Les funérailles du jeune militant Lavalas Donald Julmis, 23 ans, ont été chantées le mercredi 16 avril au Cap-Haïtien, où il avait trouvé la mort le 6 avril alors qu'il participait à une manifestation en faveur du président Aristide. Il avait été abattu vraisemblablement d'après ses compagnons par un membre du bras armé de l'«opposition».
Une importante délégation dirigée par Jonas Petit, représentant national du parti Fanmi Lavalas, et composée notamment par d'autres membres du gouvernement comme le directeur général du ministère de l'Intérieur Bell Angelot, les députés Rudy Hériveaux, Nawoon Marcelus, James Desrozin et également le dirigeant d'une organisation populaire René Civil, s'était rendue en cette occasion dans la métropole du Nord pour la cérémonie. Sous une forte pluie, des milliers de personnes investissaient la place publique du Carénage où était exposé le corps du jeune Donald Julmis. Une vive tristesse était manifestée par la foule qui exprimait ses sympathies aux proches de la victime, et en même temps un sentiment de colère et de rage impuissante de voir ainsi couler le sang des militants Lavalas alors que l'«opposition» prétend continuellement se faire passer pour victime aux yeux de l'OEA. .
Jonas Petit au cours d'une interview ce jour-là à Radio Quisqueya, rendait en effet l'opposition responsable de cet acte odieux et exhortait les autorités policières à prendre des dispositions pour mettre la main au collet du ou des coupables. «Il importe de rappeler que Donald a été tué par des individus lourdement armés au cours d'une manifestation organisée par Lavalas qui passait au moment de l'incident au niveau de Carénage. L'opposition poursuit ainsi ses attaques alors qu'elle a déjà causé plusieurs victimes parmi la population dont des partisans de Fanmi Lavalas. Il est temps de mettre un terme à ce bain de sang... Nous espérons que la police trouvera rapidement les auteurs de ce crime» déclarait Jonas Petit.
De son côté René Civil dénonçait sur les ondes de cette même station que lesdits organismes de droits humains et la «communauté internationale» ont toujours observé le plus grand silence autour des crimes commis par la Convergence contre le secteur Lavalas : «Les criminels de la Convergence continuent de semer le deuil parmi la population en présence des organisations de défense des droits humains et de la communauté internationale. Cependant le Haut-Commissariat de l'ONU ne relatera jamais ces faits» indiquait-il.
En effet, en dépit des efforts du gouvernement Lavalas pour l'application de la Résolution 822, pour créer les conditions pour l'organisation des élections législatives et locales anticipées, suite aux injonctions de la commission de haut niveau de l'OEA lors de la visite de celle-ci le 19 mars dernier, le représentant de Washington n'a fait que manifester sa totale insatisfaction, tandis que l'«opposition» en tirait argument pour continuer à réclamer de plus belle le départ du régime Lavalas sans autre forme de procès.
Et pour comble de cynisme de la part de cette «opposition», juste à la veille de l'enterrement de Donald Julmis, le coordonnateur de l'Initiative Citoyenne (IC) au Cap-Haïtien, Frandley Denis Julien ne trouvait rien de mieux que de faire circuler une note dans laquelle il prophétisait, autrement dit souhaitait, que les membres des organisations populaires profiteraient des funérailles pour organiser un massacre contre les membres de sa clique. Cependant, les partisans du régime Lavalas n'allaient point lui offrir cette occasion de tirer profit de sa provocation, ce qui lui aurait permis de lancer un nouveau cri de «détresse» à ses patrons de la «communauté internationale».