24 Septembre,  2003

September 24, 2003

24 Septamn,  2003

Vol. 21 No. 28
Cap-Haïtien : Nouvelle provocation en échec
Votez! Cliquez ici pour signer le Rfrendum Populaire Anti-guerre! 
Cette grande marche historique du PPN prévue pour ce 30 septembre, comme celle de 27 mars 2003 (cicontre) arrive à point nommé pour le peuple haïtien qui, dans le contexte politique actuel marqué par les incertitudes et de sombres perspectives face à l’assaut des secteurs anti-changement.

Le dénouement des élections des 21 mai et 26 novembre 2000, qui ont consacré la large victoire du Parti Fanmi Lavalas, avait donné un coup de massue aux espoirs nourris par les classes dominantes de reprendre les rênes du pouvoir politique dont elles s’étaient accaparé depuis l’assassinat du fondateur Jean-Jacques Dessalines en octobre 1806, en excluant systématiquement les masses défavorisées de la vie politique.

Ne pouvant désormais plus compter sur les Forces armées d’Haïti pour les propulser au pouvoir, comme c’était le cas principalement lors du coup d’État du 30 septembre 1991 où les militaires putschistes avaient concocté le coup d’Etat sanglant pour renverser le régime constitutionnel du président Jean-Bertrand Aristide au profit de la bourgeoisie et des macoutes, ces secteurs réactionnaires orientent totalement leurs attentes vers la « Communauté Internationale », précisément vers Washington et l’Union européenne, pour les aider à parvenir à leurs fins. Cette «coopération» machiavélique devait déjà produire ses «fruits» avec la mise sur pied, à grand renfort de dollars, de l’alliance de l’«opposition» macouto-bourgeoise représentée par la Convergence Démocratique. Comme celle-ci continuait et continue à piétiner, vint le tour de la constitution du «Groupe des 184 organisations et institutions de la société civile», ainsi nommé, et financé directement par l’Union européenne à hauteur de 773 000 euros pour la période comprise entre décembre 2001 et décembre 2003.

En somme, l’objectif de ces groupes de mercenaires anti-nationaux, qui sont par ailleurs supportés par une frange importante de la presse locale à leur service, proclamée pourtant «presse indépendante», ne consiste qu’à créer des foyers de tension à travers le pays afin de destabiliser le pouvoir. Provocations et agressions sont en fait encouragées tout aussi bien par des secteurs de cette communauté internationale, pour tenter de pressurer davantage les autorités constitutionnelles afin qu’elles abdiquent au profit d’une «opposition» anti-populaire.

En fait, outre les tractations de toute sorte entretenues par Washington au sein de l’OEA pour contraindre certains pays de la Caricom et de l’Amérique latine à se conformer à sa politique agressive contre Haïti, il serait également intéressant de mentionner les déclarations faites récemment par l’ambassadeur français en Haïti, Yves Gaudeul, à l’occasion de la fin de son séjour dans le pays. Le diplomate français aura ainsi voulu donner à ses menaces un ton de devin, disant: «Je dirais que les tempêtes ne sont pas seulement sur les rivages atlantiques des Etats-Unis; elles peuvent aussi vous atteindre ... ça va souffler.» De tels propos mettent à nu tous les espoirs auxquels s’accrochent ces puissances impérialistes qui souhaitent voir la situation se détériorer davantage pour faciliter la mise en place de leurs valets locaux au pouvoir.

Cependant, à bien analyser la situation politique actuelle, on peut facilement s’apercevoir que ces événements s’apparentent à plusieurs égards, à ceux enregistrés à la veille du coup d’Etat sanglant de 1991 où les Etats-Unis, à travers leur ambassadeur en Haïti, Alvin P. Adams, annonçaient déjà la couleur avant même que le président de la République fût chassé du pouvoir. Dans la foulée, on ne saurait non plus faire fi des nombreuses mobilisations subversives de bas étage, dont à l’époque, l’opération «Vent de Tempête» conduite par le syndicaliste Jean Auguste Mesyeux, visant ouvertement à destabiliser le régime. Sans compter, en outre, les tergiversations entretenus au sein même du parti FNCD (Front national pour le changement et la démocratie) au sujet du Premier ministre René Préval. Tout cela servait opportunément à mettre de l’eau au moulin des classes dominantes pour patronner ce putsch qui allait causer des milliers de victimes dans la population.

Par contre, douze années après que les ennemis du changement eurent brutalement interrompu la marche du peuple haïtien vers son émancipation, le Parti populaire national (PPN) exprime à juste titre ses appréhensions face à une éventuelle répétition de l’histoire, en se basant notamment sur la grande détermination affichée par les secteurs traditionnellement hostiles aux masses défavorisées qui veulent à tout prix revenir au pouvoir. En ce sens, le secrétaire général du PPN, Benjamin Dupuy, intervenant dans le cadre d’une conférence de presse le 18 septembre dernier à Port-au-Prince, a annoncé l’organisation d’une grande manifestation de rue pour le 30 septembre, pour dénoncer ces «Conzés» de l’«opposition » et de la «Société civile». Cette manifestation, qui débutera à 10 heures du matin sur la Place d’Italie au Bicentenaire pour aboutir devant le Palais national, sera l’occasion, selon le dirigeant du PPN, pour la population de se souvenir des horreurs enregistrées à l’occasion du coup d’État du 30 septembre 1991 qui avait provoqué plus de 5000 morts, et rejeter définitivement cette alliance macouto-bourgeoise responsable de cette descente aux enfers dans laquelle s’enlise le pays depuis environ deux siècles.

«Ce 30 septembre, le peuple va faire entendre sa voix. Le PPN demande à la population de gagner les rues pour dénoncer l’alliance macouto-bourgeoise qui veut reprendre le pouvoir à travers le coup d’Etat. Pour dénoncer les pays étrangers qui supportent cette oligarchie qui veut tenir le peuple sous la table. Pour dénoncer la caravane de désespoir du Groupe des 184 de André Apaid. Pour dénoncer l’embargo que les Conzés croient qui va mettre le peuple à genou. Pour dénoncer le bras armé de la Convergence qui sème le deuil dans le Plateau Central. Pour dénoncer cette presse macouto-borgoise qui, travaillant à la solde des ambassades, utilise le mensonge; je veux notamment faire référence à la bande des quatre c’est-à-dire: Radio Métropole, Radio Kiskeya, Radio Caraïbes et Télé Haïti », a déclaré Benjamin Dupuy qui a renouvelé en cette occasion la volonté de son parti de prendre part aux prochaines élections. Tout en soutenant que les conditions de sécurité sont favorables à la réalisation de ces élections, contrairement à l’«opposition» qui ne veut point affronter le verdict populaire, le leader du PPN a informé que le comité central et le bureau politique du Parti se réuniront dans les prochains jours pour déterminer à quel niveau le PPN participera à ces consultations populaires.

Tout compte fait, cette grande marche historique du PPN prévue pour ce 30 septembre arrive à point nommé pour le peuple haïtien qui, dans le contexte politique actuel marqué par les incertitudes et de sombres perspectives face à l’assaut des secteurs anti-changement, saura saisir cette opportunité pour prouver au monde entier qu’à la veille de la célébration du bicentenaire de son indépendance, il peut encore se mobiliser pour faire valoir ses droits et sa souveraineté, conquis au prix du sang.