Dans le cadre de leur politique d’agression contre la République de Cuba, les Etats-Unis d’Amérique ont injustement condamné en 2001 cinq patriotes cubains à des peines allant jusqu’à la prison à vie. Arrêtés le 12 septembre 1998 parce qu’ils avaient infiltré les groupes terroristes anticastristes qui, à partir du territoire des États-Unis, organisent des attentats contre Cuba, Gerardo Hernandez Nordelo, Antonio Guerero Rodriguez, Ramón Labañino Salazar, Fernando Gonzalez Llort et René Gonzalez Sechwert sont isolés l’un de l’autre et éparpillés dans des centres pénitentiaires au Texas, au Colorado, en Californie, en Pennsylvanie et au Wisconsin, loin de leurs familles, uniquement pour avoir voulu défendre l’intégrité de leur patrie et parer aux incursions de la mafia cubano-américaine de Miami qui agit en toute impunité sous la protection des autorités des Etats-Unis.
Face à la violation flagrante des droits de ces cinq héros cubains, un vaste mouvement mondial de solidarité a été mis en branle pour contraindre l’administration nord-américaine à revenir sur sa décision. Dans cette perspective, un comité d’initiative haïtien, composé notamment de Ben Dupuy, Frantz Dupuche, Lionel Vieux, Anselme Rémy, Floriant Canès et Jessy Manigat Chancy, avait été mis sur pied. Dans une conférence de presse le 15 novembre 2002, le comité avait invité le peuple haïtien à joindre ce mouvement afin de témoigner leur solidarité au peuple cubain. Dans une déclaration de principe publiée à cette occasion, le «Comité d’initiative haïtien pour la libération des cinq héros cubains» faisait remarquer que «le gouvernement des Etats-Unis veut refuser au gouvernement cubain ce qu’il réclame à hauts cris pour lui-même, c’est-à-dire le droit d’infiltrer et de détruire les organisations terroristes qui menacent son peuple, son territoire et ses intérêts.»
En effet, au cours du déroulement du procès de ces patriotes, qui s’est déroulé du 27 novembre 2000 au 27 décembre 2001, les autorités judicaires nord-américaines avaient accusé ces derniers d’avoir menacé la sécurité intérieure des Etats-Unis alors que même les témoignages de certains hauts fonctionnaires de ce pays contredisaient complètement cela et prouvaient nettement le contraire. «Au cours de ce long procès, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas pu fournir les preuves de sa thèse qui veut que les cinq patriotes cubains aient porté atteinte à la sécurité de son peuple et de ses intérêts ou qu’ils se soient engagés dans des activités d’espionnage. Des témoins hautement qualifiés ont déclaré sous la foi du serment que la sécurité des Etats-Unis n’a jamais été affectée par l’action de ces patriotes cubains, comme en faisaient état le général Charles Wilhelm, ancien responsable adjoint des services de renseignements de l’armée des Etats-Unis, l’amiral Eugène Caroll, le colonel Georges Bruckner et particulièrement le général James Clapper, ancien directeur de Defense Intelligence Agency (DIA)...» disait bien ce document présenté par le Comité d’initiative haïtien: «Le gouvernement des Etats-Unis a organisé un procès politique pour plaire à la réaction cubano-américaine de Miami et satisfaire les sentiments revanchards de celle-ci... Ces jeunes Cubains croupissent dans les prisons pour avoir voulu défendre l’intégrité de leur nation face aux actions terroristes de ses ennemis. Nous autres Haïtiens, nous nous sentons profondément affligés par le sort injuste qui leur est fait. Il s’agit pour nous d’intégrer ce vaste mouvement international de solidarité en vue de rectifier cette horrible injustice et de les retourner à leurs familles. Nous convions tous les citoyens haïtiens de toutes tendances à se joindre à nous pour aider ces cinq héros du peuple frère de Cuba avec qui nous sommes liés par des liens historiques indissolubles.»
Près de dix mois après cette présentation du Comité d’initiative haïtien, la situation demeure inchangée et les patriotes cubains continuent de purger les peines injustes imposées par l’appareil politico-judiciaire nord-américain dans les centres carcéraux les plus sordides des Etats-Unis. À ce sujet, les membres du Comité ont organisé une autre conférence de presse le vendredi 1er août au local du Centre Pont à Port-au-Prince pour maintenir la mobilisation en faveur de l’élargissement de ces cinq héros, mettant en relief la violation systématique des droits de ces derniers par les Etats-Unis qui, pourtant, s’autoproclament leader mondial de la lutte contre le terrorisme et pour le respect des droits humains. Au cours de cette présentation, que les médias dits indépendants de la capitale ont voulu pratiquement boycotter, le coordonnateur du «Comité d’initiative haïtien pour la libération des cinq héros cubains», Frantz Dupuche, a une nouvelle fois dénoncé les circonstances dans lesquelles ces derniers ont été placés en détention, et la détérioration de leurs conditions d’incarcération. Frantz Dupuche expliquait: «Aujourd’hui, la situation a empiré. Il y a deux des héros cubains qui sont dans des situations terribles. Il s’agit de René Gonzalez et Gerardo Hernandez Nordelo. Nous disons cela parce que les autorités des Etats-Unis s’en prennent désormais à leurs familles. En effet, le FBI (Federal Bureau of Investigation - Police fédérale des Etats-Unis) a exercé des pressions contre les épouses de ces deux détenus alors qu’elles ne souhaiteraient que visiter leurs époux. » Dupuche a saisi l’occasion pour critiquer sévèrement la politique de répression exercée par les Etats-Unis dans le monde: «Aujourd’hui, les Etats-Unis constituent la seule super-puissance de la terre et ils entendent agir à leur guise. Ils oeuvrent afin de mondialiser leur politique de terreur et de misère contre les petits pays alors qu’ils se présentent comme leur protecteur. Face à cette situation, tous les peuples du tiers-monde doivent lutter de leur côté pour une mondialisation de la solidarité. C’est dans le cadre de cette bataille que le Comité haïtien pour la libération des cinq Héros cubains demande au peuple haïtien de participer avec lui dans cette lutte pour un meilleur lendemain.»
En effet, sans une mobilisation constante, les Etats-Unis auront toute latitude pour poursuivre leur politique d’agression contre les petits pays, notamment la République de Cuba et Haïti, en utilisant à cette fin tous les moyens possibles. En ce sens, le fait par les médias réactionnaires de la capitale de bouder la conférence de presse du Comité d’initiative haïtien ce 1er août constitue un exemple assez éloquent de leur assujettissement, et en conséquence on ne peut s’attendre à aucun appui de ce côté; le peuple haïtien doit donc s’engager résolument dans le cadre du dossier de ces cinq héros cubains incarcérés injustement aux Etats-Unis, à apporter sa solidarité au peuple cubain, avec qui d’ailleurs nous entretenons une véritable coopération dans plusieurs domaines et qui nous offre pour la première fois de notre histoire une aide altruiste et désintéressée.