5 Novembre,  2003

November 5, 2003

5 Novanm,  2003

Vol. 21 No. 34
Votez! Cliquez ici pour signer le Rfrendum Populaire Anti-guerre! 
Au cours d’une conférence de presse le 31 octobre dernier, le responsable de la Mission spéciale de l’OEA, David Lee, se perd dans des propos contradictoires au sujet des élections…

En marge du Conseil des ministres qui s’est tenu le 31 octobre au Palais national auquel la presse était invitée à assister à une partie, une grande exposition de photos témoignant des réalisations des autorités gouvernementales au cours du 2ème mandat du président Jean Bertrand Aristide, présentant de nombreuses places publiques, des routes, des hôpitaux, des lycées, des travaux d’irrigation, des logements sociaux et des centres resto-alpha, a été inaugurée.

Au cours de son intervention, le chef de l’Etat a salué la détermination du peuple haïtien à soutenir les efforts du gouvernement Lavalas visant à établir la paix et indiqué que les travaux présentés ont été exécutés en dépit des sanctions économiques imposées au pays par la «communauté internationale» et les manœuvres des détracteurs du pouvoir pour saboter ces efforts.

Profitant de l’occasion, le président Aristide a parlé de l’organisation des prochaines élections. A ce propos, il a rappelé que la voie des urnes représente une exigence constitutionnelle qui doit conduire à l’instauration d’un Etat moderne. «Nous voulons travailler, nous allons continuer à dynamiser ce travail visant à l’établissement d’un Etat responsable, d’un Etat régulateur, d’un Etat qui veut rompre avec les pratiques traditionnelles. Il faut cesser la dictature, la corruption, les violences pour bâtir progressivement un Etat moderne. Et un Etat moderne passe par les voies et principes démocratiques qui conduisent à des élections libres, honnêtes et démocratiques », a déclaré le président Jean Bertrand Aristide. Plus loin, il a réitéré la volonté de l’Exécutif de réaliser un scrutin selon les recommandations de l’Accord initial concernant la création du Conseil électoral provisoire (CEP), selon les prescrits de la Constitution et la résolution 822 de l’OEA. Il parait évident que le président priorise un accord politique pour résoudre la «crise» post-électorale.

Cependant, peut-on croire que la Convergence Démocratique pourrait un jour accepter de participer au processus de formation du CEP de consensus afin de trouver une issue à cette «crise» électorale pré-fabriquée? Les déclarations et actions de déstabilisation concoctées par cette «opposition» prouvent qu’elle est plus intéressée à oeuvrer pour le renversement du régime constitutionnel qu’à participer aux élections.

En effet, après le meurtre de Amiot Métayer, il y a plus d’un mois, les représentants de l’«opposition» macouto-bourgeoise ont ouvertement donné leur soutien au désordre planifié dans la Cité de l’Indépendance, dont l’objectif n’est autre que de créer un climat de terreur, de saboter les cérémonies du bicentenaire de l’Indépendance qui doivent se dérouler dans cette ville le 1er janvier 1804, et conduire au renversement du gouvernement. Parallèlement, dans la métropole du Nord, le responsable du KONAKOM/Convergence, Micha Gaillard et le colonel des ex-Forces armées d’Haïti, Himmler Rébu, ont participé activement aux manifestations anti-Aristide convoquées par le Front de l’opposition du Nord (FRON) de Jean-Robert Lalanne.

Tandis que Paul Denis de l’OPL/ Convergence déclare de son côté: «Ce pouvoir-là est malade et il n’existe aucun remède pouvant éradiquer sa maladie. La solution à la crise du pays on ne peut pas la trouver avec ce pouvoir. Alors il faut travailler, se mobiliser pour renverser le gouvernement Lavalas. Et c’est aussi pour dire à la communauté internationale que les solutions qu’elle préconise visant à nous aider à sortir le pays de l’abîme ne correspondent pas, en aucune façon, à la situation réelle du pays… ce n’est pas une démarcation par rapport à la résolution 822 puisque nous n’avons jamais abandonné la résolution du 15 décembre 2002 (celle prônant l’option zéro) … Nous n’avions même pas voté la résolution 822, il s’agissait d’un accord entre la communauté internationale, l’Organisation des Etats américains et le pouvoir.» C’est dire encore une fois que Paul Denis et ses acolytes de la Convergence n’ont que faire de la médiation ni des décisions de l’OEA qui pourtant joue leur carte.

Paradoxalement, le responsable de la Mission spéciale de l’OEA, David Lee, se perd dans des propos contradictoires au sujet des élections. Au cours d’une conférence de presse le 31 octobre, il a déclaré que «L’OEA ne cautionne pas l’usage de la violence dans les rues ni ailleurs pour renverser un gouvernement en vue d’atteindre d’autres objectifs privés ou publics…; des élections crédibles constituent les moyens d’accéder au pouvoir selon les prescriptions de la Charte démocratique et elles demeurent une étape nécessaire quoique insuffisante pour que Haïti reprenne sa progression sur le chemin du développement démocratique.» Et à radio Galaxie, le même David Lee sans vergogne d’avancer: « Je pense qu’on ne peut pas tenir de bonnes élections aujourd’hui étant donné la situation qui existe en ce moment.» D’après lui, quand est-ce qu’il faudrait les tenir ces élections? Quand on aura créé un vide institutionnel et qu’on pourra ainsi isoler le président de la République en le traitant de «dictateur» s’il se voit dans l’obligation de gouverner par décrets?

Sur les ondes de radio Kiskeya, David Lee a parlé ensuite de l’exécution sommaire de Woodson Lemaire dit «Colibri», afin d’empêcher celui-ci de répondre de ces actes devant la justice. Faut-il en déduire qu’il existerait un parallèle entre ce meurtre et celui d’Amiot Métayer comme semble le suggérer David Lee, qui paraît connaître mieux que personne les circonstances de la mort de Lemaire?

On revient toujours au point de départ avec l’OEA et son représentant qui feint toujours de renvoyer dos à dos et le gouvernement et «l»opposition», car tout en «concédant» que le chef de l’État doit compléter son mandat de cinq ans, il n’en dit pas moins que les élections ne sont pas possibles à l’heure actuelle, s’appuyant en l’occurrence sur le meurtre d’un chef de bande à Cité Soleil. Tout à fait étrange, c’est à croire que ce crime vient à point nommé pour valider les désirs de David Lee et de «l»opposition»! Pour finir, il n’est pas inutile de lui rappeler, à Lee, que des attentats meurtriers quotidiens en Colombie n’auront pas empêché de tenir des élections, alors même qu’on enlevait la moitié des candidats!…