7 Janvier,  2004

January 7, 2004

7 Janvye,  2004

Vol. 21 No. 43
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Célébration du Bicentenaire:
Liesse populaire et frustration de l’opposition
Gonaïves 1er janvier 2004, de gauche à droite Mme Neptune, le Premier ministre Yvon Neptune, le président Jean Bertrand Aristide et la première dame Mildred Aristide. Aristide a renouvelé sa détermination de terminer son mandat de cinq ans qui s’achèvera le 7 février 2006.

Plusieurs centaines de milliers de compatriotes rassemblés autour du Palais national ont participé ce 1er janvier 2004 aux festivités commémoratives du bicentenaire de l’Indépendance, en présence des officiels du gouvernement et de nombreuses délégations étrangères dont celles de l’Afrique du Sud représentée par son président Thabo Mbeki, du Canada, des Etats-Unis, de la France, de l’OEA et de la Caricom.

Débutée à un peu après 8 heures du matin, après que le couple présidentiel eut hissé le bicolore national sous les applaudissements de la foule en liesse, la première partie de la cérémonie dénommée «célébration patriotique» s’est poursuivie avec une importante démonstration d’écoliers, garçons et filles de différents établissements, suivie d’un défilé des drapeaux des pays de l’Amérique latine. Des roulements de tambour, les lambis qui retentissaient et l’exécution de l’hymne du Bicentenaire par l’artiste Joe Trouillot ont marqué ce moment. Dans son discours le chef de l’Etat, Jean-Bertrand Aristide, a rendu un hommage solennel aux héros de l’Indépendance, notamment au Précurseur et au Fondateur, respectivement Toussaint Louverture et Jean-Jacques Dessalines. Il a une nouvelle fois prôné l’unité entre tous les Haïtiens et invité «l’opposition» et ladite «société civile» à œuvrer aux côtés de son gouvernement pour assurer le développement du pays. Le président de la République a renouvelé sa détermination de terminer son mandat de cinq ans qui s’achèvera le 7 février 2006. Il a fait une déclaration en 21 points dénommée «déclaration du Bicentenaire»,  qui présente un programme à être réalisé dans les domaines de la santé, de l’éducation, des infrastructures, et auquel programme contribueront les 21 milliards de dollars réclamés à la France en guise de réparation à la dette de l’Indépendance. Il a saisi l’occasion pour appeler l’opposition et la société civile à aller aux élections législatives, cette année, pour faire avancer le processus démocratique. De son côté, le président sud-africain, Thabo Mbeki s’est dit fier d’être l’ami d’un peuple dont l’histoire est aussi extraordinaire: «Je me sens honoré de me retrouver en Haïti pour célébrer le bicentenaire national. Tous les Sud-Africains sans exception sont solidaires avec le peuple haïtien.» Il a exprimé le souhait que ses compatriotes comprennent le vibrant message véhiculé par le bicentenaire de la Révolution haïtienne: …«Que le bicentenaire de l’Indépendance d’Haïti incite les Sud-Africains à braver les nombreux défis tels la pauvreté, le sous-développement, la marginalisation, la discrimination…» Pour sa part, le Premier ministre des Bahamas et également représentant de la Caricom, Perry Christie, a déclaré reconnaître qu’Haïti est la mère de la liberté dans la région caraïbéenne et a ouvert la voie à l’indépendance de toute une pléiade de nations. Ainsi, disait-il, «avec ses deux cents ans d’Indépendance, Haïti est unique dans toute la zone et il s’avère nécessaire que tous les peuples qui s’y trouvent se solidarisent pour contribuer à son développement». La représentante de Californie au Congrès à Washington et membre du Black Caucus, Maxime Waters, a fait part de la résolution prise par son groupe et le Congrès concernant la commémoration du bicentenaire, selon laquelle, ils s’engagent à travailler dans le but d’obtenir l’appui d’autres membres pour encourager le peuple haïtien pour avoir été le fer de lance de la lutte pour les droits humains.

La deuxième partie de la commémoration du Bicentenaire s’est déroulée comme prévue aux Gonaïves, la Cité de l’Indépendance. En dépit du climat de peur orchestré par les agitateurs dans cette ville, des milliers de personnes ont été présentes pour participer avec le président Aristide à cet anniversaire exceptionnel. Comme à Port-au-Prince, une cérémonie culturelle préparée par des artistes des Gonaïves a précédé le discours du chef de l’Etat. Cette journée mémorable allait être clôturée par une soirée de gala à la salle des Bustes du Palais national, au retour du président dans la capitale, tandis qu’un grand concert se déroulait au Champ-de-Mars, non loin du Palais national.

Les adversaires de la célébration du Bicentenaire, réunis sous la nouvelle appellation incontrôlable de «Plate-forme démocratique», avec à sa tête le Nord-Américain André Apaid du Groupe des «184», n’en démordaient pas cependant dans leur tentative de faire échouer les festivités. C’est ainsi que voyant que la cérémonie se déroulait comme prévu par les autorités gouvernementales, ils ont lâché leurs hommes de main qui se sont livrés à des actes terroristes, du vandalisme, saccageant et mettant le feu là où ils le pouvaient. Partis de Pétionville, ces individus ont longé la route de Delmas en manifestant leur haine du gouvernement. de combattre le régime. À leur arrivée dans la capitale, des coups de feu sont partis de toutes les directions, faisant trois blessés par balles. Les hommes d’Apaid et de «l`opposition» auront voulu à tout prix provoquer un affrontement et s’en prenaient même aux marchandes de rues. «Nous allons mettre un terme aux manifestations pacifiques pour utiliser les grands moyens contre les autorités établies », ont-ils scandé, exprimant leurs frustrations face à l’appui populaire au gouvernement constitutionnel manifesté par des dizaines de milliers de personnes deux jours plus tôt et, encore en ce 1er janvier 2004 la grande participation populaire à la célébration du Bicentenaire. Comme ils l’ont avoué, il ne reste plus dans l’arsenal du putschiste André Apaid et de ses divers comparses de «l`opposition» que la violence brute pour provoquer, s’il le faut, un faux prétexte à l’intervention étrangère dans le pays en leur faveur inévitablement.

Mais en dépit de la propagande mensongère véhiculée à l’étranger par toute la grande presse sur la situation «chaotique» qui règnerait en Haïti, ils étaient des milliers de gens conscients de la portée du Bicentenaire qui y étaient venus célébrer dans un même élan les 200 ans d’Indépendance du peuple haïtien. En revanche, les mercenaires de «l`opposition» et du Groupe des «184» d’André Apaid et de la «société civile» de Rosny Desroches ont reçu une véritable gifle en cette journée de commémoration du bicentenaire de l’Indépendance. Et quoi de plus significatif que la volonté exprimée et affichée par le président Thabo Mbeki de l’Afrique du Sud, ce pays où il y a un peu plus de dix années où l’apartheid était finalement terrassé, que d’être présent en ce jour en Haïti pour la commémoration du bicentenaire de la fondation de la première nation à avoir mis fin à l’esclavage officiellement!