19 Mars,  2002

March 19, 2002

19 Mas,   2002

Vol. 21 No. 01
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Ladite opposition, utilisant diverses dénominations telles que: Convergence, Groupe des 184 organisations de la société civile, Initiative Société Civile, Armée Sans Manman, mais en fait des formations toutes liées et constituées des mêmes individus, n'en finit pas de s'agiter mais sans parvenir à obtenir l'adhésion populaire, en dépit de la dégradation des conditions socio-économiques. Il y a quelques jours plusieurs de ses membres entreprenaient une tournée des principales villes du pays, cette fois, le nom de «Caravane de l'Espoir» colportant un prétendu «Nouveau Contrat social».

Après l'Artibonite et le Plateau Central, où il a rencontré ses alliés dans ces régions, ce groupe s'est rendu aux Cayes le 15 mars.

Il était 8 heures 45 du matin quand la «Caravane» a laissé Port-au-Prince. À Mariani, dans la banlieue sud de la capitale, elle a été stoppée par des policiers qui voulaient effectuer une fouille de cet étrange cortège de véhicules. Mais ce n'était qu'un bref contretemps. Car les expéditionnaires repartaient et le dirigeant du MPP Chavannes Jean-Baptiste croyait bon d'expliquer sa présence parmi eux, alors que ce n'était rien de nouveau. Ainsi, racontait-il: «Je souhaite qu'à partir de ce qui se passe dans le pays les secteurs des 184 vont comprendre le sens de cette phrase: Il ne peut y avoir d'élections sous le régime Lavalas. Nous devons donc nous mobiliser pour obtenir son départ et parvenir enfin au gouvernement de transition pouvant organiser des élections crédibles dans le pays» (Radio Quisqueya 10-03-03). Dommage pour Jean-Baptiste et ses dites «184 organisations» à l'origine de cette caravane n'aient point de crédibilité auprès de la population!

Mais cela ne saurait les décourager, puisqu'à la veille de l'arrivée d'une délégation de la «communauté internationale» ils doivent surtout continuer à se remuer. Le groupe atteignait vers midi le même jour Les Cayes où il tenait une réunion au Centre culturel catholique de Saint-Louis en présence de l'évêque Alix Verrier qui a même gratifié à l'assistance d'une prière de circonstance. Entre-temps des membres d'organisations populaires (OP) massés aux alentours scandaient «Vive Aristide pour 5 ans» et jetaient la consternation sinon le désespoir au sein de la «Caravane de l'Espoir» qui ne s'attendait pas à un tel flop de son plan. Mais c'était peut-être ce que voulaient ces responsables du groupe «184» qui en ont profité pour crier à l'agression en dépit de la ceinture de sécurité formée par les policiers. Et en effet, ils semblaient avoir tout prévu et étant en contact direct avec des stations de radio qui relayaient l'événement, ils ont prétendu qu'ils étaient pris en otage par les membres d'OP à la demande du délégué départemental du Sud, Jacques Mathelier, allant même jusqu'à dire que ce dernier avait demandé aux policiers de ne plus garantir leur sécurité. Ils ont ainsi choisi de passer la nuit au Centre catholique, comme l'a fait remarquer Jacques Mathelier, ce pour faire croire que la liberté de réunion n'est pas garantie sous le gouvernement Lavalas et essayer ainsi de se faire passer pour des victimes à la veille de l'arrivée de la délégation de l'OEA dans le pays. D'ailleurs même l'ancien député des Cayes et représentant de la Convergence dans le Sud, Gabriel Fortuné, a reconnu que la Police garantissait la sécurité de la Caravane à cette occasion et accompagnait le lendemain dimanche 16 mars les prétendus otages à l'Evêché où ils ont remis leur document à Mgr Verrier.

Ils prenaient ensuite le chemin de la capitale sans faire l'escale prévue à Petit-Goâve, maudissant sans doute la Police nationale d'avoir fait son travail en évitant des affrontements qui leur auraient permis d'en rajouter auprès de leurs patrons de la communauté internationale sur les sévices subis aux mains des partisans du pouvoir Lavalas.