arriver là à tout prix. Ils avaient catégoriquement refusé de suivre les indications des autorités policières qui leur avaient suggéré de modifier le parcours. Une réunion de plus de trois heures avait été organisée le 6 janvier en ce sens au commissariat de Port-au-Prince entre la police et un des chefs de la Plate-forme, Charles Henri Baker. Tout semblait donc être planifié du côté de ce dernier pour en arriver là.

«Constitutionnellement, nous n’avons pas la droit de demander l’annulation d’une manifestation à partir d’un ensemble d’informations disponibles au niveau de la police. Cependant, dans le cadre de notre mission qui est celle de servir et de protéger la population, nous avons eu pour obligation de mettre en présence l’organisateur les informations et de lui demander par sagesse d’essayer de modifier le parcours qui a été prévu dans sa note» indiquait l’inspecteur général Michaël Lucius au cours d’une conférence de presse dans l’après-midi du 7 janvier, où en même il déplorait les trois décès, la quinzaine de blessés, dont 4 policiers et les autres dégâts occasionnés principalement par les provocateurs de «l`opposition». Des témoins ont déclaré aux micros de la TNH (7 janvier 2004) avoir vu les hommes du sénateur Dany Toussaint (passé officiellement à «l`opposition») encagoulés armés et vêtus de noirs qui tiraient en direction des militants Lavalas qui scandaient des slogans favorables au chef de l’Etat, non loin de Delmas 65, où un jeune homme a été trouvé assassiné dans un véhicule. D’autre part, alors que la bande à André Apaid voudrait se présenter comme de «pacifiques victime», la police a intercepté les occupants d’un des véhicules qui s’apprêtaient à participer à la manifestation du 7 janvier en possession d’armes à feu.

Parallèlement, les mots d’ordre de grève lancés pour les 8 et 9 janvier par les dirigeants de la Plate-forme ont été une nouvelle fois royalement ignorés par la population qui a vaqué comme à l’accoutumée à ses activités. En effet, le transport en commun, le petit commerce et même certaines stations d’essence ont fonctionné durant ces deux journées de grève. Comme d’habitude, seules les grandes entreprises commerciales et les banques privées ont cessé leurs activités, pratiquant un «lock-out» déguisé en grève. Il y aurait eu grève si les employés d’un mouvement volontaire et collectif ne s’étaient pas présentés au travail, mais ils n’avaient point le choix puisque ce sont les patrons qui avaient fermé boutique.

Inévitablement il est certain que la «Plateforme» anti-gouvernementale n’abandonnera point la partie de si tôt, d’autant plus qu’elle est encouragée par les déclarations ambiguës de ses patrons. On peut, après celle du porte-parole du Département d’État Richard Boucher, noter la déclaration de son chef le secrétaire d’État Colin Powell qui a dit en conférence de presse le 8 janvier: «Je suis très préoccupé par la situation en Haïti (…) Nous demanderons au président (Aristide) de profiter de la possibilité offerte par la conférence épiscopale qui pourrait apporter un peu d`ordre au processus politique et un cadre constitutionnel pour que les Haïtiens puissent exprimer leur volonté.» Powell voudrait donc parler d’un cadre constitutionnel qui serait justement en dehors de la Constitution! En outre, le vice-président de la Conférence épiscopale Mgr Guire Poulard ne vient-il pas lui-même de récuser sa propre proposition consistant principalement dans la création d’un conseil de neuf membres «représentatifs des différents secteurs…», sous prétexte de caducité? Le secrétaire d’État de Washington et Mgr Poulard devraient se consulter plus souvent! Rappelons cependant que cette proposition a été acceptée par le président Aristide depuis le mois de décembre et c’est « l`opposition» et la «Société civile» qui l’avaient de prime abord rejetée, ne voulant rien d’autre, aux dépens du pays, que le départ du président Aristide.

Face à cette situation, le secrétaire général du Parti populaire national (PPN), Benjamin Dupuy, a invité les autorités policières et judiciaires à prendre leurs responsabilités pour freiner l’action meurtrière des opposants du régime. Selon lui, le lynchage dont a été l’objet le jeune homme, mort par la suite, par les manifestants de l’«opposition » à l’occasion du 7 janvier, revêt le caractère fasciste de ces secteurs qui seront obligés, a-t-il précisé, de battre en retraite devant la mobilisation des masses défavorisées.