Haïti Progrès
28 Février au 6 Mars 2001
La ratification du Premier ministre
relancera-t-elle le dialogue?La 47e législature a ratifié le choix de Jean-Marie Chérestal comme Premier ministre tard dans la nuit du 23 février 2001, au terme d'une séance marathon. En fait il ne s'agissait pratiquement que d'une formalité légale, on s'attendait à sa ratification puisque et le chef de gouvernement et les parlementaires sont issus de la même famille politique, Fanmi Lavalas. Le président Aristide avait d'ailleurs informé les parlementaires de son choix depuis le 9 février. Le seul problème, si on peut l'appeler ainsi, a été une question du nom complet du nouveau Premier ministre. Le président de la commission bicamérale du Parlement et la Cour des comptes ont eu à statuer respectivement sur «Jean-Marie Chérestal» et «Jean Marie Antoine Pompilus Chérestal». «Il m'a été tout simplement demandé de venir apporter des éclaircissements sur des éléments de mon dossier... cette affaire d'orthographe. Tout est réglé», a dit l'intéressé, qui n'avait auparavant montré aucune inquiétude à ce sujet et déclarait: «Je suis haïtien, mon père et ma mère sont haïtiens. Mon casier judiciaire est vierge. J'ai cinq ans minimum de résidence dans le pays, j'ai mon certificat de bonne vie et moeurs.»
Néanmoins la séance de ratification du 23 n'était prévue que pour le 28 février, soit immédiatement après les festivités carnavalesques et le changement de date est survenu après une réunion entre les parlementaires Lavalas tenue à la Fondation Aristide pour la démocratie à Tabarre. Le sénateur du Sud Yvon Feuillé en a donné la raison: donner au Premier ministre désigné dans la situation actuelle toute la latitude nécessaire: «Puisqu'il est désormais Premier ministre ratifié, donc dans le cadre du dialogue en cours maintenant il est en mesure de faire des pas concrets. Dans le cadre du gouvernement d'ouverture où on a invité et l'opposition et les différents secteurs à participer, de façon à ce que tous ils puissent apporter leur contribution à la construction du pays», a-t-il indiqué. L'offre de dialogue à l'adresse de la Convergence démocratique est donc toujours à l'ordre du jour et il ne tiendrait qu'aux membres de cette coalition aux multiples porte-parole à se décider à faire un pas en ce sens.