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 | | «Sur le plan politique, la polarisation s’est de plus en plus accentuée en dépit de toute une série d’efforts pour promouvoir le dialogue... L’opposition et la société civile ... semblent avoir été plus aptes à exiger leurs droits que d’accepter des obligations, y compris leurs obligations de participer dans un conseil électoral»... |
En date du 11 novembre 2003, le Secrétariat Général de l’Organisation des Etats-Américains (OEA), César Gaviria, publiait son cinquième rapport sur la situation en Haïti. Couvrant une période s’étendant du 20 mai au 4 Novembre 2003, le contenu de ce texte est axé sur le déroulement des travaux de la « Mission spéciale de l’OEA pour le renforcement de la démocratie », comme stipulé dans les différentes résolutions adoptées par l’Organisation hémisphérique sur le dossier de la « crise» haïtienne. Ce document, dont la majeure partie concerne «l’évaluation de la capacité de la Mission spéciale à remplir ses mandats», ne parait guère différent des précédents rapports de l’OEA, dans la mesure où la position de celle-ci demeure pour le moins équivoque.
«Sur le plan politique, la polarisation s’est de plus en plus accentuée en dépit de toute une série d’efforts pour promouvoir le dialogue. Le gouvernement n’a pas encore adopté les mesures concrètes recherchées par la communauté internationale en ce qui concerne la sécurité et certains groupes et individus qui s’opposent au gouvernement maintiennent que les élections ne peuvent avoir lieu tant que le président Aristide sera au pouvoir … L’opposition et la société civile … semblent avoir été plus aptes à exiger leurs droits que d’accepter des obligations, y compris leurs obligations de participer dans un conseil électoral», écrit le secrétaire général de l’OEA. Et le chef de la Mission spéciale de cette Organisation, David Lee, de préciser au cours d’une conférence de presse le 24 Novembre : « Il est trop facile de camper sur une position de critique. Bien sûr qu’il y a des choses à critiquer. Mais il faut contribuer aux solutions. Et pour cela il faut nécessairement passer par des élections. Un dialogue entre Haïtiens et du travail par tous les acteurs s’imposent».
Evidemment, les dirigeants de l’«Opposition» macouto-bourgeoise, s’attachant à leur politique de table rase basée sur le renversement des autorités constitutionnelles, ont rejeté d’un revers de main cette position de l’OEA, qui n’épouse pas manifestement leurs stratégies.
En fait, il faut comprendre que l’attitude de l’Organisation hémisphérique s’inscrit dans le cadre d’un bras de fer engagé entre certains pays de l’Amérique Latine, dont le Venezuela, l’Equateur et le Brésil ainsi que ceux de la Communauté Caribéenne et les Etats-Unis, qui entendent imposer leur politique impériale à travers l’OEA. En effet, les deux premiers groupes de pays ont, à plusieurs reprises, exprimé leur nette volonté de soutenir le processus démocratique en Haïti. A travers notamment leur soutien en faveur de la réalisation des élections crédibles pour remplacer les élus dont les mandats arrivent bientôt à terme. Tandis que les Etats-Unis s’activent par des voies détournées, à créer un climat de chaos dans le pays afin de brouiller les cartes à la veille de la prochaine célébration du Bicentenaire de l’Indépendance nationale. Faut-il rappeler que Washington à déjà initié son processus de boycott de ces festivités, en n’autorisant pas son Ambassadeur à Port-au-Prince, James B. Foley, à participer au Cap-Haïtien le 18 Novembre dernier à la commémoration de la Bataille de Vertières ?
Cependant, les nations de la Caraïbe et d’Amérique Latine semblent jusqu’ici avoir mobilisé assez de ressources pour faire pencher la balance au profit des intérêts du Peuple Haïtien. Même si l’OEA continue de tergiverser et tente parfois de faire le jeu des secteurs réactionnaires du pays. Il a fallu l’occupation illégale de ses locaux par neuf (9) membres du Groupe des 184, pour que la Mission spéciale de l’OEA se résigne à exiger par communiqué de presse du 27 Novembre, l’évacuation «dans le plus bref délai» de ses locaux par les occupants, qui réclamaient l’élargissement de deux prisonniers de leur camp, David Apaid et Charles Henry Baker, interpellés le 14 novembre dernier par la police pour détention illégale d’armes à feu. L’évacuation le 29 novembre des locaux de l’OEA par les occupants illégaux fut suivie le 1er décembre de l’élargissement par la justice de David Apaid et Charles Henry Baker.
Dès lors que le rapport du secrétaire général de l’OEA et les déclarations du chef de la Mission spéciale de l’OEA ci-dessus cités, reconnaissent expressément le boycott planifié du processus électoral par une opposition qui n’a ni signé le Projet d’Accord Initial sur lequel est fondée la résolution 822, ni encore moins désigné son représentant au Conseil Electoral Provisoire (CEP) de consensus concocté par cette résolution, on se demande de l’évaluation de quelle mission spéciale de l’OEA de renforcement de la démocratie en Haïti sera-t-il encore question cette semaine au Conseil Permanent à Washington ? La même question se pose au sujet du deuxième point inscrit à l’ordre du jour du rapport du secrétaire général, relatif à l’appel de nouveaux financements pour couvrir les activités de la Mission spéciale sur une période de douze mois ?
Pour s’épargner un plus grand discrédit, l’OEA doit simplement constater le boycott planifié de la démocratie représentative orchestré par l’opposition haïtienne et ses sponsors étrangers, pour mettre définitivement fin à la présence de ladite Mission spéciale en Haïti. De son côté, le gouvernement haïtien doit, conformément à ses prérogatives constitutionnelles, organiser sans délai de nouvelles élections législatives et locales.
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