19 Novembre,  2003

November 19, 2003

19 Novanm,  2003

Vol. 21 No. 36
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Ce mardi 18 novembre, le peuple en liesse au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, commémorait le Bicentenaire de la Bataille de Vertières.

Malgré tous les complots et boycotts orchestrés depuis trois ans par les puissances impériales conduites par les Etats-Unis et la France, malgré toutes les trahisons d’une opposition élitiste anti-nationale stipendiée, malgré le sang versé et les souffrances endurées par le peuple haïtien depuis 200 ans, malgré la malédiction divine et les malheurs réels ou imaginaires annoncés par les cassandres, le mardi 18 novembre a été célébrée au Cap-Haïtien, deuxième ville du pays, la commémoration du Bicentenaire de la Bataille de Vertières, où fut défaite par l’armée indigène le 18 novembre 1803 la puissante armée de Bonaparte forte de 40.000 hommes, et chargée de rétablir l’esclavage à Saint-Domingue sous le commandement du sanguinaire général Rochambeau, qui remplaçait le général Leclerc, beau-frère de Bonaparte décédé quelque temps auparavant. Une victoire qui ouvrit la voie à la proclamation de l’Indépendance nationale le 1er janvier 1804.

En marge de cette célébration, la réhabilitation du site de Vertières entamée par le gouvernement a été achevée à la date prévue. La semaine précédant le 18 novembre a été ponctuée par diverses manifestations culturelles, auxquelles ont participé des milliers de personnes. Manifestations dont le clou a incontestablement été l’immense procession aux flambeaux organisée au Cap le 17 novembre au soir.

Comme pendant la Bataille libératrice du 18 novembre 1803, la commémoration du Bicentenaire, le 18 novembre 2003, a été également affectée par la pluie. Recouverte par une pléthore de drapeaux bleu et rouge, la Place de Vertières était pleine à craquer, occupée par une marée humaine, une foule en liesse, avec certains spectateurs juchés sur les toits des immeubles environnants.

Comme déjà annoncé par son prédécesseur, Brian Dean Curran, avant son départ d’Haïti, le nouvel ambassadeur des Etats-Unis, James Foley, prétextant l’échec subi le 14 novembre par la manifestation de la macouto-bourgeoisie lancée par le Groupe des «184» organisations d’André Apaid au Champ-de-Mars dans la capitale, a refusé de se rendre au Cap-Haïtien, où il s’est fait représenter par un diplomate de rang inférieur de son ambassade. Tout comme les ambassadeurs de France, d’Allemagne et d’autres pays de l’Union européenne. Seul l’ambassadeur du Canada, Kenneth Cook, a honoré de sa présence ces célébrations au Cap-Haïtien. En revanche, la présence en grand nombre de la presse internationale était remarquée.

Il était 11 heures du matin quand le président Aristide a déposé une gerbe de fleurs au pied du Monument aux Héros de l’Indépendance. Il prononçait ensuite à partir de midi, pendant environ 30 minutes, un discours magistral axé sur les vertus patriotiques des Héros de l’Indépendance, leur héritage de fierté et de dignité légué au peuple haïtien, les souffrances infligées à celui-ci par les exploiteurs et profiteurs nationaux sans scrupule et les puissances étrangères avec un complot vieux de 200 ans, qui se traduit aujourd’hui par un embargo génocidaire imposé au peuple haïtien… Le point fort de ce discours, comme un reprise du Serment du Bois-Caïman prêté par les esclaves douze ans avant Vertières, le 14 août 1791, jurant de vivre « libres ou mourir », aura sans doute été cette déclaration du président Aristide: «Vertières se situe au sommet des sommets des victoires de la liberté… Nous n’allons pas retourner en esclavage ni dans une recréation de la liberté, désormais c’est la liberté totale et capitale, soit que nous vivrons, soit que nous mourrons: Liberté ou la mort, liberté ou la mort, liberté ou la mort, liberté ou la mort… »

Quant à la misère endémique dont souffrent les Haïtiens, le président Aristide a martelé: «La misère d’aujourd’hui est le résultat d’un complot de 200 ans… ce complot, cet embargo sont génocidaires.»

Ceux qui allèguent l’insécurité pour refuser les élections auront reçu un cinglant démenti par l’imposant dispositif de sécurité mis en place par la Police nationale (PNH) pour maintenir l’ordre au Cap-Haïtien, où aucun incident violent n’a été enregistré. En fin de soirée, le président Aristide rentrait sain et sauf à Port-au-Prince, contrairement à ceux qui brandissaient la menace de son assassinat s’il se rendait à la métropole du Nord.

Haïti-Progrès vous offrira la couverture complète de ce grand événement historique dans sa prochaine édition.