À la précarité de la situation économique du pays voulue par la «communauté internationale» s'ajoute l'agitation des groupuscules liés à l'opposition pour atteindre son objectif de déstabilisation du gouvernement constitutionnel.
En effet, les ingérences étrangères, les actions des commandos armés et les activités de la «société civile» continuent à se relayer pour maintenir un état d'instabilité. Loin de s'avouer vaincus, les déstabilisateurs professionnels font assaut d'imagination pour mériter leurs gages.
C'est ainsi que le groupe des «184 organisations» de la «Société civile» a poursuivi, au cours du dernier week-end ses rencontres dans les villes de province pour la mise sur pied de son «nouveau contrat social ». Les 8 et 9 mars à travers ce qu'ils appellent la «Caravane de l'Espoir », ses émissaires se sont rendus à Saint-Marc et à Hinche pour rencontrer, selon leurs déclarations, les représentants des «sociétés civiles».
Tandis que dans la capitale, c'est sous le parapluie du féminisme et de la cherté de la vie que des proches de l'opposition, la responsable de l'organisation Fanm Solèy Leve, Carline Simon, et son mari Serge Simon organisaient le 7 mars une manifestation qui n'aura pas rassemblé grand-monde.
Le dimanche 9 mars dans le quartier de La Saline où ils se livraient à une activité qu'un habitant décrivait comme suit: «Cela fait environ un mois que Mme Simon et ses acolytes ont des réunions en vue de déstabiliser le gouvernement... On a bien vu Carline Simon entrer dans l'ancien local de Fort Dimanche avec un groupe de gens...» D'après un autre, «c'est cela qui a motivé le peuple à intervenir et à procéder à l'arrestation de Mme Simon et de ses accompagnateurs et à les remettre à la police...» (TNH, 10-03-03). Selon les déclarations du porte-parole de l'institution policière, Jean Dady Siméon, «dans un premier temps, la police était intervenue parce que des gens de la population avaient tenté de brûler Mme Carline Simon. A ce moment, les policiers voulaient les mettre en lieu sûr. Mais, dans un second temps, les policiers ayant constaté qu'il y avait des armes automatiques dans le véhicule piloté par Mme Carline Simon après le procès-verbal d'un juge de paix, ont acheminée cette dernière au sous-commissariat de Cité Soleil. Mais, face aux menaces d'incendie contre ce sous-Commissariat, Mme Simon a été transférée au Commissariat de Delmas pour mieux la sécuriser» (Radio Kiskeya, 10-03-03).
De son côté, l'avocat des Simon, Osner Févry, a indiqué le mardi 11 mars, qu'il était en possession d'un ordre de libération signé par le commissaire du gouvernement de Port-au-Prince, Josué Pierre-Louis, en faveur de ses clients. Févry prétend que les autorités policières se sont opposées à leur libération.