08 Octobre,  2003

October 08, 2003

08 Oktòb,  2003

Vol. 21 No. 30
Cap-Haïtien : Nouvelle provocation en échec
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Les sympathisants du Front de l’opposition du Nord (FRON) manifestants à travers les rues du Cap…

Après le cuisant échec de leur manifestation du 14 septembre suivie du fiasco de leur grève du 15 septembre et d’autres tentatives similaires de déstabilisation, les dirigeants du Front de l’opposition du Nord (FRON) et leurs acolytes de la capitale avaient choisi la date du 5 octobre pour lancer une nouvelle offensive. De leur côté, les organisations populaires proches du Parti Fanmi Lavalas affichaient leur volonté de tenir le flambeau de la mobilisation jusqu’au dimanche 18 novembre 2003, pour faire face aux actions subversives de ces individus.

Le parcours prévu par la manifestation du Fron partait de Carénage jusqu’à Bréda pour aboutir à la rue 5A, alors que ce trajet avait déjà été accordé aux manifestants Lavalas. Toutefois, après des pourparlers avec la direction régionale de la Police nationale, les parcours respectifs des deux manifestations furent modifiés.

Entre-temps, les appels à la violence et les propos diffamants en direction des responsables de l’Etat passaient en continu sur les ondes de Radio Maxima, dirigée par Jean-Robert Lalanne, leader du Fron. Des membres de cette organisation n’hésitaient même pas à manifester leur connivence avec les éléments armés qui semaient sur l’entrefaite la terreur aux Gonaïves sous la direction du repris de justice évadé Jean Pierre alias Jean Tatoune.

Cependant, au dernier moment, le Fron, prévoyant sans doute un nouvel échec, allait annoncer l’annulation de sa manifestation sous prétexte que les partisans du pouvoir se préparaient à faire un carnage. Mais cela ne voulait point dire qu’il s’abstiendrait de se livrer à de la provocation. En effet, quelques dizaines de ses membres se réunissaient le 5 octobre en question dès 10h du matin au Carénage. Ces derniers n’allaient point respecter le parcours qui avait été convenu avec la Police, et se préparaient à s’en prendre à la manifestation des partisans du régime Lavalas. Ces derniers pour leur part, au nombre de plus de deux mille, ont marché pacifiquement dans les rues du Cap-Haïtien pour signifier leur attachement au président de la République, en respectant toutes les consignes établies à cet effet par les autorités policières.

Par ailleurs, au cours d’une conférence de presse le 5 octobre à l’hôtel Brise de mer, le leader de la KID/Convergence, Evans Paul, qui avait fait le déplacement la veille pour participer au mouvement du Fron, a appuyé les actes provocateurs commis par ce petit groupe de brigands qui ont saboté le système de sécurité établi par la Police. Paul allait même jusqu’à se féliciter de cette tactique utilisée par les manifestants anti-Aristide, en la qualifiant de «mobilisation lago». Un membre du Fron, le pasteur Jackson Noël déclarait que la décision d’annuler la manifestation avait été motivée parce que la Police avait décidé de modifier le parcours négocié initialement, ajoutant effrontément: «En tant que leaders responsables, nous avons eu vent de certaines démarches du gouvernement visant à occasionner un carnage, pire que celui de Raboteau. Face à notre responsabilité devant la nation et devant le monde, nous avons décidé à l’unanimité de reporter cette marche.» Pourtant lui ou ses complices avaient bien chargé certains des leurs d’aller provoquer des troubles.

Intervenant lui aussi au cours de cette conférence de presse, Charles Elusca, un autre responsable du Fron, tout en invitant ses partisans à passer outre les consignes des autorités policières lorsqu’ils doivent désormais gagner les rues, annonçait deux journées de grève générale pour les lundi 6 et mardi 7 octobre dans les départements du Nord et du Nord-Est. Mot d’ordre qui a été une nouvelle fois boudé par la population de ces régions. En fait, à part certains établissements scolaires dont les élèves et directeurs avaient été intimidés par des menaces du Fron, ainsi que le grand commerce en partie, toutes les autres activités, y compris le transport en commun, fonctionnaient comme à l’accoutumée. C’est que la population du Nord n’est pas dupe et comprend fort heureusement ce que trament ces secteurs anti-changement qui souhaitent créer le chaos.

Plusieurs officiels du régime Lavalas, tels que le délégué départemental du Nord, Myrtho Julien, les députés Nawoum Marcellus, James Derosin, Théodore Saintilus, et le sénateur Harry Désir ont défilé au côté des manifestants pro-gouvernementaux pour dénoncer les secteurs réactionnaires qui déstabilisent le pays, et pour renouveler leur engagement d’œuvrer à la réalisation des prochaines élections. Dans son intervention, le docteur Myrtho Julien invitait l’«opposition» à prendre le chemin des urnes: «Fanmi Lavalas accompagne toujours la population dans ses revendications. Lorsque Lavalas manifeste, il le fait dans l’ordre et la discipline. S’ils veulent le pouvoir, ils doivent participer aux élections. Ils doivent pouvoir convaincre la population de lui offrir une alternative» a souligné le délégué départemental. Pour sa part, le sénateur Harry Désir a poursuivi en soutenant que «La démocratie constitue l’unique moyen pouvant nous conduire à un Etat de droit où les citoyens pourront librement choisir leurs dirigeants à travers des élections.»

Somme toute, au fur et à mesure qu’approche la date du 1er janvier 2004, les autorités Lavalas devront s’attendre à une intensification de la déstabilisation de la part de ces secteurs anti-changements qui, avec l’assistance de puissances étrangères, dont les représentants ont une nouvelle fois été remarqués au Cap-Haïtien ce dimanche 5 octobre, ne manqueront pas d’utiliser la violence et la provocation pour tenter de boycotter la célébration du bicentenaire de l’Indépendance.