19 Novembre,  2003

November 19, 2003

19 Novanm,  2003

Vol. 21 No. 36
Votez! Cliquez ici pour signer le Rfrendum Populaire Anti-guerre! 

Qu’est il donc advenu de cette grève, la veille de la commém-oration des 200 ans de la Bataille de Vertières qui a sonné le glas des troupes esclavagistes de Napoléon Bonaparte?

L’échec de sa manifestation du vendredi 14 novembre aurait laissé un goût amer à André Apaid Junior, dirigeant du Groupe des «184» organisations de la «société civile». Il avait pourtant convoqué la presse internationale, CNN et co. pour assister à son triomphe et montrer à quel point il pouvait rassembler la population contre le gouvernement constitutionnel. Pouvait-il s’arrêter en si mauvais chemin? Point du tout.

Il se devait de tenter encore la chance. Donc, le samedi 15 novembre, sous prétexte de faire le bilan de son équipée de la veille, il donnait une conférence de presse à l’hôtel El Rancho à Pétionville, pour annoncer en fait : «Lundi (17 novembre), on demande une journée de grève générale sur toute l’étendue du territoire afin de protester. Ce sera difficile, mais il faut que le secteur formel et informel contribue, pendant que la presse étrangère se trouve toujours dans le pays afin qu’elle se rendre compte que le pays ne joue pas…» Mais à quoi joue Apaid, lui?

Evidemment, le patronat, l’Initiative de la société civile de Rosny Desroches et les partis politique de l’«opposition» représentant la classe dominante, ont emboîté le pas. Qu’est il donc advenu de cette grève, la veille de la commémoration des 200 ans de la Bataille de Vertières qui a sonné le glas des troupes esclavagistes de Napoléon Bonaparte? Radio Métropole, porte-parole patentée de l’«opposition» macouto-bourgeoise, rapportait ce lundi 17 novembre: «Le mot d’ordre de grève de 24 heures lancé ce lundi par le groupe des 184 organisations de la société civile et le secteur patronal… a provoqué aujourd’hui une réduction des activités à la capitale. Plusieurs entreprises privées, magasins, banques sont restés fermés… » On remarquera que cette station s’est bien gardée de parler de réussite, car le mensonge serait trop gros même pour faire de la désinformation. En fait elle aurait pu, sauf que la presse internationale, qui avait été conviée, n’aurait pas suivi cette fois le courant. Elle s’est rendue compte de son côté que la désinformation ne serait pas payante cette fois-ci, puisque la bourgeoisie n’était pas parvenue à mobiliser même son entourage. Un des groupes parmi les protégés d’Apaid, ledit Mouvement syndical haïtien (MSH) par la voix de son dirigeant Montès Joseph, devait l’avouer tout en croyant trouver une excuse pour ce nouvel échec. Ce dernier disait en effet qu’il n’avait pas eu assez de temps pour contacter les différentes branches (fictives) de son mouvement.

À Port-au-Prince, le secteur informel a fonctionné comme à l’accoutumée; le transport, tap-tap, taxis et autobus roulaient à plein rendement malgré la fermeture de beaucoup de stations d’essence. Tôt le matin, on pouvait remarquer les enfants en uniforme en route pour l’école, même si certains établissements privés avaient fermé leurs portes par peur des représailles de l’«opposition».

De son côté, l’Agence haïtienne de presse (AHP) constatait ce 17 novembre: «A Port-au-Prince, le transport en commun, le commerce informel, les marchés publics ont fonctionné de façon quasi normale. Si le grand commerce dirigé en majorité par les instigateurs de la grève a gardé ses rideaux de fer baissés, par contre de nombreux supermarchés ont ouvert leurs portes aux clients… »

Concernant les autres villes du pays, la grève d’Apaid et de ses pairs a mordu la poussière. Par exemple au Cap-Haïtien, seules les banques privées ont fermé leurs portes. Aux Gonaïves, terrain où s’active actuellement le bras armé de l’«opposition», la grève n’a pas été respectée. Seulement «les chauffeurs assurant le trajet Port-au-Prince/Gonaïves, qui protestaient contre l’augmentation du tarif des assurances n’ont pas travaillé ce lundi…», une situation qui n’avait rien à voir avec la grève. A Port-de-Paix, tout a fonctionné normalement. Dans le département du Centre, principalement à Mirebalais et à Hinche, «fief» de Chavannes Jean-Baptiste, dirigeant du Mouvement des paysans de Papaye (MPP), membre du Groupe des «184», la grève n’a pas été suivie, à part la Unibank, ce qui n’a fait que provoquer la colère de ses clients. Aux Cayes, tout a fonctionné dans les banques privées et publiques, les grands magasins, les marchés publics, le commerce et les écoles.

Que peut-on en conclure? Que les masses défavorisées ont une nouvelle fois exprimé leur rejet de cette « élite» qui les fait croupir dans la misère, l’analphabétisme, et le sous-développement, et prouvé à travers le pays leur détermination de ne plus se laisser évincer de la scène politique ni non plus manipuler.