Actualité politiqueHaïti Progrès
29 Novembre - 5 Décembre 2000
Un nouveau départ vers
l'idéal du 16 décembre!Le leader de Fanmi Lavalas, Jean-Bertrand Aristide, a rencontré la presse à Tabarre le 27 novembre, soit au lendemain des élections qui doivent marquer son retour au pouvoir le 7 février 2001 pour un mandat de cinq ans (2001-2006). L'objectif de la conférence de presse était d'expliquer aux journalistes comment il compte parvenir à «cette paix pour tous les Haïtiens sans distinction» qu'il n'a jamais cessé de proclamer. Son slogan «lapè nan tèt, lapè nan vant» (paix des coeurs, paix des entrailles) est assez connu, et le terme paix s'est avéré, selon lui, un des mots-clé du programme économique de Fanmi Lavalas publié dans la presse ces derniers jours.
«Pour parvenir à la paix, la paix véritable, il est clair qu'il nous faut un programme qui puisse nous emmener sur cette route de la paix. Sur la table, nous avons quelques exemplaires de notre programme et sur la table nous avons également «Investir dans l'humain» (le Livre blanc de Fanmi Lavalas publié précédemment). Pour arriver à cette paix véritable, il faut que dans votre programme les dossiers économique, politique, social, écologique montrent où vous en êtes, où vous allez, quels sont vos moyens», a expliqué M. Aristide. Pour lui le dossier le plus important du programme, au sujet duquel il voulait se borner à parler ce jour-là, c'est «le dossier humain». Il estime qu'Haïti dispose d'un grand capital humain qui, s'il est bien géré, peut nous amener à une Haïti de paix.
Préférant parler de verre à demi-plein qu'à demi-vide, Aristide a voulu montrer qu'il ne veut s'attarder que sur les valeurs positives de chaque Haïtien sans exclusive. «Chaque Haïtien a pour moi des valeurs positives, chaque Haïtien sans distinction a des dons, des talents, chaque Haïtien a sa propre expérience positive. Voilà pourquoi quand je suis allé voter hier, j'ai dit que j'ai voté pour la paix, la paix pour tous les Haïtiens sans distinction. Si j'écrivais je soulignerais "sans distinction" de deux, trois barres pour montrer clairement comment nous sommes disposés à aller chercher ce qui est positif chez l'Haïtien et avec l'Haïtien dans le dialogue, dans la réflexion afin de voir ce qui est positif dans le pays. Notre pays renferme beaucoup de richesses, il a beaucoup de valeurs, beaucoup de choses positives et c'est quand vous et moi nous aurons reconnu ce qui est positif en nous et qu'ensemble nous aurons identifié ce qui est positif dans notre culture, notre pays alors il nous sera plus facile de construire ensemble au fur et à mesure dans notre pays cette paix dont nous parlons.» Plus loin, il a poursuivi en ces termes: «Nous allons travailler avec tout le monde, tous les secteurs, tous les Haïtiens qui veulent collaborer pour qu'il y ait dans le pays, peu importe leurs moyens économiques, leur couche sociale, leur secteur social... Pour autant que ce soient des Haïtiens, moi je ferai tout mon possible pour voir ce qu'il peut apporter de positif au pays et j'avancerai avec lui.»
Mais aussitôt la clique des boycotteurs frustrés repoussait cette main tendue, comme elle avait fait avorter toute négociation. Cette opposition n'a d'ailleurs jamais présenté un programme quelconque, si ce n'est, comme l'exprimait un de ses porte-parole, Evans Paul, à la presse lors de son récent voyage en République dominicaine, de «combattre Aristide». Il est évident que les intérêts des composantes de cette opposition sont antagonistes à ceux du peuple haïtien, et c'est encore un effort plus que louable de la part d'Aristide de les inviter une fois de plus à mettre littéralement bas les armes pour laisser une chance au pays. Il est vrai que cette opposition trouve un encouragement à ses intrigues du côté de la communauté internationale. Comme de fait, n'ayant pourtant point envoyé d'observateurs électoraux, le Département d'Etat par l'organe de son porte-parole adjoint Philippe Ricker a cru pouvoir parler de faible participation électorale et a invité les Haïtiens «au dialogue, à la réconciliation, à travailler ensemble pour renforcer la démocratie et améliorer les conditions d'existence du peuple». On ne pouvait s'attendre à rien d'autre de la part de ceux qui avaient tramé toute une stratégie pour réussir un coup d'État électoral en faveur de leurs protégés. A croire qu'ils n'en ont pas encore assez du scandale électoral qui continue à sévir chez eux en Floride!