17 Septembre,  2003

September 17, 2003

17 Septamn,  2003

Vol. 21 No. 27
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Amendements et Constitution:
Le PPN fait le point

Régulièrement, dès que le gouvernement prend une décision, soit pour régulariser une situation donnée ou la corriger, les ténors de l’«opposition» et leur presse font chorus pour la décrier et déclenchent une cabale stérile en soi, sans autre but évidemment que d’animer leur rageuse campagne de déstabilisation. Il en a été ainsi au sujet du projet d’amendements à la Constitution de 1987 adopté par les parlementaires de la 47e législature. Pourtant ces dispositions n’ont pour but que d’entériner dans la Charte un état de fait et de droit, soit dans le premier cas l’abolition de l’armée déjà dissoute depuis plus de huit ans par décret présidentiel; et dans l’autre la résolution de la question de la double nationalité agitée depuis plus d’une dizaine d’années et qu’il s’agit de trancher en fin de compte (voir notre édition précédente: «Qui a peur des amendements?» H.P. Vol. 21 No 26). Bien entendu les détracteurs ne se sont pas fait faute d’insinuer et de prêter des intentions au régime Lavalas et, en un mot de mettre en question toute la procédure d’amendement. On pourrait passer outre à ces manoeuvres, mais le sujet est d’importance car, comme l’on peut le voir dans nos pages centrales de cette semaine («ADM: Mensonges», pp. 10 et 11), la propagande mensongère peut causer des torts irréparables. Le Parti populaire national ne pouvait pas faire abstraction de la conjoncture dans laquelle s’inscrivent ces nouvelles menées de l’«opposition» à la solde de l’impérialisme, il lui revenait de clarifier davantage pour le peuple et remonter aux sources mêmes de l’élaboration de la Constitution.

Le mercredi 10 septembre, le Parti populaire national (PPN) donnait donc une conférence de presse à Port-au-Prince D’entrée de jeu, son secrétaire général Benjamin Dupuy apportait son soutien à la démarche des parlementaires, expliquant que la Charte fondamentale comportait bien des contradictions qui méritent d’être corrigées et d’aller même plus loin en y apportant des modifications en vue d’un plein épanouissement démocratique populaire. En ce sens, il a évoqué l’article 284.3 de la Constitution qui abolit le référendum alors que la Constitution elle-même avait été approuvée sur la base de ce principe. Ainsi, a-t-il fait observer, «à sa naissance, cette Constitution a aboli la souveraineté populaire». Et ce n’est pas par hasard qu’il en est de même, puisqu’à la base son élaboration avait été constituée par un compromis entre macoutes et bourgeois qui comptaient poursuivre le duvaliérisme sans Duvalier, sous l’oeil approbateur de leurs tuteurs étrangers, à l’exclusion du peuple. «Nous avons été l’une des organisations à soulever le problème de l’amendement de la Constitution de 1987. Il y a une certaine opposition préfabriquée qui s’agite en évoquant toute une série d’arguties juridiques pour montrer que ce projet d’amendements tel qu’il est présenté n’est pas conforme à la Constitution. Mais alors, cette dernière comporte-t-elle en outre son option zéro? Donc, cette charte fondamentale était réellement le fruit d’un compromis entre les deux secteurs qui sont responsables depuis deux cent ans de la situation dégradante du pays.» Dupuy a dans ce contexte rappelé que les membres de l’Assemblée constituante avaient pratiquement été désignés par la junte militaire des généraux Namphy et Régala pour représenter les classes dominantes: «Nous y (dans cette Assemblée) avons retrouvé une alliance macouto-bourgeoise représentée par des éléments tels que Jonassaint et Nérette qui allaient joyeusement se complaire dans le rôle de président fantôme durant la période du coup d’Etat de 1991», a-t-il souligné.

On ne peut non plus passer sous silence ceux qui servent de relais effectif et qui s’affichent comme les principaux propagateurs et manipulateurs des informations; le secrétaire général du PPN en a profité pour dénoncer et critiquer la presse réactionnaire locale, citant certaines stations comme Radio Métropole, Radio Vision 2000, Radio Kiskeya, Radio Caraïbes, Télé Haïti et autres. Les propriétaires de ces moyens de presse constituent généralement l’élite financière qui exploite depuis environ deux siècles le peuple haïtien, et est aux ordres des Etats-Unis. Ces médias réactionnaires en arrivent à se confondre avec les partis de l’«opposition», tant à travers leurs objectifs que par leur stratégie. Évoquant le contenu du discours prononcé par le chancelier de la République bolivarienne du Venezuela, Roy Chaderton Matos, à l’occasion de la 33e assemblée générale de l’OEA à Santiago du Chili en juin dernier, Dupuy a fait remarquer que la même situation peut également être observée au Venezuela où les grands médias de ce pays déploient tout leur arsenal pour tenter de renverser le gouvernement du président Hugo Chavez. «Ces médias ont usurpé au Venezuela les espaces abandonnés par les partis politiques traditionnels déplacés du pouvoir par la voie démocratique et, au nom de l’intérêt privé, on crée la nouvelle, on manipule et déforme l’information, et on obtient des appuis internationaux ingénus et pas si ingénus, pour concocter une réalité virtuelle qui occulte et censure la réalité réelle… Au Venezuela il existe une dictature médiatique ». disait en effet le diplomate vénézuélien (Voir Haïti-Progrès Vol 21 #25).

D’autre part, concernant les palabres déclenchées par les déclarations du sous-secrétaire d’Etat aux-Affaires hémisphériques des Etats-Unis, Roger Noriega, en marge de la date du 4 septembre dernier, que ses affidés voudraient considérer comme un ultimatum fixe au régime Lavalas, le secrétaire général du PPN a indiqué que le haut fonctionnaire de Washington avait plutôt exprimé des réserves quant à une action unilatérale de son pays visant à sanctionner le gouvernement Lavalas («Nous allons mesurer si oui ou non le gouvernement haïtien a la volonté politique de faire des petits pas importants dans les semaines à venir, pas des mois... Nous ne voulons pas prendre des mesures unilatérales» avait dit Noriega. Voir notre précédente édition, p. 6). Évidemment il est hors de question pour ces médias stipendiés de questionner le droit de Noriega à décider de ce qui doit se faire en Haïti, car bien au contraire ils se dépêchent de boire ses paroles pour les déverser en un flot sans même vouloir prendre le temps de les digérer.

Toutefois, les réserves, bien qu’inévitablement arrogantes, exprimées par Roger Noriega ne sont point dépourvues d’arrière-pensées; et le secrétaire général du PPN n’a point manqué de le faire observer, et dénonçant l’hypocrisie de ces déclarations, il a rappelé que les Etats-Unis n’avaient pourtant pas obtenu l’aval de l’Organisation des Nations unies (ONU) lorsqu’ils allaient envahir l’Irak en mars dernier. En ce sens, la démarche du sous-secrétaire d’État est dans la même ligne que celle que faisait précédemment, le 9 juin, son supérieur hiérarchique Colin Powell, afin de donner des munitions à une «opposition» à leur écoute et service et d’alimenter la sédition sous une forme ou sous une autre.