Depuis l'accession de George W. Bush au pouvoir aux Etats-Unis, à grand renfort de fraudes électorales, l'agression contre la République de Cuba, qui dure depuis plus de quarante ans, a monté de plusieurs crans. De détournements d'avions et d'embarcations en passant par des provocations directes orchestrées par la Section des intérêts des Etats-Unis à la Havane dirigée par James Cason, tous les moyens sont utilisés contre ce pays de la Caraïbe dont l'«unique péché» aux yeux de l'impérialisme est d'avoir emprunté la voie du socialisme et de la souveraineté nationale.
Toutefois, pour faire face à ces menaces contre les acquis de la Révolution de 1959, le gouvernement cubain a récemment adopté toute une série de mesures contre des éléments subversifs agissant à la solde de Washington. Plus d'une soixantaine de comploteurs, dont l'implication dans des actions subversives a été prouvée devant les tribunaux, ont été jetés en prison. «Si cette politique d'hostilité visant à encourager le terrorisme à travers des actes de sabotage, dont des détournements de navire, résultat de la loi d'ajustement contre Cuba, ne persistait pas, nous n'aurions pas eu à appliquer des mesures aussi drastiques» faisait justement remarquer l'ambassadeur cubain en Haïti Rolando Gomez Gonzalez au cours d'une conférence de presse à Port-au-Prince le 17 avril dernier, où il dénonçait les récents actes d'intimidation des Etats-Unis contre son pays.
Par ailleurs, voulant renforcer l'action des Etats-Unis dans leur lutte visant à boycotter le régime cubain, l'organisation Reporters sans frontières (RSF) dirigée par le réactionnaire Robert Ménard prenait à partie de son côté la Mission diplomatique cubaine à Paris, en France, le 24 avril suivant, sous prétexte d'apporter sa solidarité à de soi-disant journalistes incarcérés à Cuba alors qu'en réalité il n'y avait que trois seulement de ces individus auraient pu à la limite et uniquement par leurs qualifications académiques se prévaloir de ce titre. Robert Ménard accompagné d'autres individus de son acabit avait déjà quelques jours auparavant également exercé des violences contre l'Office du tourisme cubain à Paris aussi. Au total, Robert Ménard et sa bande auront effectué ainsi au moins neuf actions de sabotage contre des installations cubaines à Paris. Et il semble qu'il aura fait école.
En effet, ne voilà-t-il pas que l'une de ses succursales, l'Association des journalistes haïtiens (AJH), en dépit de son manque apparent d'informations sur le sujet, n'a pas mis de temps pour entrer dans la danse, pour elle aussi se mettre à la remorque de «Reporters sans frontières» et reprendre les accusations de l'impérialisme accusant injustement le gouvernement cubain de garder en prison une vingtaine de journalistes «en raison de leurs convictions politiques et idéologiques». «Les opinions politiques et les positions critiques de journalistes ne peuvent en aucun cas constituer un crime au regard du droit international et des principes universels relatifs aux droits et libertés de l'être humain. Personne ne doit fermer les yeux sur les graves violations des droits humains et sur l'absence totale de liberté de la presse et d'expression à Cuba » ânonnait le secrétaire général de l'AJH Guyler C. Delva Joseph, répétant de fait, machinalement, les thèses généralement évoquées par l'administration nord-américaine pour tenter de justifier ses attaques incessantes contre Cuba.
Cependant, réagissant à ces propos du responsable de l'AJH, le secrétaire général du Parti Populaire National (PPN) Benjamin Dupuy a invité ce dernier à se pencher plutôt sur les différentes violations des droits humains perpétrées par les Etats-Unis à travers le monde au lieu d'intervenir dans un dossier qu'il ne connaît pas, et qu'il ne fait qu'alimenter la campagne de propagande entretenue contre les autorités cubaines. «Il y a une association portant le nom de «Association des journalistes haïtiens» (AJH) qui, soi-disant, est censé défendre les journalistes. En fait, cette association est une succursale de «Reporters sans frontières» dirigée par un certain Robert Ménard qui confond notre époque avec celle de 1789. Cet individu, pour sa part, fait le travail du Département d'Etat. L'AJH prétend qu'à Cuba on arrête des journalistes. Il nous semble que cette association n'est pas bien informée de ce qui se passe dans ce pays. Des gens qui travaillent pour déstabiliser le gouvernement cubain, et qui reçoivent de l'argent du gouvernement nord-américain à travers l'USAID pour renverser le régime révolutionnaire ont été arrêtés comme comploteurs. Parmi ces éléments subversifs, seulement trois d'entre eux peuvent être qualifiés de journalistes. Donc, l'AJH reprend à son compte cette même campagne de propagande contre Cuba. Pourquoi l'AJH ne s'intéresse-t-elle pas aux plus de 2000 personnes arrachées en Afghanistan, par les Etats-Unis et jetées en prison à Guantanamo, sans qu'elles ne soient assistées par leurs avocats. Ces personnes qui ne peuvent voir leur famille et qui vivent dans des conditions horribles, sous la torture, l'AJH n'a fait aucun scandale avec cette affaire. Pourquoi l'AJH ne parle pas des deux millions de personnes, qui croupissent dans les prisons des Etats-Unis, sans parler de ceux qui sont dans le couloir de la mort et qui sont, à 90%, des Africains-américains? Les Etats-Unis violent les lois internationales afin de faire main basse sur le pétrole Irakien. Ces organisations, comme l'AJH, qui sont subventionnées pour faire cette propagande, aux dépens de Cuba, perdent toute crédibilité. Cela fait plus de 40 ans que les Etats-Unis cherchent à renverser le gouvernement cubain, là encore, en violation de la charte des Nations unies et de toutes les lois internationales.»
Parallèlement, on apprend que le mardi 20 mai dernier, à la requête du gouvernement cubain, le Comité des organisations non gouvernementales, organe de l'ECOSOC, chargé de la supervision des travaux des ONG ayant des relations de consultation dans les domaines économique et social aux Nations unies, a décidé de recommander à l'ECOSOC de suspendre pour une période d'une année l'organisation Reporters sans frontières. Cette décision a été prise à l'encontre de RSF suite à ses récentes provocations contre les représentations officielles cubaines à Paris et a été adoptée par 9 voix contre six et quatre abstentions.