La mission technique de l'Organisation des Etats américains (OEA), dirigé par le canadien David
Lee et son adjoint Denett Modest, est dans le pays depuis le lundi 22 avril, un jour après le départ de la commission des
trois juristes de l'OEA qui étaient venus préparer le terrain et intimer des «consignes» au pouvoir Lavalas et à la Convergence
qu'ils ont rencontré à tour de rôle sous un le paravent de l'«enquête» autour des événements du 17 décembre 2001.
Les membres de la mission technique n'auront eu qu'à poursuivre dans le même sillon tracé par cette avant-garde.
Le mardi 23 avril Lee et Modest rencontraient le président Aristide au Palais national. Cette entrevue n'a fait
que confirmer les prétentions déjà affirmées d'une mise en tutelle du pays. «Toujours dans le cadre de la résolution
806 de l'OEA, nous avions recueilli, il y a de cela quelques temps, le conseil des juristes, et aujourd'hui, nous avons
le plaisir d'accueillir cette mission spéciale de l'OEA. Nous venons de partager et d'explorer la route à faire ensemble,
et là, nous en profitons pour vous dire merci pour ce travail que nous allons réaliser ensemble», a déclaré le président
Aristide après l'entrevue.
L'ambassadeur Lee de son côté, a fixé les préoccupations immédiates de sa mission pour préparer l'arrivée des autres membres
dont le nombre se chiffrerait à une quinzaine. «Je pense probablement déjà qu'on est une mission d'une quinzaine de
professionnels... Je suis ici pour la durée de la mission, il reste à voir la date exacte, mais l'important d'abord est
de commencer les travaux... Nous sommes en train de faire le tour des administrations avec les ministres, et aussi de rencontrer
les partis politiques, Convergence démocratique, la société civile, les autres représentants de groupes et de partis et autres...»,
a fait savoir Lee qui doit mettre sur pied son personnel dans tout le pays. La Convergence a aussitôt bondi pour offrir ses services,
comme en font foi ces propos de son porte-parole Paul Denis: «Nous apportons toute la collaboration nécessaire, l'ambassadeur
Lee nous a fait remarquer que c'est une mission de petite taille, qui dispose de moyens réduits et justement à cause de cela,
il souhaite établir un partenariat avec les divers secteurs de la société afin de permettre que le travail soit fait avec
le plus d'efficacité possible.» Il n'y a pas de sot métier, ainsi l'ex-sénateur Denis pourrait se trouver un job de porteur
de valise des membres de l'OEA pour être plus proche de ses sponsors.
Les membres de la mission technique ont jusqu'ici effectué plusieurs entrevues au cours desquelles ils ont rencontré le Premier
ministre Yvon Neptune et les membres de la Convergence. Neptune a réaffirmé à la mission «tout l'appui qui permettra à la mission,
au gouvernement, à Haïti et au peuple haïtien non seulement de sortir de l'impasse politique mais aussi de poursuivre la construction
de la démocratie en Haïti». Pour celle avec la Convergence, selon Paul Denis: «Nous avons parlé de la situation du pays,
par exemple sur le plan de la sécurité des droits de l'homme et nous avons fourni des informations sur la grave situation
des droits de l'homme dans le pays.»
Le ministre sans portefeuille Marc Bazin, chargé des Négociations, qui rencontrait la mission technique le jeudi 25 avril,
a pour sa part annoncé: «Mon agenda, c'est un agenda en trois points: d'abord la facilitation de la reprise des négociations.
Le second point, c'est d'établir les bases d'une conciliation soutenable et le troisième point, c'est d'aider à définir pour
le pays tout entier un agenda pour la paix.» Ainsi Bazin, qui fait pourtant partie du gouvernement Lavalas, est en train de
tenter de se créer son propre créneau.
L'Initiative de la société civile (ISC) de son côté, promet «une collaboration avec la mission pour son succès... L'ISC donc
s'inscrit dans les démarches de la communauté internationale à travers l'OEA à chercher et à remettre le pays sur les rails»,
a déclaré Edouard Paultre.
Tout ce monde fait donc assaut de bonnes manières pour être dans les bonnes grâces du représentant de l'OEA. D'une manière
générale la classe politique haïtienne apporte son soutien à la mission technique. Les OP Lavalas dans la région des Nippes
et dans le Sud ainsi que la Fédération nationale des maires haïtiens (FENAMH) pressent la mission technique de résoudre la
«crise» haïtienne.
Face à tous ces opportunistes qui ne font qu'ajouter aux difficultés du peuple haïtien, le leader du Parti populaire national
(PPN), Ben Dupuy, a annoncé le lundi 29 avril lors d'une conférence de presse que le PPN va s'offrir officiellement le 1e mai
comme une nouvelle alternative au peuple haïtien.