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 | | Le secrétaire général de l’Organisation des Etats américains (OEA), César Gaviria, avait prétendu le dimanche 5 octobre vouloir approcher les principaux protagonistes de la «crise». |
Alors que les autorités gouvernementales se montrent déterminées à maintenir le cap vers l’organisation d’élections législatives et locales avant la fin de cette année, afin de parer à un tout vide institutionnel, l’Organisation des Etats américains (OEA), à l’initiative de son secrétaire général, César Gaviria, a prétendu le dimanche 5 octobre vouloir approcher les principaux protagonistes de la «crise». Un communiqué de presse émanant du Bureau de l’OEA en Haïti, cette rencontre avait pour but la «création d’un conseil électoral provisoire crédible, neutre et indépendant, chargé d’organiser les élections législatives et locales aux termes d’un calendrier à être établi par ce CEP et «l’adoption de mesures visant à renforcer la sécurité… »
Néanmoins, cette réunion qui devait se tenir à la résidence de l’ambassadeur des Etats-Unis, James B. Foley, a été boycottée par les leaders de la Convergence Démocratique sous prétexte que cette initiative avait pour objectif d’isoler la mobilisation de l’«opposition» contre le président Aristide. «Chaque leader de la Convergence avait reçu une invitation spécifique pour cette rencontre. L’OEA n’a pas écrit globalement à la Convergence. Cependant, celle-ci s’est concertée pour gérer la question. Nous avons convenu qu’il n’était pas opportun pour les dirigeants de la Convergence de participer à cette rencontre et ceci pour plusieurs raisons. Principalement, nous pensons que c’était une manœuvre visant à isoler la mobilisation qui se fait aux Gonaïves et pour empêcher la tenue de la manifestation au Cap Haïtien», a prétexté Evans Paul. Son ex-comparse du PNDPH, Turneb Delpé lui emboîtait le pas et se démasquait totalement, en déclarant: «Le comité exécutif de la mobilisation de l’opposition pour l’opération visant à appuyer la résolution du 15 décembre 2002 dénonce les démarches entreprises par l’OEA et par les représentants de la Convergence, de l’initiative de la Société civile et le Groupe des 184 qui veulent rééditer l’accord du 6 mars 1999 qui avait contribué à plonger le pays davantage dans la crise. Nous lançons une mise en garde à ces secteurs pour qu’ils ne se fassent pas complices du pouvoir Lavalas ».
De son côté, le néo-duvaliériste Hubert De Ronceray du MDN, dans une correspondance adressée au secrétaire général de l’OEA, a lui aussi rejeté totalement l’idée de rencontrer le président de la République, arguant que celui-ci devait laisser de préférence le pouvoir.
Pourtant, l’aile bourgeoise de la Convergence Démocratique ont voulu se montrer plus sirupeux sur la question. En effet, l’Organisation du Peuple en Lutte (OPL) de Gérard Pierre-Charles faisait part le 29 septembre de sa volonté d’intégrer le processus électoral si, selon elle, les conditions étaient réunies à cet effet. Intervenant à l’occasion de la réouverture de ses locaux, son coordonnateur général Gérard Pierre-Charles a dit exiger l’établissement des conditions de sécurité suffisantes pour la bonne tenue de ces joutes. En fait Pierre-Charles ne dit rien d’autre que ce que disent ses deux acolytes cités plus haut, sauf qu’il le dit avec moins rageusement. Sans doute veut-il se faire paraître pour un «pacifique» dans l’espoir que le prix Nobel de la Paix pour lequel il s’est fait porté candidat lui sera décerné le 10 octobre prochain?
Par ailleurs, opinant sur cette rencontre manquée entre le pouvoir Lavalas, la Convergence et les secteurs de la «Société civile» sous les auspices de l’OEA, le secrétaire d’Etat à la Communication, Mario Dupuy, a fait savoir que le chef de l’Etat était prêt à y prendre part, et il a déclaré: «Le président de la République se montre toujours disponible quand il s’agit de trouver les moyens pour mettre fin à la souffrance de la population. Par conséquent, le peuple haïtien et la communauté internationale doivent prendre note de l’intransigeance de ces secteurs qui préfèrent la confrontation au dialogue.»
Toutefois, les responsables de l’OEA, face à «l`échec» de cette énième initiative de leur part, ont préféré se montrer plus que conciliants pour annoncer que la rencontre avait été reportée à une quinzaine de jours. Il y aurait tout lieu de croire que l’OEA et «l`opposition» s’étaient donné le mot! Car on imagine à peine que la Convergence qui est une créature de l’ambassade des États-Unis ne se soit pas précipitée cette fois-ci à une réunion qui devait se tenir sous le toit de cette légation. Quand l’OEA décide de reculer sa convocation de 15 autres jours, cela donne fortement l’impression qu’elle veut faire passer encore le temps pour empêcher la tenue des élections avant la fin de cette année.
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