19 Fevrier,  2002

February 19, 2002

19 Fevrye,   2002

Vol. 20 No. 49
L'entêtement criminel de l' «opposition»

Près de trois ans après la tenue des élections législatives et locales en mai 2000, les tergiversations de toutes sortes enregistrées sur la scène politique continuent de pourrir davantage les conditions socio-économiques du pays. Prétextant les soi-disant irrégularités de ces élections, les politicards de l'«opposition» et leurs alliés de la pseudo-bourgeoisie auront tout entrepris, sous la supervision de leurs patrons de Washington, pour boycotter les actions du gouvernement Aristide / Neptune pour aboutir à leur «option zéro». D'autre part, en dépit de leurs appels incessants pour obliger les autorités Lavalas à appliquer intégralement la Résolution 822 de l'OEA prévoyant, en outre, la tenue d'élections anticipées pour l'année en cours, les éléments de cette coalition macouto-bourgeoise ont, paradoxalement, tout mis en oeuvre pour faire échec au processus de la formation du Conseil électoral provisoire (CEP).

En effet, récemment encore, faisant allusion à l'imposante délégation, composée entre autres du secrétaire général adjoint de l'OEA, Luigi Einaudi, d'un représentant de la Caricom, Julian Hunte, du secrétaire d'Etat canadien pour l'Amérique Latine, Denis Paradis, du représentant des Etats-Unis pour «Les Initiatives continentales», Otto Reich, des représentants de l'Union européenne et des institutions internationales de financement, qui ont dû renvoyer une visite prévue en Haïti pour le lundi 17 février à cause du temps, Micha Gaillard du Konacom / Convergence affichait on ne peut plus clairement la position intransigeante de sa clique politique. «L'arrivée de la délégation internationale sera pour les uns et pour les autres un moment de vérité important. La Convergence Démocratique déposera devant la délégation internationale les misères de toutes sortes que Lavalas fait subir à la population... La Convergence fera le point sur la non-exécution des points de la Résolution 822 en ce qui concerne la création d'un environnement démocratique pour la réalisation de vraies élections... Enfin, la Convergence rappellera sa position et celle de million d'Haïtiens qui veulent de bonnes élections et pour cela il faut le départ du pouvoir de M. Aristide », a déclaré Gaillard, qui tentera donc d'exhorter ses tuteurs de Washington à pressurer davantage le pouvoir Lavalas qui, vraisemblablement, jouit du soutien des pays de la Caricom et de quelques Etats de l'OEA, comme le Brésil, le Vénézuéla et l'Equateur. Car, il est évident que ces derniers sont en passe, à des degrés différents, aux mêmes difficultés qu'Haïti, du fait précisément que leurs populations ont su défier l'impérialisme en choisissant leurs dirigeants. De ce fait, l'on devra donc s'attendre à ce que les Etats-Unis, par le biais de leur chargé d'affaires pour l'Amérique latine, le très réactionnaire Otto Reich, cherchent à manipuler l'OEA dans le dossier haïtien, dans un sens qui fera les délices de la macouto-bourgeoisie. En témoignent les souhaits exprimés par le responsable de l'Initiative de la société civile (ISC), organisation proche de la Convergence, Rosny Desroches, concernant la délégation OEA / CARICOM / UE qui devait arriver au pays. «J'espère qu'ils (les membres de la délégation) pourront faire les pressions nécessaires pour convaincre le pouvoir à créer les conditions qui pourraient permettre le lancement du processus électoral... » racontait Desroches qui ne fait pourtant que chercher des obstacles à la réalisation de ces élections.

A juste titre, la manifestation annoncée par ces individus, sous la couverture de prétendues organisations syndicales pour le lundi 17 février , aura constitué plus qu'un nouvel échec à leur actif. En effet, il n'y a eu qu'une trentaine de personnes, dont pour la plupart les organisateurs, à défiler dans les rues de Port-au-Prince en lançant, bien sûr, des propos hostiles au président de la République, sous la bienveillante protection d'à peu près autant de policiers. Alors que parallèlement leur bras armé continue de terroriser la population dans différents points du pays. On apprend justement que des individus armés, se réclamant des ex-Forces armées d'Haïti, dans la localité de Pernal près de Lascahobas, ont assassiné un policier de la Swat Team le dimanche 16 février.

Pourtant de son côté, intervenant en marge de sa participation à Trinidad le 15 février dernier au sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de la Caricom, le président Jean-Bertrand Aristide a préféré convier ses compatriotes à oeuvrer pour sortir le pays de la misère. «Ce ne sont pas ceux qui partagent la réalité caraïbéenne avec nous, les 15 pays de la Caricom, ou la réalité hémisphérique des 34 états membres de l'OEA, qui vont venir résoudre notre problème. C'est nous, Haïtiens, qui devons nous entendre pour résoudre le problème en leur compagnie» a fait remarquer le chef de l'Etat qui a dit en outre compter sur la bonne foi de tous les secteurs pour faire avancer le processus électoral.

Toutefois, le chef de l'Etat en tenant ce type de discours semble vouloir faire fi de la détermination affichée par la macouto-bourgeoisie pour contrer les initiatives de son gouvernement. Car ces intrigants, affamés de pouvoir, sont bien loin d'avoir épuisé tout leur arsenal de déstabilisation, grâce à la complicité dont ils bénéficient auprès de la «communauté internationale».