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20 au 26  Juin  2001
Actualité politique


Un nouveau CEP ou retour
à de nouvelles «négociations»?

Le secrétaire général adjoint de l'OEA Luigi Einaudi est reparti d'Haïti le vendredi 15 juin 2001 sans avoir pu convaincre, si tel était son but, la Convergence démocratique du bien-fondé de la résolution de l'OEA sur Haïti lors de sa 31e Assemblée générale au Costa Rica. En acceptant les propositions du président Aristide, la résolution demande la mise sur pied avant le 25 juin d'un nouveau CEP chargé d'organiser les élections pour les sept sièges de sénateurs démissionnaires et les élections législatives anticipées de novembre 2002. Einaudi a prétendu être venu en même temps clarifier la position de l'OEA par rapport à cette résolution et du même coup explorer les possibilités d'une relance de la coopération internationale avec Haïti. Si les choses étaient aussi claires dans leur énonciation que dans la pratique, c'en serait autant à ne point plaire à la Convergence qui, sans autre appui, ne vise que sur l'isolement international du pouvoir Lavalas. Il va sans dire donc qu'au cours de la rencontre qu'ils ont eue avec Luigi Einaudi au local de l'OPL au Pont-Morin les leaders de la Convergence ont dit avoir réaffirmé leur refus d'accepter la résolution de l'OEA. La qualifiant d'accord entre Fanmi Lavalas et l'organisation hémisphérique, ils soutiennent que la résolution de la crise doit nécessairement passer par un accord politique entre les protagonistes haïtiens. Au cours de cette visite de deux jours dans le pays, Einaudi a discuté également avec l'Exécutif et l'Initiative de la société civile (ISC) de Rosny Desroches et consorts.

A en croire un des membres du bureau de presse et de communication de la Présidence, le #2 de l'OEA se serait réjoui des efforts jusqu'ici déployés par le président Aristide en vue d'honorer les engagements pris dans sa lettre à l'Assemblée générale de l'OEA. Einaudi en est venu même à envisager l'envoi d'une mission d'appui au CEP. «J'étais déjà en discussions avec pas seulement l'OEA, la Caricom et aussi avec les Nations unies... de la possibilité d'une mission technique pour aider le CEP... pour lui apporter de l'expérience des autres. Par exemple... l'Institut fédéral des élections a fait un travail exemplaire pendant ces dernières années, le tribunal électoral de l'Uruguay. J'étais en contact avec ces deux-là, mais je sais qu'on a de l'intérêt... On va envoyer des techniciens pour commencer avec ça. Je pars... encouragé», a déclaré Einaudi à son départ d'Haïti le 15 juin. Évidemment l'envoi de ses propres techniciens pourrait à toutes fins utiles lui permettre de récidiver la tentative de coup d'État électoral tenté précédemment par l'IRI et qui avait été mis en échec par le peuple haïtien. Einaudi a donc plusieurs fers au feu et il a sans aucun doute conseillé à ses gens de la Convergence de se montrer patients et que le temps travaillait pour «eux».

Le secrétaire général de l'ONU Kofi Annan a dit appuyer les efforts effectués par l'OEA et la Caricom en vue de consolider la démocratie et renforcer les droits humains en Haïti. Il a salué les démarches de leur récente mission conjointe dans le pays et l'appel lancé par l'OEA aux Haïtiens qui devraient chercher à résoudre pacifiquement la crise.

De son côté, le président Aristide s'applique à former le CEP avant la date fixée du 25 juin. Des lettres ont été adressées aux partis politiques du pays les invitant à participer à la formation du nouveau CEP. «Dans une rencontre avec les partis politiques de l'opposition qui s'étaient fait représenter, un groupe d'à peu près 20 personnalités a participé à la rencontre, et il y avait le parti Alternative pour le changement de Gérard Blot, le UKN qui était représenté par le docteur Volvick Rémy Joseph (vice-président du CEP sortant), il y avait l'Union du centre démocratique de Patrick Brutus et de Max Adam, il y avait le PLB représenté par Karol Joseph et Robespierre et d'autres groupes...», a déclaré le chef du cabinet particulier du président Aristide, Jean-Claude Desgranges. Tous étaient là, sauf la Convergence dont un des porte-parole, Micha Gaillard, a indiqué que son regroupement n'enverra pas de représentant au sein du CEP en raison de l'absence d'un accord politique préalable entre les protagonistes. Une réponse en ce sens devrait être envoyée à la Présidence. Mais de quelle sorte d'accord politique veut la Convergence qui ne revendique rien d'autre que l'option zéro?

Une rencontre à huis clos a cependant eu lieu le 18 juin entre Fanmi Lavalas et la Convergence. On ne sait pas encore ce qui en est sorti à 6 jours du 25 juin. La Convergence aurait assoupli ses exigences? C'est ce que pourrait laisser croire l'attitude prise par un de ses alliés, le dirigeant de l'Initiative de la société civile Rosny Desroches qui disait avoir appris de source officieuse que la Convergence pourrait accepter de faire partie du CEP moyennant certaines conditions. Lesquelles? C'est là la question. Entre-temps pourtant, les dirigeants de cette alliance de l'opposition continuaient à clamer sur les ondes leur refus catégorique. Et en dépit de ce refus, Chavannes Jean-Baptiste prêtait déjà des intentions à Fanmi Lavalas de vouloir obtenir par la procédure proposée sept des neuf membres du Conseil électoral.

Pour sa part la Conférence épiscopale d'Haïti a indiqué qu'elle était disposée à mandater son représentant au CEP. Même si son président Mgr Hubert Constant tenait à «préciser»: «Ce sont des éléments sur la route d'une solution, et nous avons toujours dit qu'il fallait un accord politique.» Il n'a fait que répéter ce que dit à satiété le consortium international, ainsi que ses valets locaux comme l'Initiative de la société civile. La Convergence pourrait bien vouloir s'avancer à son tour, quitte à brouiller les cartes au moment choisi.

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