16 Avril,  2002

April 16, 2002

16 Avril,   2002

Vol. 21 No. 05
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Une marée humaine devant le palais national à l'occasion de la commémoration des deux cent années de la mort de Toussaint Louverture.
Après la rencontre organisée le 3 avril dernier au Conseil permanent de l'OEA où l'ambassadeur des Etats-Unis, Peter DeShazo avait littéralement mis le gouvernement haïtien sur le banc des accusés, sous prétexte qu'il n'aurait rien entrepris dans le sens des recommandations faites par la mission OEA / CARICOM qui avait visité le pays à la mi-mars, une nouvelle réunion a été projetée pour le 23 avril. Cette rencontre doit se tenir à nouveau sur ce rapport au sujet duquel le Conseil n'a pas encore statué, quoique DeShazo n'eût pas attendu de l'avoir étudié, comme il disait compter le faire, avant de rejeter toute considération.

Cependant, entre-temps, une rencontre a été tenue à Miami le samedi 12 avril entre les officiels étrangers de la mission de «haut niveau» OEA / CARICOM qui avaient séjourné dans le pays les 19 et 20 mars. Au cours de cette réunion, à laquelle, curieusement, aucun représentant haïtien n'a assisté ou n'a été convié, les participants auraient emprunté définitivement la même voie que Washington sur la « crise » haïtienne, en soutenant que le régime Lavalas aura failli dans l'application de certains points clés de la Résolution 822. Face à cette situation telle que présentée, selon eux, dans le document produit par le chef de la Mission spéciale de l'OEA en Haïti, David Lee, sur les progrès réalisés par les autorités haïtiennes concernant le respect de la résolution, deux mesures auraient été envisagées: soit l'application de la Charte démocratique de l'OEA contre Haïti, soit le transfert du dossier vers l'Organisation des Nations unies.

Finalement tout ce monde se serait soumis sans réserves aux injonctions de Washington. Et cette réunion en apparence improvisée à Miami serait dans la continuité de celle effectuée au mois de janvier dernier au Canada par un groupe de pays sous l'appellation de «Groupe d'initiative d'Ottawa sur Haïti», à l'initiative du secrétaire d'Etat canadien Denis Paradis. Rappelons qu'au cours de ladite rencontre, la question de la mise sous tutelle du pays par l'ONU avait fortement été agitée. Notons que là non plus aucun représentant du gouvernement haïtien n'avait été invité. Ainsi, ces tuteurs étrangers de l'«opposition» avancent désormais à visière levée, mettant désormais de côté les subterfuges utilisés depuis le début de la «crise» par l'intermédiaire de l'OEA.

En même temps, ces puissances colonialistes et esclavagistes sont honteusement aidées dans leur tâche par nombre de «courtiers» indigènes qui amplifient de plus en plus leurs menées subversives contre le pouvoir Lavalas. En effet, encore durant ce week-end, soit le dimanche 13 avril, les éléments réactionnaires du groupe dit des «184 organisations de la société civile» se sont rendus dans la ville des Gonaïves, dans le cadre de leur «caravane de l'espoir» et du prétendu «nouveau contrat social », mais plus précisément pour s 'adonner à une nouvelle provocation. Toutefois, les autorités policières ont su adroitement désamorcer toute confrontation avec les partisans du gouvernement en déployant un dispositif de protection aux abords de leur hôtel. Mais là encore, pour tenter de justifier l'absence de sympathisants à venir les rencontrer, ils trouvaient bon de se plaindre de la protection policière qui avait été déployée. En effet le coordonnateur du groupe des «184», André Apaid a prétendu que le nombre élevé d'agents de la PNH présents à cette occasion avait intimidé leurs fantasmatiques partisans..

Mais à défaut de pouvoir jouer aux victimes, l'«opposition» ne se croise pas pour autant les bras. Et ses alliés, plutôt son bras armé, n'en finissent pas d'utiliser la violence pour maintenir un climat d'insécurité susceptible de renforcer les «conclusions» de l'OEA quant à l'action du gouvernement dans ce domaine.

À Petit-Goâve une étudiante de 21 ans, Ginette Pierre, a été abattue le 27 mars par des individus travaillant à la solde de l'«opposition». A ce sujet, le chef de cabinet du secrétaire d'Etat à la Sécurité publique, Dany Fabien, intervenant sur les ondes de Radio Nationale a indiqué: «Il existe un ensemble de bandits à Petit-Goâve qui font partie du bras armé de l'opposition. Je demande à la population de se mettre du côté des autorités pour que l'ordre puisse régner à Petit-Goâve.» Dans le même ordre d'idées signalons les événements qui se sont produits au Cap-Haïtien le 6 avril lorsque des manifestants en faveur du gouvernement Lavalas ont été pris à partie par des membres de l'opposition macouto-bourgeoise, provoquant la mort de trois personnes et plusieurs blessés du côté des partisans du pouvoir.

En outre, avec une presse à sa solde, comme par exemple Radio Métropole ou Alterpresse, qui n'est autre pour sa part que le porte-parole de l'OPL de Gérard Pierre-Charles à destination de l'étranger, la macouto-bourgeoisie a tout le loisir d'édulcorer les faits à sa guise.

Dans un tel contexte, on ne peut que prédire le scénario qui se déroulera à la rencontre prévue pour le 23 avril prochain au Conseil permanent de l'OEA, puisque la «réunion de Miami» du 12 avril aura dévoilé, en primeur, les réelles intentions de la «communauté internationale et de ses obligés. De fait, le dirigeant de la KID / Convergence, Evans Paul anticipe d'ailleurs déjà sur le résultat. «Cette rencontre sera l'occasion pour chaque gouvernement d'échanger ses points de vue sur la situation et d'envisager les sanctions à adopter contre le régime» a-t-il annoncé.