Haïti Progrès
6 au 12 Décembre 2000
La transition en marcheLe Conseil électoral provisoire (CEP) aura poursuivi sa tâche jusqu'au bout. Sans perdre de temps et sans céder aux menaces de l'opposition, il a publié le mercredi 29 novembre, trois jours après le scrutin, les résultats définitifs de l'élection présidentielle. Selon le décompte final, Jean-Bertrand Aristide le candidat de Fanmi Lavalas a été élu dès le premier tour avec 2 632 514 voix sur 2 873 502, soit 91,61 % des votes exprimés. Il est suivi de Jean Arnold Dumas (PNDT) qui obtient 56 678 voix; Evans Nicolas (URN), 45 441 voix; Serge Sylvain (indépendant), 37 371 voix; Calixte Dorisca, 36 233 voix; Jacques-Philippe Dorcé, 32 245 voix et Paul-Arthur Fleurival, 31 100 voix. La participation de l'électorat a été de 60,5 % pour l'ensemble du pays.
Pour les sénatoriales partielles, les neuf candidats de Fanmi Lavalas ont été élus avec un fort pourcentage d'environ 90%. Il s'agit de Myrlande Libérus-Pavert (Ouest), Norma Forté Jean-Claude (Sud), Beauplan Evalière (Nord-Ouest), Immacula Bazile (Sud-Est), Madame Joseph Lamothe (Nord-Est), Harry Désir (Nord), Pierre Michel Renard (Centre), Jean-Claude Délisse (Artibonite), Fabienne Jean-Pierre (Grand'Anse). Ces résultats devront être publiés sous peu au journal officiel Le Moniteur, bouclant ainsi un processus électoral des plus tumultueux entamé peu après les accords du 6 mars 1999 conclus entre l'opposition réunie alors au sein de l'Espace de concertation et l'Exécutif représenté par l'ancien secrétaire d'Etat à la Sécurité publique Robert Manuel.
La victoire de Fanmi Lavalas est écrasante et constitue un véritable test de sa forte popularité dans la population. On comprend dès lors que, pour éviter une autre humiliante défaite suivant celle déjà subie aux élections du 21 mai dernier, l'opposition a choisi de maquiller une déroute appréhendée par un prétendu boycott du scrutin.
Évidemment, cette opposition formée de beaucoup plus de chefs de partis que de membres va continuer à vociférer et à alerter ses tuteurs étrangers dans une énième tentative pour semer le chaos. Incidemment, on peut remarquer que même en se regroupant sous la forme d'Espace de concertation, puis de Convergence démocratique, ses chefs ne sont jamais parvenus à se choisir ou à élire entre eux un porte-parole ou un candidat unique!
Mais le temps presse, car le 7 février prochain, conformément à la Constitution, le président élu devra être en mesure d'assumer ses fonctions. Le président René Préval prépare donc d'ores et déjà la transition démocratique du 7 février 2001. Alors qu'il prenait le 29 novembre l'avion pour le Mexique où il devait assister à l'investiture du président mexicain Vicente Fox, Préval a indiqué qu'une équipe conjointe de transition se penche sur les différents dossiers de l'Etat en vue de l'entrée en fonction du président élu Jean-Bertrand Aristide. Il en a profité pour souligner les difficultés de son mandat, marqué par des crises de toutes sortes. «J'ai passé cinq ans extrêmement difficiles. Cependant je crois que toutes ces crises, nous les avons traversées dans un climat où nous avons essayé de maintenir le respect de la Constitution et de la loi, et essayé également de maintenir un climat de dialogue qui n'a débouché sur aucun affrontement physique.» Il lui faudra encore faire preuve de beaucoup de vigilance, car ceux qui ont semé la terreur avant les élections n'ont pas encore désarmé et feront encore tout pour empêcher le peuple d'aspirer à un avenir meilleur fait de dignité, de justice et de souveraineté.