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LA COMPÉTITION A ASSEZ DURÉLes provocations de la Convergence démocratique et de ses alliés des secteurs bourgeois et putschistes accompagnées des pressions et du chantage de la communauté internationale, la pusillanimité montrée en l'occurrence par le gouvernement constitutionnel conduisent le pays sur la voie d'un marasme total. Comme on le voit depuis la fin de la semaine dernière, le peuple haïtien ne veut plus accepter cette situation qui rend sa vie encore plus difficile et entrave la lutte qu'il mène pour sa dignité et la justice. Il ne peut plus non plus accepter que son choix démocratique au cours des élections soit marchandé constamment sans son adhésion sous prétexte de résoudre une crise électorale artificielle. Les protestations, qui se poursuivent, indiquent son ras-le-bol. Déjà il y a quelques mois, l'ex-président René Préval ne disait-il pas que ce que l'on se complait à appeler crise électorale est un faux problème. En effet le peuple a fait son choix en bien ou en mal, mais il l'a fait dans l'espoir que cela doit constituer un grand pas dans la voie vers l'accomplissement des idéaux de décembre 1990, lorsqu'il portait massivement Jean-Bertrand Aristide pour la première fois au pouvoir. Significativement la décantation s'est poursuivie et le peuple a démasqué d'autres ennemis, qui avaient réussi à se dissimuler et qui se retrouvent regroupés aujourd'hui au sein de la Convergence qu'il a définitivement rejetés.
Avec ces nouvelles manifestations réclamant l'arrestation de meneurs de la Convergence pour leurs actions illégales, le peuple haïtien vient rappeler aussi au gouvernement Lavalas que c'est de lui qu'il tient sa légitimité, que cette compétition avec la Convergence pour s'attirer la faveur de la communauté internationale n'est point de mise. Les événements l'ont prouvé, les concessions et les ouvertures contre-nature de Fanmi Lavalas ne mènent nulle part, sauf à une surenchère qui ne servira qu'à lui faire renoncer davantage à porter les revendications populaires.
La liste des concessions est déjà longue. D'abord la lettre du président Aristide à l'ex-président Clinton où il s'est engagé à respecter les dix huit points pour «débloquer la crise». Ensuite arrive Bush, le successeur de Clinton, qui ne manque pas par l'intermédiaire de son secrétaire d'État Colin Powell de dire, tout en acceptant les huit point pour le moment, qu'il pourrait en demander davantage. Et maintenant voilà l'OEA (le ministère des colonies des Etats-Unis, comme le disait le Président Fidel Castro) qui prétend faire l'arbitre. Autre concession majeure, le régime Lavalas en deux temps trois mouvements révoque littéralement le CEP existant, qui a mené à terme les élections, toujours dans le cadre des ouvertures qu'il agrandit de plus en plus tout en fermant objectivement la porte tout autant au secteur populaire qui est son seul et véritable soutien.
La Convergence ne pouvait en attendre plus et ne bouge pas d'un pouce puisqu'en même temps ses alliés de la communauté internationale renforcent paradoxalement leurs pressions sur le pouvoir constitutionnel qui continue à descendre une pente dangereuse au lieu de la gravir. Si au moins les dirigeants savaient ce qui les attend au fond.