17 Décembre,  2003

December 17, 2003

17 Desanm,  2003

Vol. 21 No. 40
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L’«opposition» fait le forcing!
13 décembre 2003...l’«opposition» qui n’arrive pas à mobiliser la population pour parvenir à ses fins a décidé de prendre tous ses moyens matériels et autres pour manipuler de jeunes étudiants

A moins de deux semaines du 1er janvier 2004, date de la célébration du Bicentenaire de la fondation de la nation haïtienne, les forces réactionnaires mettent les bouchées doubles pour tenter de renverser le pouvoir constitutionnel et du même coup faire échec aux festivités qui doivent commémorer cet événement historique de portée universelle.

En effet, après les événements enregistrés le 5 décembre dernier devant l’Inaghei (Institut national d’administration, de gestion et de hautes études internationales) et de la Faculté des sciences humaines, où les étudiants et membres d’organisations populaires proches du régime Lavalas en étaient venus aux mains, l’«opposition» qui n’arrive pas à mobiliser la population pour parvenir à ses fins a décidé de prendre tous ses moyens matériels et autres pour manipuler de jeunes étudiants. En effet ces derniers indignés par les sévices subis par leurs camarades ont réagi émotivement pour faire le jeu de cette «opposition» et du Groupe des «184» dirigé par le Nord-Américain André Apaid. Dans ce contexte on a enregistré à Port-au-Prince et dans certaines grandes villes du pays des manifestations avec le mot d’ordre réclamant le départ du président Aristide. Cependant on se demande si c’est véritablement des membres d’organisations populaires qui avaient participé uniquement au saccage des facultés ce 5 décembre? Les provocateurs ne pouvaient être absents dans ce contexte, d’autant plus comme on le rapportait la semaine dernière, que des tirs en provenance du toit de l’édifice ont été à l’origine de l’affrontement.

Le 11 décembre on a toutefois eu cette manifestation réunissant une dizaine de milliers de participants qui ont parcouru diverses rues de la région métropolitaine. Plusieurs représentants de la classe dominante, dont André Apaid du «Groupe des 184», l’ancien colonel Himmler Rébu, Evans Paul de la KID/Convergence, l’écrivain Gary Victor et le directeur exécutif de l’Initiative de la société civile (ISC), Rosny Desroches, ont donc manifesté aux côtés des universitaires pour sceller une «alliance» dans la subversion. En fait, il s’agit d’une nouvelle étape dans la campagne de provocation pour contraindre les masses défavorisées, qui n’ont cessé d’exprimer leur attachement au chef de l’Etat, à réagir et entraîner un cercle vicieux de violences.

Car, alors que les partisans du pouvoir Lavalas s’étaient rassemblés ce jeudi 11 décembre devant le Palais national pour exiger le respect du mandat de cinq ans du président Aristide, les manifestants de l’«opposition» ont tenté en maintes occasions de franchir le cordon de sécurité établi par les policiers afin de pénétrer dans le Palais pour renverser ou tuer le président de la République. «Le compte à rebours pour la fin de ce régime a commencé. Il a dit qu’il ne partirait pas, mais il partira. La coupe est pleine ; c’est trop, Aristide doit quitter le pouvoir et vite», clamait de fait Paul Denis de l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) et de la Convergence Démocratique, dont le langage ne comporte aucune ambiguïté sur la volonté de la réaction d’utiliser tous les moyens pour créer le chaos dans le pays.

Il ne fait pas de doute que l’objectif de ces groupes est de parvenir à créer ce «chaos» pour forcer la main à leurs tuteurs de Washington qui directement ou indirectement, c’est-à-dire par l’intermédiaire d’un pays tiers (peut-être comme l’indiquait notre une de notre précédente édition «La tentation française»), pour une intervention dans le pays. A ce propos, il est significatif de noter la déclaration du 12 décembre de l’ambassadeur des Etats-Unis à Port-au-Prince, James B. Foley, qui cautionnait en quelque sorte la déstabilisation du régime en choisissant une fois de plus d’accuser le gouvernement de ne pas respecter les droits humains en ces termes: «A la veille de la commémoration du bicentenaire de l’indépendance d’Haïti, un événement qui retentit encore aujourd’hui comme le symbole de la victoire sur l’oppression, il est regrettable de noter l’état déplorable des droits humains en Haïti… au cours des derniers mois, le gouvernement a, de manière constante, failli à sa mission de protéger les droits des citoyens manifestant pacifiquement et exprimant librement leurs opinions.» Voilà que le diplomate états-unien, tout en glorifiant hypocritement l’épopée de notre Indépendance, se met encore à pleurer sur ces «droits humains» dont on sait à quel point ceux-ci sont respectés chez lui! (voir notre rubrique «Coup d`oeil» dans ce numéro).

En même temps, l’ambassade nord-américaine fermait ses portes le vendredi 12 décembre sous prétexte de ces violences, selon elle, qui sévissent dans la capitale, et le Département d’État invitait les citoyens de son pays à ne pas voyager en Haïti pour des raisons de sécurité. Cette décision paraît d’autant plus suspecte qu’elle intervient à quelques jours des festivités du 1er janvier 2004 où les autorités devront accueillir nombre d’invités et de nombreux haïtiano-américains. C’était en outre un signe d’approbation aux nouvelles actions de déstabilisation entreprises par «l’opposition».

Tout compte fait, les positions se radicalisent de plus en plus. La conjoncture contraint donc les divers acteurs à choisir leur camp. Les rats s’affichent au grand jour. Dans ce contexte, et à la veille de la célébration du Bicentenaire, ces séditieux qui n’ont rien à proposer au peuple haïtien, sont prêts à utiliser tous les moyens pour parvenir à renverser le pouvoir Lavalas avant le premier janvier afin d’écarter une fois de plus dans notre histoire les masses défavorisées de la scène politique.