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22 au 28  Août  2001
Actualité politique


Désarroi à la veille de la rentrée des classes

Rien ne peut mieux illustrer le désarroi qui prévaut dans les familles que cette nouvelle veille de rentrée des classes. Dans moins de deux semaines ce sera la fin des grandes vacances scolaires et les nombreux parents, chômeurs ou travailleurs occasionnels pour la très grande majorité ne savent pas comment cette année ils vont parvenir à passer à travers cette période. Les vacances avaient constitué une période où ils pouvaient s'abstenir d'y penser, tout en escomptant en dépit de tout trouver de quoi affronter ce moment fatidique. 

La présidence et les responsables ont fort heureusement remis en vigueur les diverses mesures prises antérieurement pour cette saison. Le ministère de l'Education nationale et la présidence ont subventionné jusqu'à 55% les manuels scolaires du niveau fondamental, poursuivi les programmes de cantine scolaire, d'uniformes et de transport scolaire. La police de son côté se dit décidée à faire en sorte que les chauffeurs du transport en commun respectent les tarifs et les circuits établis conjointement par le ministère des Affaires sociales et les syndicats des chauffeurs. 

Il est évident que ce ne sont là que de très minces palliatifs, qui sont mieux que rien, mais qui ne changent point grand-chose au quotidien. Le coût de la vie continue à augmenter de manière dramatique, surtout qu'avec la forte baisse de la gourde par rapport au dollar, les prix des produits de première nécessité, pour la plupart importés, suivent une courbe ascendante. C'est le cas pour le riz et la farine comme il en est pour des articles scolaires. A part les livres du premier cycle du niveau fondamental, certains ouvrages subventionnés restent d'ailleurs introuvables sur le marché, selon plusieurs parents. De même les frais de scolarité ne cessent de grimper tant pour les écoles privées que publiques. En effet des directeurs de ces dernières institutions, en principe gratuites, font payer aux élèves des frais non prévus par les règlements du ministère de l'Éducation. Un échantillon de la liste de ces frais exigés est assez révélateur de la «débrouillardise» dont font preuve certains responsables qui réclament des frais de peinture, de réparation des bancs, d'achat de craie, etc. Encore un peu et ils demanderont à chaque élève d'apporter un tableau! Du côté des écoles congréganistes et des collèges privés, ce n'est pas mieux non plus, car les tarifs ont augmenté parfois de 150%, ajouté à cela des frais d'inscription de 500 gourdes et des frais d'entrée de 5 mille gourdes qui sont monnaie courante. 

Face à ces problèmes, de nombreux parents aux abois ne trouvent d'autre solution que d'aller faire le pied de grue aux portes des ministères des Affaires sociales, de l'Intérieur, de la Justice et de la Caisse d'assistance sociale. 

En gros, malgré les promesses et les dispositions des autorités la rentrée des classes s'avère un cauchemar cette année encore. Les mesures prises sont comme une goutte d'eau dans l'océan, des palliatifs, du rafistolage conjoncturel qui ne peuvent remplacer un véritable plan gouvernemental de réformes. 

Le gouvernement ne dit pas comment il compte, ne serait-ce qu'à long terme, remédier à cette situation qui se répète et s'aggrave continuellement, une année après l'autre. Par où commencer? Le sait-il? Surtout qu'il a les yeux uniquement tournés vers l'étranger qui lui fait miroiter la promesse d'une aide se chiffrant en millions de dollars pourvu qu'il abdique. Une aide qui ne viendra d'ailleurs jamais, d'une façon ou d'une autre, et alors même qu'il, le gouvernement, l'obtiendrait, les conditions seraient telles que la population en souffrirait davantage de cette «aide». Les initiatives pour sortir du bourbier sont de la responsabilité de tous, mais qui doit définir un plan sinon le gouvernement?

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