12 Novembre,  2003

November 12, 2003

12 Novanm,  2003

Vol. 21 No. 35
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Un groupe de femmes haïtiennes manifestant devant le Ministère de l’Intérieur pour exiger dans le plus bref délai la déportation du ressortissant américain André Apaid Jr. vers les Etats-Unis…

Alors que le pays fait face à de grandes difficultés aggravées par le blocage de l’aide internationale et de toutes sources de financement externe, et que le gouvernement tente de prendre des mesures pour instaurer l’ordre et la paix dans les familles, l’«opposition» s’acharne, particulièrement à la veille de la célébration de deux événements historiques majeurs, et les séditieux ont bien entendu jeté leur dévolu sur les deux municipalités où doivent se dérouler les principales cérémonies en vue d’y faire obstacle: au Cap-Haïtien où doit se tenir la commémoration de la bataille de Vertières le 18 novembre et aux Gonaïves où fut déclarée l’indépendance nationale le 1er janvier 1804.

Mais les tentatives successives de semer la pagaille, dans ces deux villes, et de provoquer un effet d’entraînement n’ont pas eu d’écho dans le reste du pays et ont d’ailleurs connu l’échec sur les lieux mêmes. Mais reconnaissons-le, les déstabilisateurs sont infatigables, d’autant plus que leurs leaders n’ont pas à se casser la tête pour subvenir à leurs besoins; certains ont déjà suffisamment fait leur beurre sur le dos du pays tandis que leurs complices sont approvisionnés largement par la «communauté internationale», pour leur permettre de se livrer 24 heures sur 24 à leurs activités séditieuses de déstabilisation du gouvernement constitutionnel.

Après des échecs répétés, ou du moins des mises en condition sans grand succès, il semble qu’ils auraient décidé de frapper un grand coup et, cette fois dans la capitale. La Convergence Démocratique paraissant avoir perdu le «leadership» de l’opposition au gouvernement, le millionnaire André Apaid Jr. de nationalité Etasunienne sous couvert de l’appellation ambiguë de «société civile» lui aura damé le pion, et c’est lui désormais qui est en tête du gang. Depuis quelque temps, il avait déjà d’ailleurs concocté un «rassemblement» connu sous le nom de «Groupe des 184 organisations», et il a fait parcourir le pays par une délégation dénommée «Caravane de la paix» armée d’un prétendu «Nouveau contrat social» qui voudrait contradictoirement faire retourner le pays à l’ancien régime.

Cette semaine paraît être son choix pour effectuer une provocation dans toute l’acception du terme. Rien ne manque à ses préparatifs: l’arrogance des ayants-droit, les menaces à demi-mot, des insultes à peine déguisées au chef de l’État, etc., dans le cadre des activités qu’il planifie avec ses complices et sicaires planifiées pour cette semaine, principalement sa manifestation convoquée pour le 14 novembre. Et la «communauté internationale» ne lui ménagerait pas son appui.

Mais à l’approche des festivités, pour éviter toute perturbation intempestive, le gouvernement a déjà interdit les manifestations jusqu’au 19 novembre dans le Nord. L’aurait-il fait à l’échelle du pays qu’en voulant protéger la paix publique, on l’aurait accusé de «dictature totalitaire». D’autant plus qu’en prévision de l’opération d’André Apaid, fort opportunément se sont succédé à la tribune le chef de la Mission spéciale de l’OEA en David Lee, l’ambassadeur des États-Unis James Foley et l’expert «indépendant» de l’ONU, Louis Joinet qui ont respectivement les 4, 5 et 6 novembre fait état de la dégradation des droits de l’homme dans le pays. Tout cela pour intimider le gouvernement et le mettre sur la défensive. «Comment en effet convaincre les partis politiques d’aller aux élections quand le droit de se rassembler n’est pas respecté» a prétendu l’ambassadeur Foley.

De fait, peu de temps après, le 7 novembre, les membres de l’alliance macouto-bourgeoise investissaient les stations de radio à leur service pour applaudir les déclarations de leurs tuteurs internationaux. Ils en ont profité pour annoncer la tenue de manifestations anti-Lavalas dans la capitale. D’abord, les étudiants de la Faculté des sciences humaines (Fasch), ledit Mouvement syndical haïtien (MSH) et la Coordination nationale des sociétaires victimes (Conasovic) de Rosemond Jean, tous membres du Groupe des «184» d’Apaid ont projeté de gagner les rues le 13 novembre.

Ce ne sera là qu’une amorce et un test, car la véritable provocation est prévue pour le lendemain de ce jour. Peut-être Apaid veut-il qu’il y ait des victimes la veille pour justifier tous les débordements qu’il projette? Cet individu à l’annonce de son entreprise ne s’est-il pas écrié: «Le pays est menacé, les droits fondamentaux, les libertés civiques et politiques sont bafoués. L’insécurité fait rage, les conditions ne sont pas réunies pour de bonnes élections, et la démocratie est menacée. La situation économique se dégrade à un rythme alarmant.» Il peut toujours causer, car nous verrons plus loin comment ce fraudeur abuse de la liberté et de l’hospitalité qui lui sont offertes dans le pays.

Faisons remarquer que cette manifestation du 14 novembre est comme un «remake» de celle qu’Olivier Nadal organisait le 28 mai 1999 sous la présidence de René Préval qui avait même été convoquée pour un vendredi à midi (voir Haïti-Progrès, Vol. 17 No 11)! Et c’étaient les mêmes slogans: «contre l`insécurité, contre la violence». Apaid prévoit même de poursuivre ses protestations le 15 novembre. Il a évidemment l’appui de ses pairs et la Chambre de commerce a déjà passé ordre à tous ses membres de s’y joindre. Évidemment leurs employés devront se faire voir dans la «foule» de manifestants s’ils ne veulent pas perdre leurs emplois! Paul Denis de l’OPL /Convergence a déjà répondu «présent», ne voulant pas tout perdre maintenant qu’Apaid a pris la direction des affaires aux dépens de la Convergence. Et ce n’est pas tout, car le nouveau «leader» de la déstabilisation, fort de l’appui de la «communauté internationale» fait des exigences aux autorités. Il réclame la rue Saint-Honoré pour parader avec ses troupes et dit attendre du Palais la réponse pour pouvoir disposer du kiosque Occide Jeanty sur le Champ-de-Mars, non loin du Palais national, pour pouvoir haranguer ses hommes de main. Si l’on comprend bien, il commande et on n’a qu’à obtempérer, d’autant plus qu’il prévient que sa manifestation disposera d’un service de sécurité sur pied de guerre. Pourtant, il ne fait qu’abuser de la tolérance, comme nous le disions plus haut. Car dans tout autre pays, il aurait été expulsé manu militari. En effet, André Apaid jr, bien que né de père et de mère haïtiens, est un citoyen nord-américain né aux États-Unis. Il est arrivé en Haïti en 1976 en tant qu’industriel avec un visa de séjour qu’il a cessé de renouvelé (encore moins payé pour), comme l’expliquait ce 11 novembre le ministre de l’Intérieur Jocelerme Privert. Apaid n’a non plus jamais fait de demande de citoyenneté haïtienne conformément à l’article 12 de la Constitution de 1987 toujours en vigueur. On comprend incidemment que les célébrations du bicentenaire ne lui disent rien, de même qu’à ses protégés qui signaient il y a un peu plus d’un mois la fameuse «Déclaration de principe». On devine aisément ce que veut provoquer cet étranger dans le pays: que le peuple en appui au gouvernement s’interpose contre cette manifestation et que les hommes de main d’Apaid en profitent pour effectuer un massacre et forcer la main à ses tuteurs pour opérer une intervention sous une forme ou sous une autre. Quoi qu’il en soit, le gouvernement devrait prendre des mesures comme celles qu’il prendrait à l’endroit de toute personne qui se trouverait en situation irrégulière dans le pays et procédé à son expulsion du territoire nationale purement et simplement.