12 Fevrier,  2002

February 12, 2002

12 Fevrye, 2002

Vol. 20 No. 48
Depuis les attaques armées perpétrées le 28 juillet 2001 contre l'Académie de police et des commissariats par des commandos constitués, vraisemblablement, par des macoutes et des anciens militaires des ex-Forces armées (FAD'H) postés en République dominicaine, aucune trêve n'aura été observée par ces individus à la solde de la macouto-bourgeoisie qui veulent à tout prix évincer le président Aristide du pouvoir.

De l'assassinat du juge de paix de Belladère, Christophe Lozama, en passant par les attaques répétées sur divers postes de police de la zone frontalière, jusqu'aux récents actes de violence survenus à Petit-Goâve, la branche armée de l'"opposition ' ne cesse de s'activer pour aboutir à l'option zéro, à défaut de pouvoir accéder au pouvoir à travers des élections.

Le dimanche 2 février encore, à Petit-Goâve, des individus lourdement armés regroupés au sein de "Lame san manman" proche de la Convergence ont assassiné un membre du parti Fanmi Lavalas, Myrtil Fleurilus dit "Potho'. Ces bandits qui ont également brûlé un autre membre du parti au pouvoir, Samuel Polo, actuellement hospitalisé à Port-au-Prince, ont hissé un drapeau des Etats-Unis sur le toit d'une maison leur servant de base d'entraînement. Suite à ces incidents, un détachement de la Police Nationale s'est rendu dans la zone et a effectué plusieurs arrestations.

Le porte-parole de la Police, le commissaire Jean Dady Siméon a présenté à la Presse le lundi 10 février six individus arrêtés pour leur implication dans des actes de violence dans la région du Plateau Central. "Suite aux informations faisant état de l'existence d'un groupe armé opérant dans la zone du Plateau Central notamment à Lascahobas et à Belladère, le directeur général de la PNH, Jean Nesly Lucien, a jugé nécessaire de planifier une opération en ce sens. Ainsi, un détachement de la Police a été dépêché le samedi 8 février 2003 à Belladère où six individus ont été appréhendés dans un véhicule pick-up. Les agents de la PNH ont saisi des munitions qui se trouvaient à bord de ce véhicule... Nous avons également trouvé un Uzi utilisant des cartouches de calibres 9 millimètres, et nous rappelons que l'autopsie réalisée sur le juge Christophe Lozama avait révélé aussi la présence de projectiles de 9 millimètres. Donc, nous allons essayer de déceler des correspondances", a indiqué Siméon qui a pu également établir une relation entre ces individus, répondant aux noms de Jacques Charles, Hérold Edmond, St-Louis Emmanuel, Marc Ogé, Marat Joseph et Milord Joseph, et les membres de "Lame san manman' agissant à la solde de la Convergence à Petit-Goâve.

"Nous avons trouvé des connexions existant entre ce groupe et celui fraîchement créé à Petit-Goâve dénommé Lame san manman qui terrorise la population", a précisé le porte-parole de la PNH qui a en outre fait remarquer que la majorité de ces personnes arrêtées seraient des anciens militaires. La Police a aussi trouvé sur ces individus des tracts appelant à provoquer des troubles durant le carnaval.

Par ailleurs, on apprend que des individus lourdement armés ont regagné la localité de Pernal dans la commune de Belladère comme il en a été le cas durant le mois de décembre dernier où ils avaient dû abandonner ces lieux suite à l'intervention des agents de la PNH. Ces individus qui revendiquent leur appartenance à l'ancienne armée, déclarent vouloir lutter pour obtenir le départ du chef de l'Etat, prétendant: "Nous n'avons aucun problème avec la Police, mais Aristide ne doit pas l'utiliser contre le peuple. Maintenant, nous le disons sincèrement nous allons prendre une vitesse supérieure avec Aristide. C'est la vie ou la mort !" a déclaré l'un de ces mercenaires au micro des journalistes. Signalons que plusieurs agents de la CIMO et de la Swat Team sont en état d'alerte dans la région pour empêcher ces bandits de causer davantage de deuil.

Parallèlement, alors que leur bras armé entre à nouveau en action, les éléments de l'alliance macouto-bourgeoise s'étaient donné rendez-vous au Cap-Haïtien les 7 et 8 février pour, sous prétexte de manifestation, faire de la provocation. En effet, sous la couverture de l'Initiative Citoyenne (IC) du fervent réactionnaire Frandley Denis Julien, des activités ont été organisées sous l'appellation de "Week-end de l'espoir' pour réclamer le départ du président élu de la République. Après quelques séries de débats creux et redondants tenus par des pseudo-intellectuels acquis à la cause des nantis dans la journée du 7 février, les organisateurs de ces ont lancé une manifestation le lendemain. A cette occasion, quelques centaines de malfrats réunis pour l'occasion ont marché dans les rues du Cap sous les regards indifférents des habitants de la ville. Après quelques heures, où ces manifestants ne faisaient que lancer des propos orduriers et désobligeants à l'endroit de la personne du chef de l'Etat, les autorités policières ont dû disperser la manifestation, car les organisateurs refusaient de respecter le parcours initial et voulaient à tout prix provoquer une confrontation en pénétrant dans un quartier populaire. De dépit ils s'en sont pris à un véhicule du ministère de la Santé qui transportait des médicaments. Finalement leur précédente manifestation dans cette même ville connue sous le nom "Cri de Vertières' sera restée sans lendemain. Avec la capture de certains de leurs acolytes par la Police, l'"opposition" aura connu un double sinon triple échec avec la désaffection de certains éléments qui s'étaient égarés dans leurs rangs peu de temps auparavant.