La nouvelle autour de l’histoire du jeu vidéo anti-haïtien, « Grand Theft Auto : Vice city », est tombée comme un couperet le jeudi 27 novembre 2003 exactement à 10h 12 A.M. Elle a secoué tous les haïtiens. Que ce soit en Haïti ou dans la Diaspora. Le Peuple Haïtien est à notre avis blessé dans sa chair et choqué dans son orgueil. Certains observateurs se demandent comment la plaie causée par cette méchante invention sera-t-elle cicatrisée ?
En gros, comment fonctionne ce jeu ?
Le jeu vidéo « Grand Theft Auto : Vice city » se joue ordinairement dans les maisons de jeu des quartiers huppés comme les autres jeux importés des Etats-Unis. Selon certaines informations recueillies, quelques mois après son lancement sur le marché Etasunien, il était déjà en circulation dans les salons de jeu de Pétion-Ville ou dans d’autres zones résidentielles et dans les consoles privées des foyers haïtiens, qui sont de véritables mordus des jeux vidéos. Plusieurs grands bonnets de Pétion-Ville, parmi lesquels un responsable de vente dans un magasin d’appareils électroniques de la ville qui a requis l’anonymat, ont affirmé qu’ils ont joué déjà à Grand Theft Auto : Vice city. Dans ce jeu, le personnage principal, Tommy Vercetti, est un homme de souche hellénique dans la trentaine vêtu d’un Jean et d’un chemisier Taïwanais. Il est chargé par son patron Sonny Forelli de rechercher son argent perdu dans une histoire de drogue qui a mal tourné. Il devra, par la suite, tomber sur des policiers cyniques et des bandits cubains et haïtiens qui vont le rançonner. Pour maîtriser ses adversaires, l’homme en question utilise tout ce qui est à sa portée à savoir coutelas, machette, couteau, mitraillette, pistolet, batte de baseball.
C’est le jeu le plus violent jamais conçu dans l’histoire ludique de l’humanité. L’objectif de celui qui manipule le petit jeu est de tuer les haïtiens, tuer encore, tuer encore davantage (Nouvelliste 26 novembre 2003). D’autres observateurs nous font comprendre que ce jeu est déshumanisant car, il fait de tout un peuple l’objet de dérision et de présumée persécution. C’est ce qui explique le lever de bouclier constaté dans tous les secteurs de la vie nationale notamment le gouvernement qui n’a pas su marchander ses propos. Depuis, les réactions fusent de toutes parts contre le jeu vidéo qui appelle à tuer les haïtiens partout où on les trouve. Les autorités haïtiennes n’ont pas tardé de réagir rapidement. Elles ont indiqué dans un communiqué de presse le mardi 25 novembre 2003 que des consultations légales y compris des discussions y relatives sont en cours avec le gouvernement américain.
Selon elles, la mission des joueurs dans ce jeu produit par la Compagnie Rokstar Vidéo Games constitue une véritable incitation au génocide et à la violence. Elles ont ainsi déploré le comportement des commissions d’éthique en vigueur aux Etats-Unis d’Amérique, qui n’ont jusqu’à présent rien dit concernant l’affront délibéré que cette firme commerciale a infligé au peuple haïtien. Ces dites commissions ne semblent pas être prêtes ou aptes à la sanctionner, d’autant plus que cette initiative est contraire au droit international et à la Constitution des Etats-Unis. De plus, le Gouvernement haïtien a fait remarquer que la Convention des Nations Unies pour la prévention et la répression du crime de génocide (1948) condamne, sans recours en son article 3, le génocide sous toutes ses formes et à tous les stades de sa préparation. Elle demande que soit punie l’incitation directe et publique à commettre le crime génocidaire. Le communiqué gouvernemental a encore mentionné que ce jeu vidéo ressemble à toutes les initiatives qui ont dans le temps abouti au génocide des arméniens et au pogrom des juifs. Les autorités haïtiennes ont décidé de prendre toutes les dispositions légales que de droit dans le but de protéger l’identité et la nationalité haïtiennes et de contrer toute velléité d’attaque contre la nation haïtienne. C’est la raison pour laquelle elles ont déjà constitué un cabinet d’avocats susceptibles de donner le mot du droit fondé sur le prochain retrait de vente de ce jeu vidéo et le cas échéant de réclamer les dommages et intérêts à cette méchante firme commerciale.
Le Ministre Lesly Voltaire, de son coté, a fait appel aux haïtiens de la diaspora pour s’unir en vue de faire échec à cette nouvelle stratégie purement raciste visant à salir l’image d’Haïti à l’étranger, à un cheveu de la célébration du Bicentenaire de l’Indépendance nationale. Certains stratèges politiques ont fait comprendre que ce nouveau jeu vidéo n’est pas brusquement tombé du ciel. C’est une idée mûrie de longue date qui se fait chair pendant cette période après tant d’études approfondies pour avilir vilipender tout un peuple pour le détruire psychologiquement. A noter que les congresmen du Black Caucus, nos alliés naturels, selon M. Lesly Voltaire, ne resteront semble t-il, pas les bras croisés car, ils sont déjà touchés de la question.
De plus, le Président de la Commission des Affaires étrangères de la Chambre des députés, M. Wilner Content, a proposé au peuple haïtien de se mobiliser plus précisément la communauté haïtienne vivant à New York et à Washington, afin de faire pression sur le Gouvernement Américain pour exiger de faire rentrer ce jeu vidéo qui provoque la violence contre les Haïtiens. Le député de Jacmel a toutefois dit qu’il a déjà pris contact avec des groupes de pression haïtiens basés aux Etats-Unis dans le cadre de cette manifestation. Il a ensuite fait remarquer que tous les secteurs de la vie nationale doivent s’unir pour dire non à cette situation de fait. Une séance de travail sur le video game de teneur raciste est prévue très prochainement au Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger ou ailleurs.
Le porte-parole de l’ambassade nord-américaine à Port-au-Prince, Judith Tronzo, n’a pas non plus mâché ses mots, en déclarant sans réserve condamner la commercialisation de ce jeu vidéo par une compagnie nord-américaine, dont la raison sociale est certainement « Grand Theft Auto : Vice city ». Sans tirer sur la corde, elle a clairement reconnu que ce jeu intitulé « Voleurs d’autos », appelle effectivement à exterminer les Haïtiens d’où qu’ils viennent. Elle a toutefois laissé entendre qu’elle ne pouvait rien faire en la circonstance. C’est à la diaspora haïtienne de se mobiliser pour faire corriger cette situation, a-t-elle conclu. Elle a enfin déclaré que le gouvernement des Etats-Unis est incapable d’intervenir par la voie directe dans ce dossier et que cette opération ne reflète aucunement l’opinion du peuple étasunien.
L’ancien colonel Himmler Rébu est aussi intervenu sur ce dossier. En donnant le 26 novembre 2003 une conférence de presse au cours de la quelle il a harangué le producteur, M. Sam Houser, lui disant clairement qu’il est privé de la connaissance du bien et du mal. Il est tout simplement un petit raciste attiré par l’amour du gain et celui qui veut satisfaire ses bas instincts, a-t-il déclaré. Selon l’ex-colonel Rébu, comme pour tenter de redorer son blason, le groupe de Réflexion sur Haïti qu’il dirige a l’intention de concevoir et propager sur le marché international un jeu vidéo, de valeur humaine, susceptible de laver la souillure que le producteur et son équipe ont affligée au Peuple haïtien.
Rappelons que le Ministère des Haïtiens vivant à l’étranger se prépare à donner la réponse adéquate comme en 1983, lorsque le « Center for Disease Control » (CD) alléguait que les Haïtiens étaient responsables de la propagation du SIDA. Plus de 100,000 compatriotes avaient alors manifesté à Brooklyn et à Manhattan, bloquant ainsi pendant une journée le « Wall Street », le centre principal financier impérialiste.