23 Avril,  2002

April 23, 2002

23 Avril,   2002

Vol. 21 No. 07
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Université: Qui veut le chaos?
Le ministre français des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, avec toute l'arrogance qui caractérise l'impérialisme, s'est plutôt mis à critiquer le mode de gestion du gouvernement Lavalas pour tenter de faire diversion et rejeter sa demande.
La «crise» à l'Université d'État (UEH) est loin d'être terminée; ainsi même les élections qui devaient avoir lieu le vendredi 25 avril pour renouveler les postes de recteur et de vice-recteur aux Affaires académiques ont dû à nouveau être reportées sine die par la commission électorale.

La matinée a été très agitée; et ce dès le tout début. Les membres de la commission ont été pour la plupart chahutés à leur arrivée dans la cour du rectorat, et certains d'entre eux ont même dû rebrousser chemin. Une fois dans la salle, c'était une véritable foire d'empoigne. En effet, plusieurs dizaines d'étudiants dont la plupart sont membres du Comité Interfaculté (CIF) et du Front de résistance pour l'autonomie de l'Université avaient investi les locaux du Rectorat pour empêcher que les membres du conseil de l'Université puissent procéder aux élections. Le quorum nécessaire avait pourtant été obtenu par le conseil, soit 24 sur 36, et le vote allait débuter. Une véritable bagarre s'élevait alors entre les étudiants venus appuyer la réalisation de ces élections et ceux qui n'en voulaient pas. La commission électorale, dirigée par le professeur Ernst Camille, demandait au recteur sortant Pierre Marie Paquiot, candidat également à sa propre réélection, de mettre un terme aux opérations en attendant que le conseil puisse se réunir pour proposer une nouvelle date pour le vote.

Par la suite, on apprenait que le conseil de l'Université avait décidé d'observer une suspension des cours dans les différentes facultés du 28 avril au 2 mai pour dénoncer les agissements des membres du CIF et du Front de résistance. Intervenant sur les ondes de Radio Métropole, le professeur Christian Rousseau, représentant de la faculté des Sciences au sein du conseil, a appelé l'ensemble des étudiants à prendre conscience de cette nouvelle crise que traverse l'Université pour empêcher, dit-il, au pouvoir de s'immiscer une nouvelle fois dans les affaires de l'UEH.

Mais faudra-t-il bien trouver une solution pour doter l'UEH d'un conseil de direction! Les choses n'ont pas du tout l'air d'avancer, tout au contraire, puisque le conflit qui avait servi de prétexte ou bien de raison d'intervenir est toujours «en vigueur». D'un côté, il y a la Fédération des étudiants universitaires haïtiens (FEUH) qui appuient les membres du conseil et prônent les élections avant toute réforme, et de l'autre des secteurs comme la CIF et le Front de résistance qui exigent des réformes préalables au sein des différentes unités de l'UEH avant l'installation d'une nouvelle équipe. Selon ces derniers, les représentants de certaines facultés, comme l'Inaghei, l'Ethnologie et la faculté des Sciences humaines ne sont toujours pas désignés. Ils soutiennent également que le mandat de certains doyens est arrivé à terme alors que ceux-ci continuent de représenter leurs facultés respectives.

Cette situation ne date pas d'aujourd'hui. Rappelons que c'est le 27 mai 2992 que la ministre de l'Education à l'époque, Mme Myrtho Célestin Saurel décidait au milieu de ces controverses d'établir une commission provisoire dirigée par Charles Tardieu, à la tête de l'UEH. Cette décision devait être annulée dans les faits, car elle rencontrait des contestations, d'une part naturellement du côté du groupe lié à l'opposition politique qui voulait faire main basse sur l'administration de l'Université, et aussi de la part de ceux qui se réclamaient de l'autonomie de l'institution.

La résurgence de cette crise nous amène à nous interroger sur les véritables motivations des différents acteurs. Pourquoi les membres du conseil de l'UEH ne veulent-ils pas attendre que la situation soit normalisée au sein des facultés pour poursuivre le processus électoral ? La position affichée par les doyens ne serait-elle pas motivée par une volonté de rester indéfiniment à la tête des facultés comme le dénoncent des organisations d'étudiants? Pour finir la crise à l'Université ne serait-elle qu'un avatar de la «crise» politique que l'opposition fait pourrir à dessein pour parvenir à ses fins?