|
Qui veut un nouveau contrat social ?
Comme annoncé, les éléments réactionnaires de la pseudo société civile regroupés au sein du « groupe des 184 » ont tenu leurs activités dans la ville de Jacmel le vendredi 21 février 2003 sous l'appellation ô combien paradoxale de « Caravane de l'espoir ». Dans un document concocté par ces représentants de la « bourgeoisie » qui prétendent vouloir refondre la société haïtienne, ils ont présenté les objectifs relatifs à un « nouveau contrat social » qu'ils rêvent de présenter à la nation dont le dessein caché consistera certainement à creuser davantage le fossé entre les nantis et les masses défavorisées. « Les objectifs du nouveau contrat social : 1- Bâtir un nouvel Etat ; 2- Définir d'autres repères ; 3- Combattre la discrimination et l'exclusion ; 4- Développer le pays ; 5- Lutter contre la misère ; 6- Démocratiser le savoir et combattre l'ignorance ; 7- Sauvegarder l'environnement ; 8- Renforcer les droits des travailleurs et des travailleuses ; 9- Normaliser la politique (... le nouveau contrat social devra engager la société civile à travailler dans un effort collectif en vue de la mise en place d'un système électoral fiable et l'établissement d'élections libres et démocratiques) ; 10- A définir dans le cadre des échanges avec les autres secteurs non encore représentés dans le groupe des 184. » lit-on dans le texte présenté par ces éléments anti populaires en marge de leur rencontre avec quelques personnalités de la métropole du Sud-Est, Jacmel, au local du Paradis Night Club. D'autre part, ils en ont profité pour informer que leur « caravane » aura à se rendre dans plusieurs autres régions du pays pour peaufiner leur "contrat social". « Les consultations vont se poursuivre et nous allons passer à une autre étape où ces dernières vont guider les sociétés civiles locales. » laissait entendre André Lafontant Joseph, un porte-parole dudit "groupe des 184".
Toutefois, en se lançant dans de telles initiatives, qui ne sont en fait destinées qu'à déstabiliser davantage le pouvoir Lavalas, ces bourgeois patripoches voudraient ignorer le fait qu'ils sont en réalité les véritables responsables de la situation chaotique du pays par les positions radicales qu'ils ont toujours eues à l'encontre du peuple haïtien. Comment osent-ils aujourd'hui prétendre façonner, à leur manière, un nouveau contrat social, au cas où il y en avait un, alors qu'ils ont toujours affiché leur opposition à l'émancipation des masses défavorisées et à leurs choix politiques ? Le syndicaliste Ancelot Fleury, opinant sur la « Caravane de l'Espoir », faisant parti du «Mouvement syndical Haïtien» qui avait organisé une manifestation qui ne rassemblait pas plus de cinquante personnes, contre le gouvernement, faisant ainsi le jeu de la bourgeoisie regroupé dans les «184» montrait le mépris de ce secteur pour les masses défavorisées. «... La liberté syndicale doit aussi exister dans les usines... Il faut en finir avec cette hostilité...» disait Fleury opinant sur la «Caravane de l'espoir» (radio Quisqueya, 25 février 2003). Car, le fait que ces pseudos bourgeois aient pu consentir à s'allier au macoutisme pour saper les bases du pouvoir politique actuel, nous permet d'avoir une idée du cynisme de ces gens qui n'hésiteront certainement pas à utiliser toute leur « artillerie » pour parvenir à leurs fins. A ce titre, faut-il rappeler les propos tenus par le duvaliériste, actuellement porte-parole du « groupe des 184 », André Apaid, dont la famille possède la compagnie Alpha Sewing, au cours d'une conférence à Miami après le coup d'Etat sanglant du 30 septembre 1991 suite à une question lui demandant qu'est-ce-qu'il aurait fait si le président Aristide retournait en Haïti. « Je l'aurais étranglé ! » répondait-il (Multinational Monitor, Avril 1996, volume 17, numéro 4). Et aujourd'hui Apaid voudrait se présenter en fervent opposant à la violence jusqu'à vouloir proposer un "nouveau contrat social". Quelle ironie du sort !
Réagissant aux activités annoncées par la « caravane de l'espoir » des prétendues 184 organisations de la "société civile" visant à établir ce "nouveau contrat social", les membres de la Convergence n'ont fait certainement qu'applaudir leurs alliés dans leur quête d'"imagination". « L'appui de la Convergence à cette initiative est total. » déclarait Paul Denis de l'OPL / Convergence. Cependant, ces tergiversations ne constituent que des paravents pour mieux alimenter leurs menées subversives contre le régime au pouvoir, à l'instar des multiples attaques opérées par leur bras armé dans plusieurs régions du pays.
Tout compte fait, la population n'est plus dupe et elle comprend fort bien la nécessité de mobiliser toutes ses ressources pour faire échec au plan de l'ennemi afin de mieux envisager l'avenir. Car, elle a déjà boycotté en plusieurs occasions des mots d'ordre de grève lancés par les différentes branches de l' « opposition » dont le dernier remonte au 24 janvier 2003.
|