13 Janvier,  2004

January 13, 2004

13 Janvye,  2004

Vol. 21 No. 44
Votez! Cliquez ici pour signer le R°f°rendum Populaire Anti-guerre! 
Décalage entre «l`opposition» et ses tuteurs?
L’un des responsables de la Plate-forme de «l`opposition» Charles Henry Baker a fustigé la position du gouvernement français, prétextant que: «C’est bien dommage que la France fasse de telles déclarations à un moment pareil. Les secteurs de la communauté internationale ont donné à Aristide le monopole de la violence, par le fait que ce sont eux qui ont rétabli l’ordre constitutionnel…»

L'Union européenne (UE), qui depuis près de trois ans finance la «Société civile» pour tenter de déstabiliser le régime Lavalas et saboter les festivités commémoratives du bicentenaire de l’Indépendance nationale, aurait subitement choisi de prêcher la concorde. Voilà en effet que le gouvernement français, principal chef de file de cette politique anti-haïtienne, en appelle au dialogue les divers secteurs en prônant la «proposition de sortie» de la Conférence épiscopale (CEH), dans des déclarations faites devant les députés par son ministre délégué à la Coopération et à la Francophonie Pierre André Wiltzer, le 7 janvier.

S’adressant aux autorités constitutionnelles, à «l’opposition» et à la «Société civile», il a indiqué que son gouvernement ne pouvait pas rester indifférent face à la situation politique haïtienne, et selon André Wilzer: «Nous encourageons les forces en présence c’est-à-dire le gouvernement haïtien du président Aristide, les partis d’opposition et la société civile à accepter un dialogue politique, soit directement, soit en acceptant des médiations comme celles que les Églises ont proposées.» Il a estimé que seul ce dialogue peut ramener la paix civile et définir un calendrier débouchant sur des élections libres.

Rappelons en l’occurrence brièvement ce que proposait le 24 novembre 2003 la Conférence épiscopale qui regroupe les évêques catholiques haïtiens: un compromis politique basé sur de profondes réformes au sein de la police et la création d’un conseil de neuf membres autour du président Aristide pour combler la vacance du Parlement à partir du 12 janvier 2004 et relancer le processus électoral. Comme si Wilzer et Powell s’étaient donné le mot, dans une conférence de presse le 8 janvier, Colin Powell, comme nous le rapportons dans l’article à la «une» de la couverture, a repris tout à fait la même chose. «Je suis très préoccupé par la situation en Haïti, a dit ce dernier, j’encourage le président d’Haïti et l’opposition à saisir l’opportunité présentée par les évêques qui apporterait un peu d’ordre au processus politique et fournirait un cadre constitutionnel afin que les Haïtiens puissent exprimer leur volonté.»

Voilà des hommes de bonne volonté, pourrait-on dire, qui voudrait finalement mettre fin à la crise. D’autant plus qu’ils sont au courant que le président Aristide avait déjà accepté la proposition de la Conférence épiscopale. Mais ils savent aussi tout aussi bien que «l`opposition», y compris ladite «Société civile» n’en veulent point et exigent purement et simplement le départ du pouvoir des autorités constitutionnnelles. L’ambassadeur des Etats-Unis en Haïti, James Foley n’avait-il pas déjà exprimé le même point de vue que Powell et Wilzer quand il déclarait: «Nous appuyons une solution politique à cette crise et nous espérons que le processus enclenché par la Conférence épiscopale, éventuellement élargi à d’autres autorités religieuses et adaptés aux circonstances actuelles, conduira à une résolution démocratique de la crise.»

Justement, l’un des responsables de la Plate-forme de «l`opp-osition» Charles Henry Baker a fustigé la position du gouvernement français, prétextant que: «C’est bien dommage que la France fasse de telles déclarations à un moment pareil. Les secteurs de la communauté internationale ont donné à Aristide le monopole de la violence, par le fait que ce sont eux qui ont rétabli l’ordre constitutionnel…» et ce putschiste indécrottable a aussitôt réitéré son appel à la mobilisation générale jusqu’au départ du président Aristide.

Mais le plus curieux dans toute cette affaire, c’est qu’alors que la «communauté internationale» aura choisi de faire sienne la proposition de la Conférence épiscopale, Mgr Guire Poulard, vice-président de cette instance, choisit ce moment pour la déclarer caduque, à cause du «pourrissement» de la situation.

Il en ressort que de même que ses complices de «l’opposition», Poulard n’entendait pas ni n’entend chercher un quelconque compromis avec les autorités gouvernementales. Powell et le ministre français seraient donc en décalage par rapport à leurs protégés. C’est douteux, car s’ils voulaient vraiment qu’il y ait dialogue, ils n’auraient qu’à l’exiger de ces derniers, puisque de son côté le président Aristide avait déjà accepté.