Haïti Progrès
Novembre  1 - 7   2000


Cap sur le 26 novembre

A moins d'un mois de la date de l'élection présidentielle et des sénatoriales partielles, le CEP a enfin véritablement enclenché le processus électoral. Malgré les déclarations de ses porte-parole, le CEP avait en fait gardé une certaine retenue au cours de la période des négociations, dans l'espoir qu'un compromis allait être trouvé. Maintenant que l'opposition a tout fait échouer, les autorités électorales doivent entreprendre une véritable course contre la montre pour respecter les échéances constitutionnelles du 26 novembre 2000 et du 7 février 2001. Une rencontre a eu lieu le 27 octobre au siège du CEP à Delmas entre la trésorière Micheline Figaro et les secrétaires-trésoriers des 11 départements électoraux du pays. La liste des BI (bureaux d'inscription) et leur emplacement ont été au centre des discussions. Mais le plus important a été la publication par le CEP de la liste des candidats agréés le mardi 31 octobre.

En tout, il y a sept candidats à la présidence, dont Jean-Bertrand Aristide, le pasteur Jean Arnold Dumas et Evans Nicolas (URN) sont les plus connus. En définitive, malgré les menaces, aucun candidat ne s'est retiré de la course électorale, malgré les avertissements de deux d'entre eux qui voulaient surtout voir la campagne électorale proprement dite démarrer. Avec ou sans la Convergence, il est évident qu'Aristide est le seul candidat qui compte, qui bénéficie de l'appui populaire.

Cela n'a pas empêché l'opposition de faire une fausse cause d'illégitimité avec leur boycott bien calculé, où elle n'a d'ailleurs rien à perdre, étant dépourvue d'appui significatif au sein de la population. Elle a donc continué à réitérer les conditions qui ont fait échouer les pourparlers tenus sous l'égide de l'OEA: renvoi du CEP, annulation des élections du 21 mai, renvoi du Parlement et nomination des collectivités territoriales pour liquider les affaires courantes. «Peuple haïtien, partisans, sympathisants et amis du Mochrenah, la lutte sera longue mais la victoire n'attendra pas longtemps encore. Gardez votre calme et ayez toujours la même confiance que vous aviez dans le Mochrenah. Le Mochrenah est une force et c'est la moralité, et puis la Convergence est un bloc solide, l'opposition n'est pas en décomposition, elle est une force incontournable. Sans nous, il ne peut y avoir d'élections», a déclamé solennellement Ernst Colon comme «le tigre qui proclame sa tigritude»! À défaut d'électeurs, les dirigeants de ladite opposition font assaut de «bons mots». Et Chavannes Jean-Baptiste n'est pas en reste, qui a promis le 20 octobre de reprendre sa «mobilisation anti-Lavalas» entamée à Hinche en septembre dernier.

Ici et là en province, notamment à Petit-Goâve, des agents de l'opposition tentent de semer le doute dans l'esprit de la population sur la sincérité et la justesse des élections du 26 novembre. D'autant qu'ils se sentent soutenus par la communauté internationale qui, comme l'opposition, redoute cette forte présence des masses populaires sur la scène politique. Comme l'a rappelé encore une fois le sénateur Joseph Médard, «les élections sont une affaire haïtienne», et les organisations de base continuent de se mobiliser sur le terrain pour faire du 26 novembre une réalité.

www.haitiprogres.com **   1 Novembre 2000  **http://www.haitiprogres.com/Archiv.htm