27 Août,  2003

August 27, 2003

27 Out,   2003

Vol. 21 No. 24
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Pierre Espérance, un des dirigeants de la (National Coalition for Haitian Rights) (NCHR) , il est évident que la NCHR ne peut-être neutre à travers ces actions puisqu’elle est au service des ennemis séculaires du peuple haïtien.

Dans un rapport publié le mardi 19 août, la (National Coalition for Haitian Rights) (NCHR) a fait état de l’existence de prétendus corps d’attachés, fonctionnant au sein de certains commissariats du pays, qui entreprennent, en toute impunité, des activités malhonnêtes sous la protection de policiers. Le rapport de la NCHR cite notamment les commissariats de Delmas 33, de Carrefour, de Cité Soleil, de Port-au-Prince, de Pétion-Ville, des Gonaïves, du Cap-Haïtien, de Trou-du-Nord et de Hinche où des civils armés opéreraient pour le compte de la Police à travers «une unité spéciale dénommée Brigade Spéciale (BS) et circulant avec maillot noir portant au dos et en jaune l’inscription BS». Toujours selon ce soi-disant organisme de défense des droits humains, ce «phénomène» aurait ressurgi depuis «le lancement le 28 juin 2001 de l’opération zéro tolérance».

Cependant, ce qui parait pour le moins bizarre a priori dans la présentation de ce rapport, qui intervient fort étrangement après que l’agent II Jean Panel Charles, affecté au commissariat de Delmas 33, eut prétendu avoir déserté son poste pour ne pas cautionner les exactions qu’auraient commises certains civils armés (attachés) opérant au sein dudit commissariat, c’est le fait qu’il tente d’emblée, dès son entrée en matière, de lier «le phénomène des attachés», qui serait à la disposition du pouvoir Lavalas pour pérenniser le régime, avec le corps des Volontaires de la Sécurité Nationale (VSN) institué sous la dictature des Duvalier pour réprimer ses opposants. «Après la chute de la dynastie des Duvalier, en février 1986, le corps des Volontaires de la Sécurité Nationale a été officiellement dissout … D’aucuns pensaient qu’on allait plus revivre, sous quelque forme que ce soit, cette forme d’organisation de l’Etat, cette manière de gouverner avec l’appui des bandes armées… Le retour à l’ordre constitutionnel symbolisait l’espoir, on promettait au peuple haïtien : «sekirite gratis ti cheri, de l’ordre et la fermeture du robinet de sang». Pourtant le sang n’a jamais cessé de couler, l’insécurité règne en maître et est même entretenue à dessein. Depuis quelque temps on assiste au retour en force du phénomène attaché avec le spectre grimaçant de tout ce qui le caractérise», lit-on dans ce document produit par la NCHR. Toutefois, quelle peut-être donc l’économie d’une telle approche, sinon le prolongement de cette campagne de désinformation entretenue par une certaine presse pour provoquer une situation chaotique dans le pays au profit des tuteurs internationaux des conzés haïtiens.

D’autre part, pour tenter de corroborer ses «déclarations», pour qualifier le contenu du rapport de la NCHR, cette dernière a inséré dans son document la copie d’une carte d’identification qui aurait été délivrée par le commissaire de Police de Delmas, Emmanuel Mompremier, à un présumé attaché du nom de Fabe Fénol. Pourtant, le titre attribué à ce dernier au dos de cette carte n’est autre que celui d’un «Informateur de Police». Par conséquent, comment la NCHR peut-elle dans ce cas-ci, parler d’attaché ? A moins que cette organisation «de défense des droits humains», travaillant à la solde de l’impérialisme comme on le verra plus loin, ne reconnaisse pas le droit à la Police Nationale de recruter des informateurs comme partout dans le monde entier. Le cas du FBI aux Etats-Unis est un exemple éloquent, dans la mesure où régulièrement ses agents infiltrent des gangs et des groupes «extrémistes» afin de pouvoir les démanteler. Pourquoi la PNH ne pourrait-elle pas également utiliser ces procédés pour combattre le phénomène du banditisme qui tend à devenir une arme politique dans le pays ? Par ailleurs, des photos de quelques individus et certains noms assimilés à de présumés attachés sont également publiés dans ledit rapport. Mais, rien ne prouve effectivement l’appartenance de ces gens à des groupes armés qui commettraient des actes répréhensibles au profit de la Police. Pourtant, ce qui devait être le comble d’incohérence et d’intéressement dans ce rapport fabriqué sur mesure, c’est le fait de présenter une demie douzaine de civils lourdement armés sans toutefois établir leurs liens avec le problème d’attachés mis en avant par la NCHR. Cette dernière, pour toute justification, n’a fait que prétendre que ces civils armés auraient accompagné le dirigeant del’organisation Jeunesse Pouvoir Populaire (JPP) René Civil à la Vallée de Jacmel, à l’occasion du baptême d’un neveu.

A cette accusation, le principal concerné a vite réagi en affirmant ne pas connaître les individus montrés dans les photos. Par ailleurs, les responsables du NCHR devraient pouvoir être en mesure de fournir des explications aux autorités compétentes sur la provenance de ces photos. Car, les personnes figurées sur celles-ci ont pratiquement accepté de se faire photographier. D’aucuns pensent en outre que les armes utilisées pour ces séances de photo sont identiques. Ce qui pousse davantage à penser qu’il s’agirait d’un véritable montage. Cependant, au cas où ces photos seraient le fruit d’une infiltration de la NCHR dans les opérations de la PNH, les prétendus informateurs concernés ne pourraient plus jouer leur rôle, dans la mesure où l’on sait que ce genre d’activités requière beaucoup de discrétion. Dans cette logique, ces «défenseurs de droits humains» ne pourraient être considérés autrement que comme des éléments d’une 5ème colonne, sur lesquels l’Inspection générale de la PNH devrait enquêter pour découvrir s’il n’y a pas parmi eux des agents de la CIA (Central Intelligence Agency). Une telle éventualité ne saurait être totalement écartée, lorsqu’on sait que les cadres de nos forces de police nationale ont été formés principalement par des instructeurs des Etats-Unis par le biais de l’ICITAP.

Toutefois, toutes ces considérations ne sont guère destinées à blanchir l’institution policière. Il y existe certes des policiers qui outrepassent leurs devoirs pour commettre des actes répréhensibles contre la population. A travers nos colonnes, nous condamnons toujours les agissements de ces mauvais éléments et réclamons leurs exclusions de la PNH. Cependant, vouloir stigmatiser la police comme le fait la NCHR à travers un rapport suspect, participe plutôt d’un plan impérial visant à déstabiliser le pays. Dans un tel contexte, les autorités policières doivent se résoudre à faire le remue ménage au sein de l’institution et expliquer clairement à la population ce qui s’y passe réellement.

Pour revenir à ce «fameux rapport», il n’est pas sans utilité de mentionner le fait par la NCHR de présenter le cas de la militante politique de l’«opposition», Mme Judie C. Roy, incarcérée au commissariat de Pétion-ville, comme une victime d’actes présumés de répression policière, alors que l’«organisme de défense des droits humains» se tait littéralement sur les armes lourdes et les maillots à l’inscription «Force de Protection Citoyenne» (FPC) retrouvés chez Mme Roy. Tout ceci, ajouté au fait que la NCHR a toujours gardé un profil bas en ce qui a trait aux nombreux actes de violences enregistrés dans le Plateau Central, prouve que cette organisation préfèrerait supporter les agissements subversifs de l’«opposition» qui tente désespérément de reconquérir le pouvoir.

A ce propos, il est pertinent de souligner la nature et les sources de financement de la Coalition Nationale pour les droits Haïtiens afin qu’on puisse avoir une idée plus juste de sa bataille sur le terrain. En effet, au départ, dans les années 80, cette organisation s’appelait «National Coalition for Haitians Refugees» Coalition Nationale des Réfugiés Haïtiens. Avec à sa tête dans un premier temps feu l’avocat nord-américain Michael Hooper, puis le nord- américain d’origine haïtienne, Jocelyn Mc Calla, la NCHR avait fait sa renommée à travers son implication dans le dossier des réfugiés. Quelques années plus tard, elle allait inaugurer une succursale en Haïti. C’est à ce moment là qu’elle était devenue « National Coalition for Haïtian Rights», visant présumément à prendre la défense des droits humains. Toutefois, il faut souligner que la NCHR est financée et orientée dans ses stratégies par l’organisation internationale «Human Rights Watch» qui, à l’époque du coup d’Etat sanglant du 30 septembre 1991, feignait de condamner ces événements tout en fustigeant d’un autre côté le président Jean Bertrand Aristide.

En effet, «Human Rights Watch» est pour sa part financé par le puissant homme d’affaires nord-américain Georges Soros. Ce dernier est connu pour ces positions farouches en faveur de la globalisation et du nouvel ordre mondial. M. Soros avait accumulé plus de 7 billions de dollars dans la spéculation pour financer des fondations à travers l’Europe de l’Est et l’ancienne Union soviétique pour promouvoir la privatisation et la politique néo-libérale. Il était également à la base des tractations qui ont débouché sur le démantèlement de l’ex-yougoslavie. (Weekly News update on the americas issue #262, February 5, 1995).Il serait également pertinent de mentionner les noms des réactionnaires nord-américains qui composent le comité directeur de «Human Rights Watch», qui sont : Morton Abramowitz, l’ancien secrétaire d’Etat adjoint à l’intelligence et à la recherche de 1985 à 1989, l’ex-ambassadeur Warren Zimmerman, Paul Goble, directeur de la communication «at the CIA- created Radio Free Europe / Radio Liberty, Zbigniew Brzezinski et Richard Allen, anciens conseiller de la Sécurité Nationale et le Général Wesley Clark. Le vice-président du comité est l’ancien parlementaire Stephen Solarz, connu comme l’un des chefs des tractations au parlement dans le dossier d’Israël.

A la lumière de ces données, il est évident que la NCHR ne peut-être neutre à travers ces actions puisqu’elle est au service des ennemis séculaires du peuple haïtien. Elle ne représente donc qu’un pion dans la stratégie globale et internationale visant à déstabiliser le pays et créer le chaos afin de faciliter une éventuelle intervention étrangère.