29 Octobre,  2003

October 29, 2003

29 Oktòb,  2003

Vol. 21 No. 33
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La NCHR relance la désinformation!
Yolène Gilles de la NCHR. En réalité, la NCHR ne souhaite pas que ses acolytes d’une certaine presse soient décriés par les secteurs progressistes, du fait que ces médias sont tous à la solde des mêmes patrons internationaux

Quelques mois après la publication par la Coalition nationale pour les droits des Haïtiens (NCHR) du rapport sur l’existence présumée d’«attachés» (auxiliaires policiers) dans certains commissariats du pays, cet organisme dit de défense des droits humains originaire des Etats-Unis, dont l’objectif inavoué consiste à appuyer la campagne de déstabilisation contre le gouvernement constitutionnel, s’est penchée sur la situation de la presse.

La NCHR vient donc de publier, le 22 octobre, un nouveau rapport intitulé «La Presse dans le collimateur des ennemis de la démocratie». D’entrée de jeu, ce document accuse le Président Jean-Bertrand Aristide d’avoir, dès son retour au pouvoir en février 2001, voulu bâillonner la «presse indépendante» en vue, peut-on lire,  «d’imposer le culte de la pensée unique». En ce sens, la NCHR évoque l’émission du 21 septembre 2003 de la série hebdomadaire «Débats publics», diffusée sur plusieurs chaînes de radio et de télévision de la capitale, au cours de laquelle les intervenants, dont le ministre de la Justice Calixte Delatour, le secrétaire d’Etat à la Communication Mario Dupuy et le directeur général du Conseil national de télécommunication (CONATEL) Harry Céant, ont fait mention du décret du 12 octobre 1977 du dictateur Jean-Claude Duvalier dans le seul but de proférer des menaces contre les médias «indépendants». «Quel est le message à tirer de cette tentative de musellement de la presse survenue après la décision d’engager arbitrairement le processus d’amendement de la Constitution »? interroge la NCHR, qui ajoute à ses spéculations la grande manifestation historique du 30 septembre 2003 du Parti populaire national (PPN) qui s’inscrivait également, selon elle, en droite ligne de cette tentative visant à faire taire les médias «indépendants». Pourtant, pendant le déroulement de cette mobilisation, organisée à l’occasion du douzième anniversaire du coup d’Etat du 30 septembre 1991, les manifestants n’avaient fait que dénoncer certains médias à la solde de l’«opposition», dont la bande des quatre: Radio Métropole, Radio Caraïbes, Radio Kiskeya et Télé Haïti, qui font la désinformation pour créer le chaos dans le pays. Mais, jamais il n’a été question de menaces contre des journalistes. Si bien qu’aucun incident n’a été enregistré tout au long du trajet de cette manifestation.

En réalité, la NCHR ne souhaite pas que ses acolytes d’une certaine presse soient décriés par les secteurs progressistes, du fait que ces médias sont tous à la solde des mêmes patrons internationaux. En fait, il faut bien rappeler à l’attention de l’opinion publique que la NCHR, avant d’être transférée en Haïti, était connue comme la «National Coalition for the Haitians Refugees» spécialisée dans la question migratoire, et directement financée par la «Human Rights Watch», organisme de défense des droits humains basé aux Etats-Unis. Ce dernier organisme est financé à son tour par le puissant homme d’affaires et milliardaire nord-américain George Soros, réputé pour ses positions en faveur de la globalisation et du «nouvel ordre mondial». En vertu de ces considérations, que peut-on attendre de plus de la NCHR?

D’autre part, la NCHR fait état de plusieurs cas de travailleurs de la presse persécutés sous le gouvernement du président Aristide, ce qui correspondrait, selon elle, à un «projet politique» de ce gouvernement.

Habilement, ou du moins dans son opinion, pour faire gober ses affabulations la NCHR pratique l’amalgame et généralise. Pour un cas donné pris hors contexte, elle rajoute quatre ou cinq affabulations. Ainsi cite-elle le cas de notre confrère Darwin Saint-Julien qui avait été maltraité à Guacimal (St. Raphaël) par des gens à la solde de grands dons et certaines autorités locales le 27 mai 2002 alors que celui-ci couvrait une mobilisation syndicale, la NCHR y rajoute beaucoup d’autres «cas» assortis de mensonges. En effet, sur une liste de journalistes publiée par la NCHR qui auraient été contraints de partir en exil suite à des persécutions, on peut retenir quelques-uns, dont Yves Clausel Alexis, Pharès Duverné et Ansy Louis, tous travaillant à Radio Vision 2000, qui avaient laissé le pays strictement pour des raisons personnelles. De plus, en ce qui a trait aux journalistes Romain Wilfrid (Radio Caraïbes), Dominique Beauplan (Radio Ibo) et Marc Sony Jean-Baptiste (Radio Vision 2000), inscrits eux aussi sur la liste fabriquée par la NCHR, ces derniers avaient bénéficié des visas d’entrée aux Etats-Unis et au Canada grâce à des démarches effectuées en leur faveur par le député Simpson Libérus, comme l’a rapporté le député Wilner Content. Et Libérus de confirmer les propos de son collègue, précisant que ces journalistes avaient laissé le pays, non pas pour des raisons politiques comme voudrait le faire croire le rapport de la NCHR, mais pour pouvoir échapper à leur situation économique difficile.

Par ailleurs, vendant eux-mêmes la mèche concernant le véritable objectif de leur rapport, les responsables de la NCHR font état de «plusieurs journalistes maltraités à Cité Soleil par les partisans du pouvoir» pendant qu’ils couvraient une manifestation du « Groupe des 184 » le 12 juillet dernier, alors que lesdits responsables ignorent délibérément le nom de notre confrère Carlasse Alex qui avait été pourtant l’une des victimes de ces incidents. De plus, pourquoi la NCHR, qui prétend défendre les droits humains, n’a-t-elle pas daigné inclure dans son rapport les cas d’agressions perpétrées contre les journalistes Moger Phareau (Télé Timoun) et Exinord Robinson (TNH) par les partisans de l’«opposition», une ou deux fois par André Apaid lui-même, le chef du Groupe des 184 et animateur de la Caravane du «nouveau contrat social»? Pourquoi également avoir préféré taire les récents incidents enregistrés à l’hôtel El Rancho, lorsque le coordonnateur du « groupe des 184 », André Apaid, encore lui, avait expulsé les équipes de reportage de Télé Timoun et de TNH qui s’apprêtaient à couvrir une conférence donnée par ce regroupement.

Outre les cas précités, nous pourrions également dénoncer le mutisme de la NCHR sur le climat de terreur installé un peu partout dans le pays par le bras armé de l’«opposition», comme à Belladère (Pernal), au Cap-Haïtien et aux Gonaïves, ainsi que sur les torts causés au pays par l’application par un secteur de la Communauté internationale des sanctions économiques contre le pays. Et tant qu’à dénoncer des violations, pourquoi la NCHR ne se pencherait-elle pas sur les nombreux abus exercés par ses patrons de la «communauté internationale»? À toutes fins utiles nous pourrions lui rappeler la situation des présumés terroristes emprisonnés à la base militaire de Guantanamo et privés même du droit élémentaire de se faire défendre par des avocats, et le cas des cinq patriotes cubains qui croupissent injustement dans les geôles nord-américaines pour avoir infiltré des groupements terroristes basés à Miami qui planifient des attaques contre Cuba, cas sur lesquels la NCHR préfère garder un profil bas. A-t-elle tellement peur de se faire couper les vivres?

Tout compte fait, la National Coalition for the Haitian Rights se discrédite elle-même une fois de plus, non seulement en faisant usage de désinformation comme stratégie de lutte contre le pouvoir haïtien, mais également en se présentant clairement comme une succursale de l’«opposition» macouto-bourgeoise. Aurait-t-elle voulu prendre la relève de médias déjà trop discrédités auprès de l’opinion qu’elle n’aura fait que se discréditer davantage elle-même!