Deux semaines après l’assassinat d’Amiot Métayer, suite auquel se sont poursuivis aux Gonaïves jusqu’au 2 octobre des troubles que des agitateurs ont orientés comme des manifestations anti-gouvernementales, ses funérailles ont été chantées le lundi 6 octobre, dans l’après-midi, dans un temple de la secte des Mormons dans cette ville. Un repris de justice du nom de Jean Pierre alias Jean Tatoune, qui avait collaboré avec les putschistes en septembre 1991 et qui a été condamné pour sa participation dans le massacre de Raboteau, est l’un des principaux meneurs de ces désordres.
Plusieurs centaines de personnes dont bien sûr les membres de la famille ont assisté à la cérémonie qui s’est déroulée normalement. Mais alors que le cortège se dirigeait au cimetière pour l’inhumation, des échauffourées ont éclaté entre la police et un groupe d’individus qui scandaient des propos hostiles au président Aristide que ces derniers voudraient rendre responsable de la mort de Métayer alias «Kiben». Ces voyous lançaient des pierres en direction des policiers qui ont su gérer la situation sans effusion de sang.
Mais à part l’action de ces provocateurs, l’inhumation a pu se dérouler de façon régulière. Certaines personnes qui accompagnaient la dépouille ont quand même annoncé qu’ils poursuivraient leur mouvement jusqu’au renversement des autorités constitutionnelles. Effectivement, en dépit de la déclaration du secrétaire d’Etat à la Communication, Mario Dupuy, indiquant que la police avait reçu des instructions formelles pour rétablir l’ordre et la sécurité aux Gonaïves («La police a également pour instruction, ajoutait-il, de traiter avec la plus grande fermeté le cas des hommes armés qui terrorisent la population»); ce mardi 7 octobre, la ville était de nouveau le théâtre de scènes de violences. Il est évident que les sicaires de «l`opposition» ne vont pas démordre et continueront à vouloir utiliser la confusion entourant la mort de Métayer pour manipuler certains secteurs. Ces derniers ne digèrent pas que les autorités en soient arrivées à obtenir des parents que le défunt soit finalement porté en terre, malgré le mot d’ordre des agitateurs qui déclaraient que Métayer ne serait pas enterré tant que le gouvernement n’aurait pas été renversé.