Actualité politique
28 juillet 1915 - 28 juillet 2001
Le PPN n'oublie pasDans l'ambiance générale de reniement et de trahison des idéaux du 16 décembre 1990, on en est venu à oublier presque que le 28 juillet 2001 ramènera le 86e anniversaire de la première occupation d'Haïti par les Etats-Unis d'Amérique. Cela se comprend bien puisque le souvenir des causes et des conséquences néfastes du débarquement militaire du 28 juillet 1915 chatouille la mauvaise conscience de nos hommes politiques, du pouvoir comme de l'opposition, qui de par leur comportement favorisent la mise sous tutelle complète du pays. Devoir de mémoire oblige, le Parti populaire national (PPN) ne veut point que les masses populaires, principales si ce n'est seules victimes de ces épisodes historiques, oublient. C'est ainsi qu'en cette occasion le PPN a utilisé tous les canaux de communication pour faire passer un message qui s'adresse également aux nouveaux Conzé (traîtres à la patrie) et à la communauté internationale, notamment l'OEA qui poursuit sa mission d'agent, d'instrument de la mise à genoux de la nation haïtienne.
Après avoir rappelé la geste héroïque de 1804, le PPN a montré comment la masse des anciens esclaves qui ont proclamé l'indépendance nationale dut faire face à l'instinct de domination et d'exploitation de la nouvelle classe de nouveaux colons, et la volonté des anciennes puissances coloniales de punir la hardiesse de nos ancêtres qui osèrent se libérer de l'esclavage pour prendre leur destin en main. «Depuis lors, elles ont commencé à manigancer une série de calamités politiques qui serviront de prétexte à une intervention militaire des Etats-Unis le 28 juillet 1915», dit la note (voir page 7), à travers laquelle on constate une nette similitude avec la conjoncture politique actuelle. A partir de cette première occupation d'Haïti, «le gouvernement des Etats-Unis allait renforcer sa tendance interventionniste et expansionniste qui depuis le 19e siècle a considéré tous les pays d'Amérique latine et de la Caraïbe comme une arrière-cour». Parmi les multiples interventions des Etats-Unis depuis cette époque, le PPN a cité celles de 1812 à l'ouest du Mexique, 1817 en Floride, 1831 aux îles Malouines (Argentine) déjà occupées par l'Angleterre, 1845 au Texas qui sera enlevé au Mexique, 1848 au Mexique, 1890 en Haïti où le président Salomon a été obligé de céder le Môle St-Nicolas; 1890 à Porto-Rico, 1903 à Cuba avec le bail à ferme de Guantanamom et le tristement célèbre Amendement Platt. Pendant le 19e et le 20e siècle, des pays comme le Salvador, Panama, la Colombie, le Venezuela, Cuba, la République dominicaine, Grenade, le Nicaragua, etc. n'ont pas été épargnés par les invasions des Etats-Unis qui ont pillé leurs richesses sur fond de massacre de plusieurs milliers de personnes. «Généralement les peuples rebelles ne sont jamais restés passifs face à ces actes. Sous la direction de vaillants combattants de la liberté, ils se sont soulevés par les armes pour défendre leurs territoires et repousser les envahisseurs yankees. Hommage à Charlemagne Péralte, Benoît Batraville (Haïti), Augusto César Sandino (Nicaragua), José Martì, Fidel Castro (Cuba), Francisco Caamaño (République dominicaine), Salvador Allende (Chili), Maurice Bishop (Grenade), etc.», peut-on lire dans ce texte.
Les mêmes causes produisant les mêmes effets, les classes dominantes haïtiennes et leurs alliés des Etats-Unis ont trouvé une autre occasion pour souiller à nouveau le drapeau national. «Le projet de retour d'Aristide au pouvoir a servi de prétexte aux Américains pour établir une deuxième occupation du pays. Aujourd'hui, après 86 années d'occupation, la situation que traverse le pays montre clairement que l'Etat macouto-bourgeois a fait faillite», indique le PPN qui a énuméré les faits probants suivants:
1. La structure réactionnaire mise en place depuis 1915 est entrée en déconfiture;
2. L'éclatement de toutes les institutions étatiques;
3. La rivalité entre les deux représentants politiques des classes dominantes (Fanmi Lavalas et Convergence démocratique) pour se partager le pouvoir politique;
4. L'aggravation des conditions de vie de la population;
5. La crise générale constituée par une perte de contrôle des masses populaires par les classes dominantes;
6. La perte d'audience des secteurs politiques traditionnels auprès du peuple qui commence à voir clair;
7. La prise en charge directe d'Haïti par les Etats-Unis.Devant les comportements des nouveaux Conzé se trouvant à la tête du régime Lavalas, qui complotent avec les puissances étrangères pour enterrer la mémoire de Charlemagne Péralte, Benoît Batraville et de la résistance des paysans rebelles «Cacos», le Parti populaire national (PPN) dit: gare! et propose:
1. la construction d'un véritable mouvement populaire;
2. l'établissement de liens de solidarité avec tous les autres mouvements progressistes étrangers;
3. le renforcement de la lutte populaire en lieu et place de l'assouplissement actuel;
4. le rejet de tout projet interventionniste et du plan de la mort néolibéral;
5. la mise en place d'un pouvoir populaire. L'Etat macouto-bourgeois a fait faillite! Le pouvoir populaire est la seule solution!Pour commémorer cette date charnière de l'histoire d'Haïti, de nombreuses organisations populaires ont organisé toute une série d'activités politiques et culturelles (voir page 7) avec le ferme appui du Parti populaire national, tant à Port-au-Prince qu'en province.