17 Décembre,  2003

December 17, 2003

17 Desanm,  2003

Vol. 21 No. 40
Votez! Cliquez ici pour signer le Rfrendum Populaire Anti-guerre! 
Plus de 50.000 personnes investissaient les parages du Palais national pour exiger le respect du mandat de cinq ans du président de la République Jean Bertrand Aristide.

Plus d’un avaient observé à l’écran de la Télévision Nationale d’Haïti (TNH) des dizaines de milliers de personnes qui avaient pris part à la commémoration de la Bataille de Vertières le 18 novembre dernier au Cap-Haïtien. A cette occasion, le président Aristide dénonçait dans son discours les traîtres installés au sein du pouvoir, tout en critiquant les sanctions économiques qui frappent particulièrement les masses défavorisées. Rappelant la victoire remportée il y a deux siècles par la masse des esclaves contre le système colonialiste pour sortir du joug de l’esclavage, le chef de l’Etat avait soutenu que le peuple haïtien devra faire d’autres conquêtes.

Etant donné que l’«opposition» se trouve dans l’incapacité de mobiliser les gens en sa faveur, elle intensifie l’infiltration du milieu universitaire en manipulant certains étudiants pour poursuivre la provocation. C’est ainsi que depuis le lundi 1er décembre, la situation a pris une nouvelle ampleur. Certains médias comme les stations de radio Métropole, Kiskeya, Vision 2000, Caraïbe et Télé Haïti, s’empressaient de tendre leurs micros aux étudiants.

C’est ainsi que le mercredi 10 décembre, la déstabilisation allait connaître un nouveau tournant à travers une manifestation qui a débuté à la Faculté des sciences humaines. Prenant prétexte des incidents du 5 décembre, les étudiants annonçaient dans une conférence de presse qu’ils allaient désormais gagner les rues de Port-au-Prince quotidiennement sans avis préalable aux autorités policières contrairement à la loi. Ce 10 décembre, ils avaient effectivement gagné les rues au nombre d’environ deux cents sans incident. Mais le lendemain 11 décembre, l’«opposition» mettait le paquet et se joignait aux étudiants pour manifester encore une fois sans avertir la police et sans indiquer le parcours prévu.

On pouvait observer que les manifestants étaient armés de bâtons, de machettes, d’armes à feu et autres armes de poig. Ils étaient environ 10 000 à arpenter plusieurs artères de la capitale, comme les rues Capois, Canapé-Vert, Lalue, Bourdon, Delmas. En définitive, la manifestation a longé l’avenue John Brown pour se rendre devant le Palais national. Tout le long du parcours, les manifestants lançaient des propos hostiles au président Aristide. Parmi eux se retrouvaient plusieurs membres du «Groupe des 184», de la Convergence Démocratique, l’ex-colonel Himmler Rébu, les dissidents opportunistes Lavalas tels que les sénateurs Prince Pierre Sonson et Dany Toussaint, le musicien Théodore Beaubrun Junior alias Barnabe et l’écrivain Lionel Trouillot. Ainsi, l’alliance macouto-bourgeoise prenait définitivement le contrôle de la mobilisation, contrairement à ceux qui soutiennent que celle-ci était organisée sous le leadership des étudiants.

Cependant, les choses allaient se corser au moment où les manifestants atteignaient la rue Lamarre, aux abords du tribunal de paix. Certains « étudiants » ont alors pris à partie le caméraman de la Télé Timoun, Arince Laguerre, qui s’est vu confisqué son appareil et qui a pu être sauvé grâce à l’intervention de la police. Laguerre dit toutefois être en mesure d’identifier ses agresseurs. Plusieurs membres de la Presse ont pu constater avec stupéfaction le professeur Josué Mérilien, dirigeant de l’UNNOH (Union des normaliens haïtiens) muni d’un bâton au cœur de la manifestation. Se dirigeant vers le Palais national «pour y chasser le président Aristide» selon leurs slogans, les manifestants se sont heurtés aux policiers qui ont dû user de leurs ressources pour les empêcher d’avancer. Quelques centaines de membres d’OP Lavalas se tenaient entre-temps devant le Palais présidentiel.

A ce niveau, les policiers ont dispersé cette manifestation illégale en lançant des gaz lacrymogènes. Dès lors, les stations de radio de l’«opposition» commençaient à crier à l’injustice en fustigeant les agents de l’ordre. Comme s’il existait un pays où des manifestants sont admis à pénétrer dans l’enceinte du siège de la Présidence!

Menaces et pressions étaient exercées par les manifestants contre les stations Radio Ginen et Radio Solidarité qui ont été contraintes à cesser leurs émissions. En cette même journée du 11 décembre, dans la soirée, André Jean Marie, coordonnateur du programme d’alphabétisation à Pétionville était sommairement assassiné par le bras armé de «l`opposition» alors qu’il venait apporter son soutien devant le Palais National aux partisans du gouvernement. André Jean-Marie était criblé de balles par des individus par des tirs venant d’un véhicule.

C’en était trop, ce même soir, des membres d’organisations populaires érigeaient des barricades de pneus dans plusieurs points de Port-au-Prince. Au matin du vendredi 12 décembre, toutes les voies étaient obstruées pour contrer les putschistes. C’était également une réponse à l’endroit de l’ancien major Dany Toussaint, qui laissait entendre la veille que si Aristide quittait le pouvoir il avait lui-même la capacité de sécuriser le pays dans les 48 heures.

Dès 9 heures du matin ce 12 décembre, plus de 50 000 personnes investissaient les parages du Palais national pour exiger le respect du mandat de cinq ans du président de la République. Au fur et à mesure, la foule augmentait et sillonnait plusieurs rues du centre-ville. Parallèlement, un petit groupe d’«étudiants» improvisait une manifestation en direction de Pétionville. André Apaid Junior, chef du Groupe des «184» venait vite rejoindre se joindre à eux, pour reprendre sa place de «leader» de «l’opposition» ravie la veille par Himmler Rébu. Ces étudiants ne pensaient sans doute pas qu’il y avait des partisans du pouvoir Lavalas à Pétionville. Cependant ce n’est que grâce à l’intervention de la police qui leur aura évité un affrontement avec les partisans du pouvoir.

André Apaid ne voulait pourtant point arrêter sa provocation et s’en prenait à un policier qui lui défendait de traverser le cordon de sécurité. Ceux qui suivaient en direct ces événements sur certaines stations de radio ont pu entendre avec quelle arrogance le leader du Groupe des 184 s’adressait à l’agent qui s’efforçait à tenir les deux groupes à distance.

Le samedi 13 décembre, à peine une centaine d’individus incluant certains «étudiants» allaient manifester une fois de plus en défiant la police. Ils avaient eu le temps d’arriver au niveau du Canapé-Vert, à proximité de l’hôpital, lorsque des policiers sont arrivé à les disperser.

Suite à ces mouvements illégaux, le Premier ministre Yvon Neptune a publié une note dans laquelle il rappelle les règles du jeu démocratique. «L’opposition» crie évidemment à la dictature, pensant que les autorités constitutionnelles autoriseraient continuellement ses agents destabilisateurs à créer le chaos dans le pays. En fait les contrevenants n’avaient point l’intention de respecter la loi, puisque le lundi 15 décembre, près de 400 « étudiants » ont gagné les rues de la capitale pour manifester contre le régime Lavalas. Ils ont pu être contrés par la police.

A moins de trois semaines de la célébration du bicentenaire de l’Indépendance nationale, le 1er janvier prochain, l’«opposition » est déterminée à parvenir à ses fins, avec le soutien du gouvernement des Etats-Unis et ceux des pays de l’Union européenne, don’t particulièrement la France. Par conséquent, les autorités haïtiennes devront mobiliser leurs ressources pour faire face à la situation et cesser de se fier aux déclarations faites par les ambassadeurs de ces pays à Port-au-Prince. Car, souvent l’agenda du Pentagone et de la CIA diffèrent substantiellement des discours officiels de la Maison-Blanche. L’ancien ambassadeur de France en Haïti, Yves Gaudeuil, ne disait-il pas au moment de laisser le pays qu’une «tempête politique» ravagerait sous peu Haïti? En fait, nous constatons depuis lors que la déstabilisation et la provocation ne cessent de saper les bases du régime constitutionnel. Pourtant, le nouvel ambassadeur français Thierry Burkard disait hypocritement à son tour souhaiter des jours calmes au pays, tout en refusant de participer à la commémoration du Bicentenaire de la Bataille de Vertières le 18 novembre dernier au Cap-Haïtien.

Mais, les puissances impérialistes ne peuvent plus leurrer le peuple haïtien, qui est définitivement déterminé à prendre en main son destin. Car, en dépit des nombreuses manœuvres orchestrées par la «société civile» à travers le «Groupe des 184», comme cela se passe au Venezuela, pour déstabiliser le pays, les masses populaires ont montré qu’il en faudrait plus pour les intimider.