24 Septembre,  2003

September 24, 2003

24 Septamn,  2003

Vol. 21 No. 28
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OEA: David Lee souffle le chaud et le froid !
Le chef de la Mission spéciale de l’OEA en Haïti, David Lee, a prétendu que ces événements résultaient d’un effort concerté entre les autorités et les partisans de Fanmi Lavalas, et condamné du même coup la démarche des secteurs de l’opposition qui, disait-il, travaillent au renversement des autorités constitutionnelles.

A l’issue d’une nouvelle provocation réalisée au Cap-Haïtien lors d’un rassemblement organisé sous les auspices du «Front de l’opposition du Nord» (FRON) de Jean-Robert Lalanne le dimanche 14 septembre pour réclamer le départ des autorités constitutionnelles, quinze personnes faisant partie des organisations populaires proches du pouvoir, qui manifestaient parallèlement pour appuyer le président Aristide, ont été blessées, dont l’une devait décéder le lendemain à l’hôpital.

Bien avant ces manifestations, la Police nationale de concert avec les représentants de l’OEA avaient tenté d’éviter que se produisent des affrontements en essayant de convaincre, mais en vain, les dirigeants du FRON  de modifier leur parcours. Malgré tout le chef de la Mission spéciale de l’OEA en Haïti, David Lee, a prétendu que ces événements résultaient d’un effort concerté entre les autorités et les partisans de Fanmi Lavalas, et condamné du même coup la démarche des secteurs de l’opposition qui, disait-il, travaillent au renversement des autorités constitutionnelles.

Malgré tout, dans un rapport dressé par une délégation de l’OEA dépêchée sur les lieux, rendu public le 16 septembre, il est fait état d’une quinzaine de blessés pour lesquels David Lee a voulu rendre le pouvoir et la police responsables. A cet effet, Lee déclarait: «Certains membres et certains partisans de Fanmi Lavalas se sont concertés pour empêcher des groupes associés avec le FRON d’exercer librement et légitimement leurs droits à la liberté d’expression.»  Il a ajouté laissé que les agents de la PNH n’avaient pas su remplir leur tâche et n’avaient pas tenu compte des conseils et de l’assistance offerts par les techniciens de l’OEA. Quel genre d’assistance pouvaient offrir en l’occurrence les agents conseillers de l’OEA alors que le FRON et ses complices venus de la capitale voulaient à tout prix provoquer des affrontements?

Mais, toujours est-il que l’ambassadeur Lee a également mis l’accent sur la nécessité pour le gouvernement d’organiser les élections législatives dans un bref délai: «Il est urgent que tous les secteurs concernés dans la crise politique conjuguent leurs efforts pour rendre opérationnel le Conseil électoral de consensus pour la réalisation de ces prochaines joutes électorales.»

Ce à quoi le secrétaire d’Etat à la Communication, Mario Dupuy a rétorqué avoir mal compris ce rapport sur les événements enregistrés dans le Nord. Pour Dupuy en effet: «le rapport présenté par la Mission spéciale de l’OEA en Haïti a écarté grandement l’observation et le travail effectués par les techniciens de l’OEA qui se trouvaient au Cap-Haïtien. D’ailleurs, il est contraire aux principes régis par la Constitution et par la Convention interaméricaine des droits de l’Homme sur la liberté de toute organisation d’organiser des manifestations». Sur les reproches adressés à la PNH, Mario Dupuy déclare que les agents de cette institution avaient bien rempli leur rôle, en laissant le soin aux partisans des deux groupes antagoniques de manifester parallèlement. De son côté, le député de Grande-Rivière du Nord Nahoum Marcellus a jugé l’opposition responsable des violences pour tenter d’en imputer la faute aux partisans de Fanmi Lavalas. Il signale que les proches de Fanmi Lavalas resteront mobilisés jusqu’à la réalisation des prochaines élections législatives et s’oppose à toute manifestation dont le but est de faire de nouveaux cadavres dans la région.

Son collègue Rudy Hériveaux a abondé dans le même sens que le secrétaire d’Etat à la Communication, en dénonçant le caractère partisan et mensonger du rapport de l’OEA dressé dans l’objectif de plaire au secteur de «l’opposition» qui avait accusé l’OEA de travailler contre ses intérêts. Le 14 septembre dernier, la Convergence Démocratique, par le biais de l’un de ses porte-parole Evans Paul, avait critiqué l’OEA d’œuvrer dans le sens contraire des intérêts de l’opposition. Mais quant à ce rapport, Hubert De Ronceray, Evans Paul et Victor Benoît ont jugé corrects cette fois les propos tenus par David Lee et que ce dernier s’était finalement rendu à l’évidence que Fanmi Lavalas est le principal responsable des actes de violence enregistrés au Cap haïtien. Toutefois, Hubert De Ronceray déclarait attendre le dernier rapport du secrétaire général César Gaviria sur la question. Par ailleurs, Marcel Lucmane, un de leurs acolytes dans le Nord, a lui-même suggéré de verrouiller toutes les portes des écoles du pays en vue de renverser les autorités constitutionnelles.

On a donc nettement l’impression que le chef de la Mission spéciale de l’OEA David Lee est assis entre deux chaises, jouant sur l’ambiguïté, mais rejetant la culpabilité sur le régime Lavalas aux moments qui lui paraissent importants. D’un côté, l’ambassadeur Lee accuse les autorités d’être responsables de ces incidents et, de l’autre côté, il prétend condamner toute action visant à renverser le président Aristide du pouvoir.