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12 au 18  Septembre  2001


Les Etats-Unis en état d'alerte!

Ce mardi 11 septembre, comme on le sait, deux avions sont venu heurter de plein fouet les deux tours de 110 étages chacun du World Trade Center qui dominaient le secteur financier de Wall Street, à Manhattan.

À 8:45 a.m., un Boeing 767 de American Airlines, parti de Boston à destination de Los Angeles a percuté la première tour, à quelques étages du sommet. Des pirates de l'air s'en étaient emparé peu de temps après le décollage, avec 92 personnes à bord. Dix-huit minutes plus tard, soit à 9:03 a.m., c'est un vol de United Airlines, un avion du même type avec 65 personnes à bord, faisant normalement le même trajet que le précédent, et détourné aussi, qui fonçait au milieu de la seconde tour tandis que la fumée sortait de la première.

Le second choc, qu'on a pu voir sur les écrans de toutes les télévisions s'avérait encore plus impressionnant, et les flammes jaillissaient comme si l'avion avait transpercé l'édifice. Moins d'une heure plus tard, à 10:05 a.m., La tour Nº 2 (sud) s'écroulait comme un amas de sable, qui fait croire qu'une autre explosion aurait eu lieu à sa base. Des témoins rapportent en effet que d'autres explosions secondaires ont été entendues à l'intérieur des bâtiments à la suite de celles produites par les avions.

À 10:28, la première tour s'écroulait à son tour, répandant une immense vague de poussière qui s'engouffrait à travers les rues de Manhattan. Il n'y a pas vraiment eu de pagaille apparente sur les lieux, ou du moins n'aura-t-on rien pu discerner tant le nuage de poussière était dense, par suite de l'écrasement en bouillie jusqu'au sol de l'édifice au complet, qui doit avoir causé la mort de près de 300 pompiers et de plus d'une cinquantaine de policiers qui étaient déjà accourus sur les lieux dès la première explosion.

On estime qu'environ 50 000 personnes travaillent habituellement au World Trade, qui accueille aussi des milliers de visiteurs chaque jour. D'après les autorités, 20 000 personnes y travaillaient au moment où sont survenues les explosions, et on ne croit pas qu'il ait pu y avoir beaucoup de survivants, puisque même autour des dizaines de voitures de la police étaient recouvertes de tonnes de gravats. Et à 5:30 dans l'après-midi, la tour voisine de 47 étages du World Trade Building s'écroulait à son tour, tandis que d'autres édifices menacent d'en faire autant.

Cette journée d'épouvante pour les New-Yorkais n'était pas finie qu'on apprenait qu'à Washington, la capitale, à 9:43 a.m., un autre avion de American Airlines, un Boeing 757, assurant le trajet Washington D.C./Los Angeles, s'abattait sur une aile du Pentagone, l'édifice du Département de la Guerre, causant environ 800 morts parmi les civils et militaires qui y travaillaient.

Des informations, plus tôt dans la journée, faisaient état de huit avions détournés En fait un quatrième s'est écrasé à une centaine de kilomètres de Pittsburgh avec 45 passagers. Il s'agissait d'un appareil de United Airlines en route de Newark, New.Jersey., à destination de San Francisco, en Californie.

Entre-temps, les Etats-Unis étaient mis en état d'alerte, et pour la première fois de l'histoire, la Federal Aviation Administration (FAA) fermait l'espace aérien des Etats-Unis. Les avions déjà en route devaient atterrir dans le plus proche aéroport, parfois sous la contrainte des avions de guerre, les F-16 de l'armée de l'air. Les vols en provenance de l'étranger étaient dirigés vers le Canada, et les frontières étaient fermées tant avec ce pays qu'avec le Mexique. À New York, des milliers de personnes devaient se débrouiller de quitter Manhattan à pied souvent pour rentrer chez eux; tous les ponts et tunnels avaient été fermés à la circulation.

C'est à Sarasota, en Floride, alors qu'il se trouvait dans une classe avec un groupe de jeunes élèves, qu'on venait mettre le président George W. Bush abasourdi et incrédule au courant des événements. Il s'envolait presqu'aussitôt sur son avion présidentiel, l'Air Force 1, escorté par des avions de chasse, faisant un grand détour, atterrissant d'abord dans une base en Louisiane, puis au Nebraska pour n'arriver à Washington que dans l'après-midi. L'insistance que mettait le commentateur du réseau CBS, Dan Rather, à répéter que «le Président était en contrôle, qu'il est le commandant en chef de l'armée, que le Vice-président Dick Cheney est en charge du gouvernement à Washington», pour expliquer son absence aux yeux du public, aurait pu laisser croire que Bush avait été pris de panique, et qu'il se cachait. Mais il réapparaissait à la base militaire de Barksdale, en Louisiane, sans trop expliquer quoi que ce soit pour tout de suite entamer un discours guerrier, déclarant entre autres: «Les Etats-Unis traqueront et puniront les responsables de ces lâches actions.»

La plupart des édifices gouvernementaux étaient évacués, y compris la Maison-Blanche, les musées, etc., et des soldats postés autour. Les près de deux cents centres hospitaliers accueillaient des blessés par milliers et plus de 10 000 personnes s'activaient et s'activent encore à porter des secours, tandis que la Croix-Rouge s'occupe activement à solliciter des donneurs pour la collecte de sang.

Mais qui est responsable de toutes ces catastrophes, la plus meurtrière des attentats survenus en territoire nord-américain, ces attaques suicides contre le World Trade Center (WTC) et le Pentagone? Sans aucun indice, et dès les premiers instants des officiels de Washington et à leur suite des commentateurs des médias parlés se sont mis à pointer du doigt les «terroristes arabes»... avec menaces de représailles, comme en 1995, lors de la destruction avec des explosives au sol de l'édifice fédéral d'Oklahoma City. Comme on doit le savoir, cette attaque terroriste avait été menée par un Nord-Américain, membre de l'extrême droite, Timothy McVeigh, un ex soldat de l'armée des USA, bardé de décoration, et par son complice Terry Nicholls. Mais l'amalgame était vite fait avec un attentat précédent. On a même voulu prêter des déclarations revendiquant ces attaques du 11 septembre par l'Organisation de libération de la Palestine, qui a démenti, d'ailleurs, sans toutefois qu'on prenne la peine de rappeler ce démenti. Mais les accusations les plus persistantes concernent l'homme d'affaires saoudien exilé et militant islamique, Osama ben Laden, qui avait été aidé par la CIA pour renverser le gouvernement afghan dans les années 80, et qui s'est retourné depuis contre les Etats-Unis. Cependant les Talibans au pouvoir en Afghanistan ont rejeté ces accusations voulant que ben Laden serait à l'origine de ces attentats et leur ambassadeur au Pakistan, Mullah Abdul Salam Zaeef a déclaré ce mardi 11 septembre: «Nous voulons dire aux enfants américains que l'Afghanistan ressent vos peines et que nous espérons que les tribunaux fassent justice.»

Cependant, malgré tout, Washington aurait-il déjà frappé, car des informations de la chaîne de télévision CNN rapportaient dans la nuit de ce même 11 septembre qu'il y avait de nombreuses explosions à Kaboul, la capitale de l'Afghanistan. Washington a nié toute responsabilité pour ces attaques, disant plutôt que c'était le fait des rebelles afghans bases dans le nord de ce pays. Mais tout au cours de cette journée, les militaires et fonctionnaires des Etats-Unis n'ont pas cessé de lancer des menaces de représailles, assimilant nommément les attentats à l'attaque de Pearl Harbour par le Japon en 1941. Une analogie hors contexte et assez grossière, peu amicale envers les Japonais, aujourd'hui de grands alliés des Etats-Unis. Un spécialiste invité a par ailleurs fait remarquer qu'à force de fixer la mauvaise direction, Washington n'arrive pas à voir les vrais indices qu'il a en sa possession. Mais dans la nuit de mardi à mercredi, le président Bush reprenait de plus belle ses déclarations bellicistes, son «discours creux», comme le faisait un commentateur de la télévision suisse au sujet de son texte présenté à son retour à Washington. «Les Etats-Unis, disait-il, ne feront pas de distinction entre les terroristes qui ont commis ces actes et ceux qui les abritent», en référence apparemment l'Afghanistan, qui a donné asile à ben Laden. Et qu'adviendrait-il si par hasard il s'avérait que, comme à Oklahoma City, on découvrait que ce sont les Etats-Unis eux-mêmes qui abritent les terroristes?

Entre-temps de nombreuses marques de sympathie parvenaient à Washington pour le gouvernement et le peuple américains. De Russie, de France, d'Égypte, de Syrie, etc. Ainsi le ministre cubain des Affaires étrangères Felipe Pérez Roque offrait ses plus sincères condoléances aux victimes de ces attentats et disait que son pays a toujours pris position pour «condamner totalement et rejeter le terrorisme quelle que soit sa provenance et contre qui il était perpétré... Notre peuple a eu à souffrir durant 40 années d'actes de terrorisme, donc nous connaissons les conséquences de ce type d'action», de dire Pérez Roque.

Tout un chacun a été profondément affecté par ces événements qui ont causé la mort de milliers d'innocents et de très pénibles moments à leurs proches, mais pour sa part, au lieu d'une attitude responsable, l'administration Bush entendrait tirer plutôt parti de cette tragédie pour manipuler la population et obtenir carte blanche pour financer à loisir le complexe militaro-industriel. Déjà dans le pays, des harcèlements racistes et des agressions sont rapportés contre des citoyens d'origine arabe, sur les lieux de travail et près des mosquées. Aucune précaution n'a été prise par les responsables gouvernementaux pour prévenir ces comportements. Il en avait été de même en 1995, lors de l'attentat d' Oklahoma City qui, comme nous le rappelons plus haut, avait été commis par un extrémiste blanc. On dirait que Washington invite la population à ce genre de comportement qui, à son avis, pourrait compenser son refus de voir la vérité en face. En dépit de tout, les faucons de Washington voudraient utiliser la crise actuelle pour justifier un autre accroissement du budget du Pentagone aux dépens des besoins pressants pour des logements, l'éducation, la santé, la lutte contre le chômage... De même qu'ils sont en train, comme le prouve l'adoption récente d'une nouvelle loi, de vouloir restreindre d'expression et de justifier la répression des mouvements croissants de manifestation contre l'ordre économique néo-libéral.

Es habitants de la ville de New York et du pays en entier ne pourront cependant pas laisser l'administration Bush et le Pentagone manipuler leurs sentiments sincères de choc et de stupéfaction face aux derniers événements pour renforcer la répression. L'unique façon d'exprimer sa compassion, c'est d'offrir sa solidarité aux familles et aux amis des disparus dans ces catastrophes, de bâtir encore et encore la solidarité avec les peuples du monde entier qui luttent contre la guerre, contre la pauvreté en vue de construire une paix véritable.
 

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