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29  Août  au 4 Septembre  2001
Actualité politique


Le gouvernement réduit
à la gestion des affaires courantes?

Le gouvernement Aristide/Chérestal veut-il aborder les problèmes du pays? C'est la question qu'on est amené à se poser devant la politique d'inertie et d'insouciance appliquée par la nouvelle équipe dirigeante qui semble s'en remettre totalement à l'aide externe et aux «résultats» des négociations avant de prendre toute initiative. Dans son attentisme, le gouvernement se révèle totalement désarmé pour développer une alternative digne ce nom. Son «programme économique et social» annoncé à grands renforts de publicité bat de l'aile. A croire qu'on ne pouvait pas prévoir que de toutes façons l'impérialisme, malgré toutes les concessions et tous les reniements, allait lui tenir la dragée haute. A défaut de ressources financières pour appliquer son programme néolibéral, Lavalas verse dans la démagogie et l'organisation de petits coups psychologiques, véritable politique de l'autruche, qui ne pourront point exorciser le mal.

Entre-temps, les rencontres se multiplient au Palais national avec divers secteurs, sans qu'on sache en définitive quels en sont les objectifs. Le mercredi 24 août le président Aristide a reçu les élus et les cadres de Fanmi Lavalas autour de «l'évolution du parti sur le terrain, sa perception de la situation politique et de la situation économique», à en croire son représentant national Yvon Neptune. Serait-ce de ce tête-à-tête qu'est venu le remplacement de la plupart des délégués départementaux, dont pour certains, les cérémonies d'investiture ont été marquées par des manifestations «avec pneus enflammés, tracts, graffitis et matières fécales» jetées devant les bureaux des délégations par des contestataires au qui ne voient point ce que ces changements de personnes vont leur apporter.

Ensuite c'était au tour des boursiers haïtiens à Cuba et du nouveau conseil d'administration de la Banque centrale. On ne sait pas encore ce dont le ministre des Finances et le conseil de la BRH ont discuté avec le président de la République, au moment où justement une autre mission du FMI est arrivée en Haïti pour réévaluer la politique monétaire du pays. Une mission antérieure avait demandé au gouvernement de corriger certaines «erreurs» dans l'application du programme d'ajustement structurel. Ce qui devait passer par la diminution des dépenses publiques et l'adoption de nouvelles taxes. Cette politique impopulaire semble n'avoir pas été suivie puisque le ministre Faubert a reconnu qu'il y a eu au mois de juillet un déficit budgétaire de plus d'un milliard de gourdes. Pourtant le FMI avait avisé que sans ces mesures, aucun accord de prêt ne pouvait être négocié avec le gouvernement. Pourtant les organismes financiers ont explicitement à maintes reprises fait comprendre qu'à moins d'un accord avec l'opposition, l'aide externe resterait bloquée. On s'aperçoit bien ainsi que toutes ces négociations n'impliquaient rien d'autre que la soumission gouvernementale au néolibéralisme; un chantage auquel il s'est prêté en toute connaissance de cause dans sa rivalité avec la Convergence pour complaire aux diktats des bailleurs de fonds internationaux.

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