Haïti Progrès
11 au 17 Octobre 2000
Inscription d'Aristide:
«Un pas historique...»Les élections du 26 novembre 2000 se seraient engagées sur la voie du non-retour avec l'inscription du candidat à la présidence de Fanmi Lavalas Jean-Bertrand Aristide. Accompagné de son épouse Mildred Aristide Trouillot, des parlementaires, maires et Casec élus sous la bannière de son Parti aux élections de mai et juin derniers, Aristide a fait le dépôt officiel de ses pièces au siège du Conseil électoral provisoire (CEP) à Delmas le lundi 9 octobre. La longue avenue de Delmas était complètement bloquée par plus de 20 000 partisans et sympathisants venus de toutes parts acclamer le leader historique du mouvement Lavalas (Radio Vision 2000 a quand même trouvé le moyen de prétendre qu'il n'y avait que 3000 personnes dans cette foule immense qui s'étendait à l'horizon).
Une grande allégresse semblait régner en ce jour avec la participation de groupes de musique populaire, rara et autres, et des animateurs pour assurer une certaine coordination et un certain ordre. «Ce qui m'a motivé, c'est le président Aristide qui m'a fait venir ici aujourd'hui. Je devrais me rendre à mon travail, je suis obligé de tout abandonner, car la seule condition pour nous de gagner, de sauver la démocratie c'est de voter Aristide le 26 novembre», disait un participant.
L'atmosphère restait calme au milieu de cette liesse populaire, et les provocateurs s'étaient pour une fois abstenus. Le maire de Delmas, Maxon Guerrier, avait voulu ne pas démériter de ses administrés qu'il avait conviés de même que les employés à nettoyer la route de Delmas dans une action symbolique de «tèt ansanm» qui ramenait d'une certaine façon cet esprit d'ensemble qui existait en février 1991. Les environs du local du CEP avaient été nettoyés et décorés depuis la veille aux couleurs nationales et de posters électoraux à l'effigie de Jean-Bertrand Aristide et du candidat au Sénat du Parti pour le département de l'Ouest, Myrlande Libérus Pavert.
Un arc de triomphe avait même été érigé en la circonstance. Un autre manifestant déclarait: «Nous espérons que la vie chère baissera, que l'insécurité disparaîtra, pour que ces messieurs qui parlent puissent voir que nous avons vraiment raison en acclamant Jean-Bertrand Aristide.» Une pareille mobilisation avait eu lieu le 2 octobre, mais avec le prolongement du délai pour les dépôts de candidature jusqu'au 9 octobre par le CEP, Aristide, avait attendu comme prévu la dernière journée.
Comme pour répondre à ses sympathisants, l'ex-président Aristide a demandé au peuple haïtien de compter sur lui: «Bras dessus bras dessous avec le peuple haïtien, aujourd'hui nous faisons un pas historique sur la route de la paix. Aujourd'hui c'est le 9, en travaillant pour la paix nous parviendrons à faire du pays un pays tout neuf... Nous disons au peuple haïtien qu'il peut compter sur nous de même que nous comptons sur lui», a dit Aristide dans une brève allocution pour la presse. En effet, c'est l'amorce d'un nouveau départ pour sortir de cette instabilité dans laquelle, depuis le mois de juin 1997, le ramassis d'affairistes de l'opposition et leurs tuteurs ont plongé le pays. Avec la grave situation socio-économique qu'affronte le pays, le plus vite ces élections seront réalisées, mieux ce sera pour la stabilité générale du pays qui pourra mieux affronter les défis que doit relever le peuple haïtien. Ainsi que le disait un des animateurs lors de cette mémorable journée: «Il faut qu'Aristide arrive au pouvoir», ce à quoi la foule répondait: «pour que la vie chère diminue»
Beaucoup d'espoir donc anime toujours le peuple haïtien avec la nouvelle candidature de Jean-Bertrand Aristide à la Présidence, mais beaucoup d'embûches se dressent encore, car le «laboratoire» et ses complices sont toujours aux aguets. C'est certainement un pas en avant vers la réalisation de ces élections, un pas de plus aussi vers un mieux-être de la population si la volonté de répondre aux attentes du peuple haïtien se manifeste de façon concrète parmi ses élus dans les jours qui viennent et particulièrement au lendemain de ces élections.