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| «Des indicateurs montrent que la situation économique du pays se détériore. On en veut pour preuve les prix actuels des produits de première nécessité»...Ces bourgeois qui font semblant de se plaindre de «la vie chère», ont pu trouver sans difficulté la rondelette petite somme pour payer la diffusion de cette émission. |
Alors que la grande majorité de la population est plongée dans une profonde misère, qu’accentuent les sanctions économiques internationales arbitraires imposées au pays, les représentants de la bourgeoisie qui, pourtant, en appellent au durcissement de ces sanctions, s’offraient le 20 décembre sur les ondes d’une de leurs stations, en l’occurrence Radio Métropole, une émission pour cyniquement faire état de la hausse considérable des prix des produits de première nécessité et des conséquences désastreuses de cette situation, qu’ils continuent à favoriser pourtant!
Hans Tipenhauer, Micha Gaillard du KONAKOM/Convergence, Hervé Saintilus de la FEUH (Fédération des étudiants universitaires haïtiens), Edouard Paultre de la Fédération protestante d’Haïti, Michel Soukar et André Apaid Junior, chef du Groupe des «184» y déversaient leurs biles.
Le présentateur et maître de cérémonie en l’occasion, Hans Tipenhauer y allait de son couplet: «Des indicateurs montrent que la situation économique du pays se détériore. On en veut pour preuve les prix actuels des produits de première nécessité. Par exemple une caisse de bidons d’huile qui se vendait en novembre 2002 à 55 gourdes est passée à 1100 gourdes en février 2003; ce qui représente une augmentation de 120 %; un sac de cinquante kilos du sucre blanc pouvait s’acheter en novembre 2002 à 575 gourdes, se vendait en février 2003 à 900 gourdes, donc 56% d’augmentation ; cinquante kilos de riz se vendait à 575 gourdes, on se le procurait à 990 gourdes en février 2003. Ainsi, personne n’est épargnée par le phénomène de la vie chère, disait cet effronté au ventre bien rempli, augmentant davantage la misère... Aujourd’hui la seule solution qui puisse permettre d’arrêter la spirale de la pauvreté, c’est de faire peau neuve», préconisait-il. En effet, est-ce que ses confrères de la bourgeoisie sont prêts à suivre son conseil, de «faire peau neuve» et de cesser de sucer le sang du pays?
Micha Gaillard, qui servait la soupe, ne voyait pour sa part que l’appui de la «communauté internationale», qui devrait, d’après lui, mettre tout son poids dans la balance pour activer le départ du président Aristide du pouvoir.
Abondant dans le même sens, André Apaid Junior exhortait à son tour la «communauté internationale» à ne pas cautionner les agissements du chef de l’Etat: «Je m’adresse à la communauté internationale lui disant que M. Aristide cherche à le convaincre qu’il a son entière bénédiction dans tous ses agissements. Le moment est venu pour prouver par des actions que son engagement envers la démocratie et la liberté individuelle va au-delà des mots et qu’il ne faut pas protéger un homme, mais notre pays... » Lequel pays?, telle est la question qu’on devrait poser à Apaid.
Il faut dire que ces bourgeois qui font semblant de se plaindre de «la vie chère», ont pu trouver sans difficulté la rondelette petite somme pour payer la diffusion de cette émission. Ce ne sont pas les moyens financiers qui leur manquent, et ils n’ont même pas à débourser personnellement, puisque l’Institut républicain international (IRI) et l’Union européenne les approvisionnent grassement pour oeuvrer à la déstabilisation du pays.
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