Haïti Progrès
6 au 12   Septembre   2000


L'OEA maintient le «dialogue»

A en croire différents médias de la capitale haïtienne, telle Radio Métropole, la décision aurait été prise d'avance par Washington d'imposer des sanctions au gouvernement haïtien à la suite de l'entrée en fonction de la 47e législature issue des élections du 21 mai dernier, particulièrement les sénatoriales. Encore aujourd'hui, alors que se déroulait la séance spéciale de l'OEA sur Haïti, cette station de radio affirmait: «... Aujourd'hui à Washington, l'attitude du régime Lavalas sur les dossiers des élections a été condamnée notamment par les Etats-Unis et le Canada. Le gouvernement Clinton pour sa part a confirmé officiellement ces menaces de sanctions contre le gouvernement haïtien s'il ne revenait pas sur les résultats du scrutin.» C'est aller vite en besogne que de prétendre une chose pareille.

D'une part, l'OEA, qui fait habituellement fonction de transmettre la volonté de Washington n'a point affiché une telle intransigeance. Son secrétaire général César Gaviria n'est pas allé plus loin que lors de sa mission de bons offices concernant des sanctions contre Haïti où il avait prôné le dialogue. «Nous n'avions pas une proposition pour cela, nous sommes très concerné, parce que ...»

De leur côté non plus, les Etats-Unis ont eu plutôt une position pour le moins mitigée, mais non point catégorique. Leur représentant Luis Laruedo a eu ces mots: «S'il n'y a pas de pas concrets pour dissiper l'impasse, les Etats-Unis ne pourront pas continuer à coopérer avec Haïti comme d'habitude. Nous suivrons une attitude qui mènerait à aider le peuple haïtien tout en n'aidant pas les dirigeants... Nous allons examiner plus sérieusement les prêts accordés à Haïti...»

Le Canada ne s'est pas montré bien sûr plus ferme que Washington, son représentant disait simplement que «...dans les conditions actuelles le Canada aura de la difficulté à appuyer une nouvelle mission d'observation pour les élections présidentielles de novembre». Ensuite le Caricom s'est proposé comme «médiateur»... Le représentant d'Haïti, Jean-Ricot Dorméus, s'est contenté d'une déclaration écrite, et dans ses explications à la Voix de l'Amérique il a dit: «J'ai reçu des renseignements clairs provenant de Port-au-Prince que le président de la République fait du dialogue le point central de sa gestion politique dans les jours à venir.»

L'opposition n'a point crié triomphe en cette occasion, et l'attitude dépitée du porte-parole du secteur néo-duvaliériste, le MPSN, une composante du Groupe de convergence, Hubert De Ronceray traduit son état d'âme à l'issue de cette séance de l'OEA à Washington: «...Le rapport du secrétaire général M. César Gaviria n'a pas annoncé beaucoup de nouveautés. En d'autres termes il a repris ce qu'il nous avait déjà dit ici à Port-au-Prince...»

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