13 Janvier,  2004

January 13, 2004

13 Janvye,  2004

Vol. 21 No. 44
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L’un des correspondants aux Gonaïves de ces médias de l’opposition déclarait lors du discours du 1er janvier du président Aristide aux Gonaïves, que celui-ci avait délivré son allocution de circonstance à partir d’un hélicoptère en vol.

Jamais, même pendant la période du coup d’État de 1991 à 1994, la presse internationale n’aura couvert autant les événements et la situation socio-économique d’Haïti. Cela a commencé tranquillement depuis l’été 2003 pour s’intensifier au mois de novembre, la célébration du bicentenaire de l’Indépendance servant de point d’appui pour cette offensive. Rien n’y aura manqué, avec d’abord une déclaration le 30 septembre «d`intellectuels, écrivains et artistes, éducateurs-trices haïtiens » qui, prenant prétexte «de cette dérive totalitaire refusaient de s`associer à ces célébrations… » C’était une première étape, et le quotidien français Le Monde de relayer aussitôt cette démarche. Peu de temps après, ce fut le tour des «intellectuels du NON» qui ont recueilli cependant bien moins de signatures… Dommage qu’il n’y ait pas d’élections pour désigner qui est intellectuel et qui ne l’est pas! On en trouverait sans doute moins dans le groupe déjà réduit du «Non».

Mais l’essentiel, c’est qu’avec des contacts bien placés et leurs tuteurs ils aient réussi à se faire entendre dans la presse internationale qui leur avait cependant donné le signal. De partout sont venues les attaques où la célébration du Bicentenaire est amalgamée à la situation haïtienne dont serait uniquement responsible la présidence d’Aristide. Le Miami Herald y consacrait son éditorial du 5 novembre où même des directives étaient passées à l’administration Bush: «Nous avons le choix entre agir maintenant et attendre que l`anarchie se soit amplifiée», écrivait l’éditorialiste. Quant à la misère, alors qu’auparavant on se contentait de dire qu’«Haïti est le pays le plus pauvre de l`hémisphère» (ce qui est déjà assez grave), mais cela ne suffisait plus, et l’on découvrait que «c`est le pays le plus pauvre du monde, plus pauvre encore que la Sierra Leone»; ce qui n’est pas peu dire, car l’on sait qu’avec la guerre dans ce pays, Haïti est loin du compte… Le Sun-Sentinel de Floride consacrait même le dimanche 7 décembre 2003 son cahier de 32 pages abondamment illustré pour dépeindre la «dévastation» de notre environnnement. Tout est loin d’être faux là-dedans, mais ce ne sont que des données factuelles qui mettent de côté causes et contexte et de ce fait, bon gré mal gré voudraient prouver qu’il n’y a rien à faire avec «ces nègres indépendants depuis 200 ans»! L’important est pour cette presse de démolir à tout prix l’image du pays, surtout de rendre inopérant tout ce que signifie la conquête de l’Indépendance par les esclaves noirs de 1804. Jusqu’à présent l’administration française, pour éloigner toute velléité d’indépendance chez Guadeloupéens et Martiniquais et les garder en l’état de Français de «seconde classe», leur montre le «modèle haïtien», qui doit rester tel quel pour pouvoir continuer à les effrayer.

Évidemment «l`opposition» et la «Société civile» en Haïti sont enchantées de ce support international, que leur fournissent leurs patrons, pour mieux dynamiser leur entreprise de déstabilisation du pouvoir Lavalas. Leur presse locale fait plus que sa part, et dépasse l’entendement avec des anecdotes faisandées et des affabulations à nulle autre pareille… Elle ne recule devant rien, et son créneau sur Internet, Alterpresse, liée à l’OPL de Gérard Pierre-Charles fait encore mieux qu’Haïti Observateur dans la désinformation. C’est à peine quand un chien meurt dans les rues que cette agence de presse n’en accuse pas le gouvernement Lavalas.

Pour les anecdotes, le choix est vaste, et tout aussi ridicule et mensonger de l’une à l’autre. Ainsi l’un des correspondants aux Gonaïves de ces médias déclarait lors du discours du 1er janvier du président Aristide aux Gonaïves, que celui-ci avait délivré son allocution de circonstance à partir d’un hélicoptère en vol. Un autre a vu trembler le président sud-africain Thabo Mbéki sur la Place d’Armes des Gonaïves, alors que ce dernier ne s’était pas rendu dans cette ville. Un troisième, cette fois dans un média communautaire montréalais n’a eu aucun complexe ni de scrupules pour clamer sur les ondes le plus sérieusement du monde qu’«Aristide tue des enfants avec un pilon dans un mortier, comme on fait du «tonm-tonm» avec l`arbre véritable»…

Mais laissons de côté ces inepties, qui nous montrent cependant jusqu’où peuvent aller ces médias de «l`opposition», qui n’ont pas vraiment de matière, puisque leurs patrons qui s’acharnent à vouloir renverser le gouvernement constitutionnel n’ont pas non plus de programme à faire publiciser. La haine d’Aristide est leur unique moteur. En effet, ils ne s’arrêtent pas là, car ils font le «black out» sur les manifestations en faveur du président Aristide réunissant des dizaines de milliers de gens du peuple, tandis que lorsqu’ils arrivent à rassembler huit à dix mille personnnes de la classe moyenne et de la petite-bourgeoisie et des lumpen rémunérés sur une population métropolitaine de plus de deux millions d’habitants, ils clament victoire et déclarent que c’est «la plus grande manifestation jamais vue depuis longtemps en Haïti», comme le répercutait tout bonnnement à Radio Canada un journaliste de cette station en mission en Haïti en cette occasion «spéciale» de «triomphe» de «l`opposition».

Mais malheureusement pour eux, face à la résistance populaire qui est réelle et bien visible, les médias étrangers, après avoir fait leur part, ne veulent pas non plus perdre toute crédibilité, et commencent à ouvrir les yeux. Ce qui déplaît absolument aux propagandistes de «l’opposition». C’est ainsi que «l’animateur vedette» de l’émission communautaire haïtiennne «Les Flamboyants» de la station CIBL de Montréal a cru devoir s’en prendre au journaliste de La Presse de Montréal à qui il reprochait le dimanche 11 janvier de «ne pas bien connnaître la réalité haïtienne». Pourtant c’est ce même journaliste que l’animateur en question invitait presque régulièrement pour présenter ses analyses de la situation en Haïti! Ce reproche, parce que le reporter de La Presse, qui effectue un reportage actuellement en Haïti, a eu le tort de dire la vérité, une vérité qui dérange «le flamboyant» de CIBL. Par exemple, dans son article du 8 janvier, Jooned Khan écrivait: «La mobilisation des opposants au pouvoir Lavalas, (…) s`accompagne d`une impitoyable guerre de l`information. Et les radios privées, dites «indépendantes», y jouent un rôle crucial (…) Radio Métropole, Tropic FM, Signal FM, Radio Phare, pour ne nommer que celles-là, liées à de riches familles d»affaires comme les Widmaier, les Boulos, rythment la vie avec, entre les annonces de voitures et autres produits de luxe, des bulletins relayés en boucle pour dénoncer la ‘dictature’ (…) Seuls les opposants y ont la parole (…) Ainsi, les dizaines, voire les centaines de milliers d’Haïtiens rassemblés, par l’État (…) pour la fête du bicentenaire de l’indépendance devant le Palais national, étaient réduits à «quelques milliers» et même à «quelques badauds». Les rumeurs y sont diffusées sans vérification, et jamais rétractées (…) Le pouvoir a aussi ses porte-voix. Radio Ginen, Radio Solidarité, Mélodie FM, donnent plus souvent les versions officielles des événements et s`efforcent d`équilibrer les points de vue. Équilibre qui leur attire la colère des opposants… » («La guerre de l’information en Haïti», Jooned Khan, La Presse, Montréal, 8-01-04).

En conclusion, comme on peut le voir, «l`opposition» ne pourra pas tromper tout le monde tout le temps. Il faudra bien, quoi qu’en disent ses dirigeants, qu’à la suite de la Convergence, cette «Société civile» (les «184») d’affaires s’essouffle, car le peuple haïtien ne cèdera pas, et ne veut plus subir ce qu’il a enduré pendant le coup d‘État de septembre 1991. Les tuteurs internationaux finiront bien par fermer leurs bourses à ces incapables qui n’ont pas su rendre crédible leur lutte pour renverser le pouvoir constitutionnel du président Aristide. Le ministre des Affaires étrangères du Canada, Bill Graham, au cours d’une interview à Radio Canada le 12 janvier, à Monterrey où il se trouvait au Sommet extraordinaire des 34 chefs d’État de l’OEA, ne devait-il pas reconnnaître «la popularité du président Aristide», en dépit de toute la désinformation véhiculée conatamment depuis plus de trois mois.