Regain de la violence ces derniers jours, comme le rapportent les différents médias qui font état de plusieurs meurtres et de blessés par balles enregistrés dans la zone métropolitaine et dans certaines villes de province. Évidemment ces crimes ne relèvent pas tous à la même enseigne. Il y a la criminalité de droit commun, les règlements de comptes, et il y a aussi les actes de déstabilisation où certaines personnes sont de toute évidence ciblées pour s’en prendre au gouvernement directement ou indirectement.
Dans cet ensemble on peut rappeler l’assassinat à coups de machette de Jean Sambour, dans une résidence à Kenscoff au cours de la nuit du 12 octobre. Au lendemain de ce crime, soit le 13 octobre, la police qui avait annoncé l’ouverture d’une enquête, procédait à l’arrestation de quatre suspects.
Toujours dans la région métropolitaine, un membre de la police du nom de René Jean Tony a indiqué avoir été attaqué le 27 octobre par des hommes qui circulaient à bord d’un véhicule portant une plaque d’immatriculation officielle et qu’un ami dont il n’a pas révélé l’identité qui se trouvait dans sa voiture, a reçu un projectile à la tête qui l’a tué sur le coup. «Je n’ai eu maille à partir avec quiconque, je fais le travail du peuple auquel je suis utile alors je ne vois pas pourquoi une personne m’en voudrait. De toute façon, si le véhicule officiel avait été volé, un rapport aurait dû être établi à ce propos, mais aucun rapport n’en fait état. Les individus qui ont commis l’action ont peut-être emprunté la voiture… » a déclaré René Jean Tony.
D’un autre côté, l’homme d’affaires Maxime Millet a été abattu de plusieurs balles dans la matinée du 29 octobre à Delmas 19 alors qu’il revenait de l’aéroport international, où des parents venaient d’arriver de l’étranger. D’après certains témoins, les assassins roulaient à bord d’un pick-up de couleur rouge.
En province aussi. En effet, dans la troisième section d’Anse-à-Galets, un septuagénaire du nom de Fénélon Joseph a été tué par balles dans la nuit du 28 octobre, et sa femme a elle-même été touchée d’une balle à la cuisse. Cette dernière rapportait que des individus ont fait irruption chez elle et ont tiré sans crier gare sur son mari. Du côté Des Anglais, dans le département du Sud, le 29 octobre, deux individus accusés d’implication dans la mort de l’ancien maire de cette municipalité, Raymond Altidor Altiné, ont été lynchés par une foule qui les a enlevés de force du commissariat où ils étaient en garde à vue.
Mais au-delà de cette criminalité qu’à la longue, avec de meilleurs moyens, la police pourrait arriver à contrôler, il en existe une qui est le fait de «l`opposition» et qui crée un climat qui rejaillit sur l’ensemble de la situation. En témoigne le climat de tension entretenu depuis plus d’un mois aux Gonaïves par un groupe de terroristes oeuvrant pour la déstabilisation du pouvoir constitutionnel. Au Cap-Haïtien, les maîtres d’œuvre du désordre et de la violence, ce sont les responsables du Front de l’opposition du Nord (FRON), qui s’activent sans relâche en vue de créer une situation chaotique dans le but de renverser le président Aristide.
De retour dans la capitale, on aura pu remarquer que «l`opposition» aurait voulu utiliser l’assassinat dans la nuit du 31 octobre du chef de bande Woodson Lemaire alias «Colibri» pour déclencher un mouvement de représailles à l’instar de ce qui s’est produit aux Gonaïves suite à l’assassinat de Amiot Métayer.