27 Août,  2003

August 27, 2003

27 Out,   2003

Vol. 21 No. 24
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Elections : nouvelle tactique de l’OEA !
13 août 2003, une rencontre à la primature sur la préparation des nouvelles élections

Comme annoncé, l’envoyé spécial désigné par le Secrétaire Général de l’Organisation des Etats Américains (OEA), César Gaviria, dans la «crise» haïtienne est arrivé à Port-au-Prince le vendredi 22 août 2003. Selon les responsables de l’Organisation hémisphérique, la mission du diplomate nord-américain, Terence Todman, entrerait dans le cadre de la Résolution 1959 adoptée en juin dernier à Santiago de Chili, et consisterait à «explorer les moyens de promouvoir un dialogue accru entre le gouvernement d’Haïti, la Société civile et la Convergence démocratique» dans la perspective de la mise sur pied du Conseil Electoral Provisoire (CEP) consensuel prévu par la résolution 822.

Dès l’annonce de l’arrivée de cet émissaire de l’OEA, chargé en principe de créer un climat de confiance à la veille de la tenue des prochaines élections dans le pays, les avis étaient déjà partagés entre les différents protagonistes de la scène politique sur la pertinence de cette soudaine mission confiée à Todman. Selon le coordonnateur national ai du parti Fanmi Lavalas, Jonas Petit, cette décision de l’OEA peut constituer un pas positif dans la mesure où elle contribue à faire avancer le processus de la formation du CEP consensuel. «La désignation de ce nouvel émissaire a été faite pour encourager et pour motiver la mise en application de la résolution 822, en particulier la mise en place du CEP de consensus issu de l’accord initial discuté entre Fanmi Lavalas et la Convergence sous l’égide de l’OEA. Fanmi Lavalas pense que c’est une bonne chose, si effectivement l’OEA peut prendre la décision d’accélérer le processus de mise en place du CEP de consensus qui pourrait permettre au pays d’Haïti de faire face à un vide institutionnel», a-t-il fait savoir.

Alors que la Convergence «démocratique», par la voix d’un de ses porte-paroles et dirigeant de la mal nommée Organisation du Peuple en Lutte (OPL), se montre plutôt prudente par rapport à l’agenda de l’émissaire Todman, craignant peut-être de ne pas pouvoir compter sur ce dernier pour peaufiner son option zéro, à travers notamment le renversement des autorités constitutionnelles. «Si l’Organisation des Etats Américains estime nécessaire aujourd’hui d’envoyer un représentant spécial pour évaluer la situation, nous le disons bienvenue et bon travail. Si l’émissaire se propose de nous demander d’engager un dialogue avec le gouvernement de facto, nous allons nous trouver dans la situation pénible de lui dire attention, vous avez déjà voté deux résolutions, la 806 et la 822 dans lesquelles le gouvernement s’est engagé à faire un certain nombre de choses et il ne les a pas respectées», s’est plaint Denis.

Toutefois, le passé réactionnaire de ce diplomate de carrière devait augurer plutôt un traitement de faveur à l’endroit des apatrides de l’«opposition» et de la «société civile», qui n’ont recours qu’à la subversion pour parvenir à leurs fins politiques. En effet, outre le rôle qu’il avait joué dans les années 70 aux côtés de l’ex-ambassadeur des Etats-Unis à l’Organisation des Nations Unies (ONU) sous la présidence de Jimmy Carter, Andrew Young, dans la défense des régimes dictatoriaux de l’Amérique Latine dont celui des Duvalier, Terence Todman a accompagné récemment ce même Jimmy Carter lorsque celui-ci devait s’immiscer dans la «crise» vénézuélienne pour tenter de pressurer le président Hugo Chavez au profit de l’«opposition» pré-fabriquée de ce pays. De plus, le fait par le secrétaire général de l’OEA de déléguer un citoyen nord-américain pour évaluer la situation haïtienne à l’approche de la dâte du 4 septembre prochain devrait aussi réconforter cette «opposition» fantôme, compte tenu du fait que les Etats-Unis, aidés par leurs «sbires» de l’Union Européenne, ont pratiquement mis le paquet pour supporter les envolées déstabilisatrices de l’opposition.

En dépit de tout, la mission de Terence Todman aura véritablement débuté ce lundi 25 août en rencontrant tour à tour le président de la République, Jean Bertrand Aristide, les membres de la Convergence «démocratique» et des secteurs de la «société civile». En marge de son entretien avec le chef de l’Etat au Palais National, l’ambassadeur Todman a réitéré son «engagement» dans la poursuite d’un dialogue entre les acteurs afin, dit-il, d’arriver à des élections «libres et honnêtes» en Haïti. «Je suis ici, soutient Todman, pour avoir un dialogue ouvert entre tous les secteurs dans l’intérêt du peuple haïtien. Nous continuerons à travailler avec tous les secteurs de la société afin d’assurer des élections libres et honnêtes dans le respect de la résolution 822», a martelé Todman, qui en a profité pour faire part de son intention de revenir au pays après la prochaine tenue de l’assemblée générale de l’OEA. De son côté, le président Aristide, tout en mettant l’emphase sur le respect de la Charte fondamentale, a exprimé une nouvelle fois la volonté du gouvernement de tenir les élections avant même la fin de cette année. «Par le dialogue et par la mise en œuvre de la résolution 822, à la lumière de notre Constitution, nous allons dynamiser le dialogue pour marcher ensemble vers la tenue d’élections libres, honnêtes et démocratiques», a lancé le président Aristide, qui avait déjà réitéré cet appel à l’occasion de son passage à Léogane le samedi 23 août où il participait à la célébration de la Ste Rose de Lima.

Pour sa part, après s’être entretenu avec l’envoyé spécial de l’OEA, l’un des porte-paroles de la Convergence, Paul Denis, a indiqué que sa clique politique a fait un exposé de la situation à l’ambassadeur Todman en lui expliquant notamment leur attachement à l’application de la Résolution 822 qui constitue depuis quelques mois l’unique cheval de bataille de ces conzés qui ont de la peine à dissimuler leurs options jusqu’auboutistes. «Nous nous sommes parlés. Je lui (Todman) souhaite de réussir sa mission. Mais tout le problème reste à savoir ce qu’il veut obtenir. De notre côté, nous lui avons dit que nous sommes des gens ouverts et des démocrates. Nous attendons à ce que l’OEA nous accompagne dans la recherche d’une solution qui garantisse l’avenir démocratique de ce pays», a laissé entendre Denis, qui déclare en outre que l’émissaire de l’OEA leur aurait promis de présenter un rapport équilibré à l’issue de sa mission. En dépit de cette «assurance», les laquais de l’«opposition» semblent cependant éprouver des appréhensions, dans la mesure où ils savent pertinemment que les pays de la Caricom et certains autres de l’Amérique Latine ne plieront guère l’échine face à la furie de l’impérialisme des Etats-Unis.

Tout compte fait, les autorités Lavalas doivent se rendre compte que le temps presse et qu’elles doivent coûte que coûte organiser ces joutes. Ce qui ne permettra plus à quiconque de douter de notre souveraineté nationale à la veille du Bicentenaire de notre Indépendance.