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1er au 7  Août  2001
Actualité politique


De nouvelles consignes pour les négociations?

Rien de nouveau ne se serait produit dans les négociations entre Fanmi Lavalas et la Convergence depuis une semaine, sinon le retour du représentant en Haïti du secrétaire général de l'OEA. Comme on peut se rappeler, le diplomate mexicain Sergio Romero Cuevas a été nommé à ce poste suite au sommet de l'OEA au Costa Rica au mois de juin et il accompagnait César Gaviria lors de la dernière visite de celui-ci en Haïti.

Notons que les concessions faites par Fanmi Lavalas n'auront jusqu'à présent point amené un geste en retour de la Convergence. Les sénateurs de Fanmi Lavalas, Yvon Neptune et Gérald Gilles avaient voulu prétendre qu'ils n'entendaient pas négocier le vote du peuple concernant les collectivités territoriales, et que leurs vis-à-vis devraient se satisfaire de ce qu'ils avaient déjà obtenu. Cela n'a eu pour effet que de déchaîner l'arrogance d'un porte-parole de la Convergence, Micha Gaillard du Conacom qui a poussé sa morgue jusqu'à vouloir paraître magnanime: «Nous ne comprenons pas que Fanmi Lavalas ne voie pas que nous autres avons fait des sacrifices. Nous avons accepté de ne pas demander la réévaluation par le CEP de l'élection présidentielle si les élections du 21 mai sont annulées.» Et dans une note de presse la Convergence a brandi à nouveau sa fameuse présidence provisoire qui «devrait réaliser des élections générales dans le pays».

Et pour cause, car l'arrivée le 28 juillet de Romero Cuevas devrait mettre encore une fois Fanmi Lavalas sur des charbons ardents. En effet le représentant de César Gaviria empruntait le ton du commandeur pour déclarer: «Ma mission c'est d'aider les Haïtiens à trouver une solution pacifique à la crise. C'est tout... Je suis le représentant spécial du secrétaire général, alors je suis là pour ça. C'est pas une question d'invitation ou pas invitation; le gouvernement d'Haïti, Fanmi Lavalas, la Convergence démocratique ont souhaité la présence de l'OEA pour les aider à trouver... C'est pour ça que je suis là. On a déjà avancé de 99%... la dernière fois un seul point qui restait sur l'agenda et je pense que ce ne sera pas difficile de... dans quelques jours...»

Autrement dit Fanmi Lavalas, le parti du président Aristide devra céder le «1%» des concessions qu'il lui resterait à faire. Et le fonctionnaire de l'OEA se montrait plus tranchant encore en écartant d'un revers de main les derniers événements, c'est-à-dire les attaques effectuées contre trois établissements de la Police nationale haïtienne, jugeant même «inappropriées» les déclarations des proches du gouvernement en ces circonstances, et disant: «Je ne crois pas qu'on puisse parler de coup d'État; ce n'est pas le moment d'agiter ce débat. Je ne crois pas que quelques délinquants puissent affecter la sécurité de l'État. Il est nécessaire de se concentrer sur la crise électorale...» Sergio Romero Cuevas paraît être au courant de bien des choses pour juger aussi légèrement ces incidents qui ont quand même causé la mort de plusieurs policiers? Pourtant le président dominicain Hipòlito Mejìa, alors que ces faits ne se produisaient point dans son pays, avait jugé bon d'écourter son séjour au Pérou pour rentrer rapidement à Santo Domingo!

Fanmi Lavalas se retrouve donc le dos au mur, en voulant négocier le vote populaire pour s'associer avec la macouto-bourgeoisie. Un partage du gâteau qu'il aurait aimé voir «équitable», mais l'appétit insatiable de la Convergence démocratique laissera une fois de plus l'assiette du peuple complètement vide.

Que des députés de la 47e législature aient demandé que tout accord conclu entre Lavalas et la Convergence soit ratifié par la Chambre des députés devrait laisser de marbre la communauté internationale, d'autant plus que les dirigeants de Fanmi Lavalas ont joué dès le début le même jeu sans se soucier de l'opinion du peuple de qui ils ont reçu leurs mandats.

Le sénateur et représentant national de Fanmi Lavalas Yvon Neptune a beau vouloir crâner pour déclarer que son parti était prêt à reprendre les négociations là où elles étaient bloquées et que les prochains pourparlers devraient tourner autour du mandat du prochain CEP, de la date des élections pour les sénateurs et les députés qui ont «accepté» une réduction de leur mandat, il est évident qu'il n'a plus voix au chapitre. En ce qui concerne la date de ces élections, Lavalas avait proposé mars 2003 et la Convergence novembre 2002. Même position du ministre de l'Information Guy Paul qui a déclaré: «Ces négociations doivent être reprises là où elles avaient été suspendues, c'est-à-dire sur le mandat du nouveau CEP, et sous les auspices des organisations régionales... Il faut en finir avec ces négociations interminables.» Point «interminables» pourtant pour les décideurs de la communauté internationale qui savourent à loisir le fait que la direction de Fanmi Lavalas ait mis de côté les idéaux du 16 décembre 1990. Sergio Romero Cuevas a toute la latitude voulue à présent pour dicter les consignes transmises à l'OEA par Washington.

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