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| Après les remous occasionnés par la publication de leur récente contre-proposition à la révision du projet d'«accord initial» présenté aux protagonistes de la «crise», le 12 juin dernier, par le secrétaire général adjoint de l'OEA, Luigi Einaudi, les dirigeants de la Convergence ont cru bon de justifier leur nouvelle position dans le cadre de ces négociations vieilles maintenant de près de deux années: «L'objectif principal de la Convergence est de créer les conditions appropriées à la réalisation de bonnes élections dans le pays, passage obligé pour l'institutionnalisation de la démocratie, le respect des droits de l'homme, la promotion du progrès économique et social, la bonne gouvernance et la transparence», tel a été le discours tenu par Victor Benoît au cours d'une conférence de presse de la Convergence, le 25 juillet. Et, à tous ceux, notamment le Parti Fanmi Lavalas, qui voient dans leur démarche, consistant à réclamer le poste de Premier ministre comme condition pour la signature d'un accord politique, les membres de la Convergence ont répondu à travers un document visant à élucider, comme s'il n'était pas assez clair, le sens de leur proposition. «Cette proposition d'accord de la Convergence Démocratique est un outil de combat démocratique, afin de faire reculer l'arbitraire, un outil extra-constitutionnel, dont le but est de revenir à la normalité constitutionnelle». Qui dit mieux! Rappelons que cette contre-proposition de la Convergence prévoyait également un remue-ménage à la tête de la Police nationale, le démantèlement et le désarmement des bandes armées, la poursuite et le jugement des personnes impliquées dans les violences survenues lors des événement du 17 décembre 2001, etc. Par ailleurs, cette contre-proposition, loin de faire l'unanimité au sein de la «classe» politique, n'est pas non plus partagée par les partis formant la Convergence. En effet, outre la dissidence du PADEMH de Lydie Parent et du PSCH de Grégoire Eugène junior, la position affichée par le Parti Konvansyon Inite Demokratik (KID), dirigé par Evans Paul, en dit long sur les conflits à l'oeuvre au sein même de la Convergence. La branche social-démocrate, comprenant l'OPL, le PANPRA et le KONAKOM, a désormais tendance à adopter la nouvelle stratégie consistant à exiger sa part du pouvoir politique contrairement à leurs partenaires «dissidents» réclamant l'option zéro. Peut-être qu'ils sont en train de réaliser que le temps presse et que l'OEA n'entend plus désormais jouer au chat et à la souris, surtout que le chef de l'Etat se comporte docilement et avec zèle face aux exigences de la «communauté internationale».
En effet, à entendre les déclarations actuelles du Premier ministre, on comprend aisément que le pouvoir se sent désormais en position de force par rapport à ses concurrents de la Convergence. Au cours d'une conférence de presse le vendredi 26 juillet, Yvon Neptune a en fait écarté toute possibilité d'abandonner son poste au profit de l'opposition. Se basant en la circonstance sur les prescrits de la Constitution, Neptune a invité les leaders de la Convergence à se rendre aux urnes afin d'obtenir la majorité nécessaire pour pouvoir disposer d'un chef de gouvernement. Il a, par ailleurs, renouvelé la volonté de son gouvernement à favoriser la conclusion d'un accord politique entre son parti et la Convergence. «Nous sommes disposés à nous asseoir avec les membres de la Convergence Démocratique pour la signature de cet accord... Il faut en finir avec le cycle de dilatoires, pour mettre un terme à la dégradation sociale et économique du pays», a proclamé Yvon Neptune, sachant pertinemment qu'il est désormais bien logé sous les ailes protectrices de la communauté internationale, compte tenu de la «bonne foi» affichée par son administration dans la liquidation du pays.
En fait, se rendant compte de ces nombreuses avancées du régime Lavalas à l'avantage des profiteurs de la «communauté internationale», l'ambassadeur du Canada Kenneth Cook, cité par l'AHP, a indiqué le 24 juillet que la proposition de la Convergence, suivant laquelle elle conditionne la signature d'un accord à la nomination d'un de ses membres au poste de Premier ministre, ne vise qu'à aggraver la situation politique du pays. Cook a en outre précisé que cette exigence n'est pas incluse dans l'ordre du jour initial des négociations, tout en encourageant, par ailleurs, les protagonistes à parvenir à un accord politique. Ce revirement de la situation contraint les leaders de la Convergence à réaliser que s'ils ne signent pas l'accord initial de l'ambassadeur Luigi Einaudi, ils seront définitivement confinés au banc de touche.
Finalement, comme les nouvelles de dernière heure nous le confirment, l'assurance du Premier ministre Yvon Neptune n'était point feinte, non plus gratuites les observations de l'ambassadeur canadien rapportées plus haut à l'adresse de la Convergence. En effet à la grande déconvenue de son directoire, la réponse du Conseil permanent de l'OEA, présidé actuellement par l'ambassadeur des Etats-Unis auprès de l'Organisation, se veut une fin de non-recevoir aux conditions exigées par la Convergence pour accepter l'accord initial avec le gouvernement Lavalas. La lettre datée du 26 juillet adressée à la Convergence et signée par l'ambassadeur Roger Noriega, a été rendue publique ce mardi 30 juillet. Prenant «diplomatiquement» la tangente, Noriega indique ainsi que beaucoup de pays affirment que les demandes de la Convergence «ne concordent pas avec le mandat de l'OEA», tout en réprouvant soudainement son «manque de flexibilité», et comme un dernier clou pour fermer le cercueil, l'ambassadeur indique que l'OEA est tenue d'accompagner le gouvernement haïtien dans l'exécution des engagements pris par le président Aristide le 9 juillet dernier... Cependant si le glas a sonné pour la Convergence, le gouvernement Lavalas met pour sa part le pays totalement à genoux et sous une tutelle dont on ne connaît pas encore toutes les conséquences.
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