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24 au 30   Octobre  2001
Actualité politique


Négociations: toujours l'espoir d'un «accord»

Le président Jean-Bertrand Aristide a rencontré le 19 octobre au Palais national le représentant du secrétaire général de l'OEA en Haïti, Sergio Romero Cuevas, après s'être réuni la veille avec les représentants du groupe de pays dits amis d'Haïti récemment élargi à treize. Ces rencontres entrent bien entendu dans le cadre des démarches continuelles et répétées entreprises pour porter la Convergence démocratique et Fanmi Lavalas à reprendre les négociations. La plus récente ronde, tenue il y a à peine une dizaine de jours avec la participation de Luigi Einaudi, secrétaire adjoint de l'OEA, n'avait pas, comme prévu, abouti à un accord sous des prétextes bien opportuns. Entre autres, Fanmi Lavalas voulait qualifier les élections à reprendre d'élections «anticipées», et a continué à s'objecter à la reprise des élections pour les collectivités territoriales. La Convergence n'en souhaitait pas moins pour ne pas avoir à trouver un autre motif pour faire durer la partie. Pourtant Romero Cuevas a indiqué que Fanmi Lavalas/le gouvernement et la Convergence sont prêts pour relancer les pourparlers, sans toutefois avancer une date. Il a promis de rencontrer les responsables de la Convergence et de la Société civile. «Fanmi Lavalas maintient sa disposition à reprendre, à continuer avec les négociations le plus tôt que possible», a dit Cuevas reprenant sa litanie. Dominique Constant pour le bureau de presse de la Présidence et Micha Gaillard de la Convergence ont confirmé ces espoirs. «Bon, je pense qu'il y a toujours possibilité pour que cette rencontre ait lieu. Toujours est-il que Lavalas doit changer de sentiment, réfléchir pour dire ce qu'il va faire pour débloquer les choses», a dit Gaillard.

Parallèlement à ces bonnes dispositions, le représentant national de Fanmi Lavalas, Yvon Neptune, a repris ses attaques contre ses rivaux locaux et la communauté internationale: «Le laboratoire contrôle l'OEA, le laboratoire du coup d'Etat; le laboratoire a monté de toutes pièces une affaire de crise électorale du 21 mai... Le laboratoire contrôle l'OEA; le laboratoire a inventé la crise; le laboratoire a créé la Convergence et l'Initiative de la société civile, le laboratoire du coup d'Etat, le laboratoire des négociations pour continuer le coup d'Etat», a déclaré Neptune qui crie amèrement sa déception après toutes ces concessions faites pour rien du tout. Sergio Romero Cuevas n'a pas semblé faire grand cas de tels propos, sachant bien que ce n'est que le chant du cygne que lance Neptune. «Je n'ai rien à dire au sujet de la déclaration du sénateur. Si je me mets à répondre, ça va mettre à l'horreur... J'insiste, l'OEA est là pour aider à résoudre la crise politique surgie des élections du mois de mai dernier», a indiqué le diplomate mexicain pour la presse.

Au lendemain de la rencontre au Palais national entre Aristide et les «amis» étrangers d'Haïti, le nonce apostolique, Mgr Luigi Bonazzi a déclaré qu'il revenait à Fanmi Lavalas de partager le pouvoir pour mettre un terme à la crise qui selon lui a trop duré. Ces propos du doyen du corps diplomatique sont allés droit au coeur de l'Initiative de la société civile et de la Convergence démocratique, où Victor Benoît (Konakom/Convergence) avait toujours manifesté ce but. «Je pense que la déclaration du nonce est une déclaration de principe, une déclaration qui dit qu'en démocratie il doit y avoir un pouvoir et un contre-pouvoir; il y doit y avoir l'équilibre des différents pouvoirs. C'est cela la démocratie, et tout le pouvoir ne peut pas être d'un seul côté», a dit pince-sans-rire Micha Gaillard du Konakom/Convergence. Evidemment de tels propos n'ont pas plu à Fanmi Lavalas qui considère avoir déjà consenti assez de sacrifices et fait assez de concessions. «Nous autres ne pouvons deviner ce qui tourne dans les têtes des gens, ce qu'ils veulent. Par exemple, vous parlez du nonce apostolique. Il faudrait que le nonce nous dise clairement ce qu'ils pensent eux-mêmes, ce qu'ils veulent dans le cadre des concessions qui se font», a répondu le porte-parole de Fanmi Lavalas, Jonas Petit, au reporter de Radio Haïti Inter. L'ambassadeur de la République dominicaine en Haïti, Alfredo Despradel Cabral, a indiqué qu'avec la crise qui perdure de nombreux Haïtiens cherchent un refuge économique dans son pays, mais a estimé que c'est aux Haïtiens eux-mêmes de trouver une solution à leurs problèmes sans dictée étrangère.

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